24 juin 2009
L'eau du robinet n'est pas toujours inoffensive (mais les eaux en bouteille non plus !)
L'eau du robinet déconseillée aux victimes du cancer
Un article d'Univers-Nature, revue en ligne, du 23-06-2009.
Au regard des normes, globalement le niveau de qualité de l'eau du
robinet en France est satisfaisant. Néanmoins, du fait de l'activité
agricole, selon les régions et les périodes de l'année, le niveau de
contaminants (nitrates et pesticides pour l'essentiel) peut se trouver
ponctuellement très au-dessus des seuils réglementaires et induire le
consommateur en erreur quant à l'eau qu'il boit. Si pour la majorité
des personnes, ce constat est anodin d'un point de vue sanitaire, pour
celles atteintes par un cancer, ou qui l'ont été, la qualité de l'eau
se doit d'être irréprochable au nom du principe de précaution, de
nombreuses études attestant des liens entre cancer et polluants de
l'eau.
Aujourd'hui, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère
que les apports en pesticides liés à la consommation d'eau représentent
10 % de la quantité totale ingérée. En conséquence, il paraît logique
d'inviter les personnes sensibles à faire attention à la contamination
de l'eau qu'elles consomment. C'est ainsi qu'en cas de doute, le WWF et
19 personnalités scientifiques, dont les Pr David Servan-Schreiber et
Luc Montagnier, lancent aujourd'hui un appel pour recommander aux
individus précités de s'équiper d'un filtre de qualité ou de boire de
l'eau en bouteille (malgré son lourd impact environnemental, N.D.L.R.).
Un conseil qui semble d'autant plus pertinent que la présence de
plusieurs pesticides et résidus de médicaments n'est pas
systématiquement évaluée dans l'eau distribuée au robinet. Or, la
concentration en substances médicamenteuses dans les eaux des rivières
et les nappes phréatiques ne cessent d'augmenter ; les stations
d'épuration étant impuissantes à les éliminer toutes, à l'instar des
traitements de potabilisation de l'eau...
Face à ce constat, un petit point sur les eaux embouteillées et les filtres à eau n'est pas forcément inutile.
Les eaux minérales et de source ne sont pas systématiquement
exemptes de nitrates et de pesticides. Si la teneur de ces derniers est
très faible en comparaison des niveaux qui peuvent être atteints dans
l'eau du robinet, pour les nitrates la situation est nettement moins
bonne. L'idéal, pour les personnes qui se doivent de prendre des
précautions, est de ne pas dépasser les 10 mg/litre recommandé pour les
nourrissons. D'autre part, la forte teneur en minéraux de certaines
eaux minérales les rend impropres à une consommation régulière, à
l'inverse des eaux de sources.
Concernant les filtres à eaux, ceux-ci ont fait une percée
significative et méritée dans les foyers. Au-delà d'une neutralisation
du goût de l'eau du robinet qu'ils sont amenés à traiter, ces systèmes
agissent sur différents contaminants. Les plus simples, les carafes,
grâce à leur filtre à charbon actif en poudre, éliminent le chlore, les
dérivés chlorés et certains pesticides non solubles dans l'eau comme le
lindane et l'atrazine, sans oublier certains résidus médicamenteux.
D'autres carafes éliminent également les nitrates si elles possèdent
une résine échangeuse d'ions. Quant aux filtres avec un mécanisme
d'osmose inverse, qui s'installent sous l'évier ou sur le plan de
travail, ils filtrent en moyenne 97 % des nitrates, 98 % des
pesticides, 99 % du plomb ainsi que, pour les modèles les plus
performants, la plupart des résidus de médicaments. Néanmoins, si les
filtres s'avèrent être les plus performants, il est impératif de
respecter les périodes de remplacement des cartouches filtrantes, pour
éviter tout risque de relargage des contaminants contenus dans la
cartouche.
Pascal Farcy
Conclusion : en l'état actuel des choses, il vaut mieux installer un filtre à osmose inverse sous son évier, ou utiliser une carafe à cartouche, comme moi ! Etant entendu que la priorité doit être donnée à la diminution des pollutions à la source, en particulier par l'utilisation généralisée (pour quand ?) des Toilettes Sèches et par la limitation des pesticides et des engrais dans les sols, au moins aux alentours des captages !!
04 janvier 2009
Lettre d'information du MDRGF
Lettre d'information du MDRGF
Une nouvelle étude sur la toxicité des Roundup® montre le role clé des adjuvants qui renforcent la toxicité de la
matière active glyphosate sur des cellules humaines.
nouvelle étude sur les effets du Round Up ®
Pour
la première fois, les mécanismes de la toxicité de quatre différentes
formulations de Roundup® ont été mis en évidence (1) sur des cellules
humaines dans une nouvelle étude ( de l'équipe du Professeur Gilles
Eric Seralini publiée dans la revue scientifique américaine de renom «
Chemical Research in Toxicology ». L'étude montre que ces formulations
(2) de Round Up® agissent à des doses infinitésimales (dilués jusqu'à
100.000 fois ou plus) et elles programment la mort cellulaires en
quelques heures, ainsi que des dommages des membranes et de l'ADN, et
empêchent la respiration cellulaire. Différents types de cellules
humaines ont été étudiées : des cellules de nouveau-né fraîchement
issues de cordon ombilical, ou de lignées moins sensibles spécialement
utilisées pour mesurer la toxicité des polluants. L'étude montre
également que
le mélange de différents constituants adjuvants (3) des Roundup®
amplifie l'action du principe actif de l'herbicide, le glyphosate; et
qu'un de ses produits de transformation (l'AMPA) peut être encore plus
toxique. Cela est grandement sous-estimé par la réglementation actuelle
qui ne tient pas compte de ces phénomènes et fixe par exemple des
Limites Maximales en résidus pour le glyphosate, quelle que soit sa
formulation de vente.
Le MDRGF salue cette nouvelle étude. L'association demande aux
autorités en charge de l'évaluation des pesticides de réévaluer les
diverses formulations de Round Up® en prenant en compte ces effets
multiplicatifs de la toxicité du glyphosate par ses adjuvants. De plus
« le MDRGF s'associe au CRIIGEN (4)pour demander que les analyses de
sang détaillées de chaque mammifère ayant reçu de l'herbicide lors des
tests réglementaires avant autorisation commerciale soient
immédiatement rendues publiques, car elles pourraient masquer des
effets indésirables. » déclare François VEILLERETTE, Président du MDRGF
qui s'inquiète également de la présence de ces résidus de glyphosate et
de ses adjuvants dans les sojas OGM importés en Europe servant à
l'alimentation animale.
notes :
1 : "Glyphosate Formulations Induce Apoptosis and Necrosis in
Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells." Nora Benachour and
Gilles-Eric Seralini . Chem. Res. Toxicol. 2008
En ligne le 23/12/2008 sur : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/tx800218n
2 : Les formulations de Round Up® sont des herbicides répandus sur la
majorité des OGM cultivés qui en contiennent des résidus, comme le soja
au Roundup, le principal OGM importé en Europe.
3 : Un des principaux adjuvants est le polyethoxylated tallowamine ou POEA . Ces adjuvants sont considérés comme inertes.
4 : http://www.criigen.org/
Lisez l'article du Parisien de ce 26 12 08 sur le même sujet ci-dessous :
Environnement
Nouvelle polémique sur le Roundup
Frédéric Mouchon Le Parisien
26 12 08
Le roundup est l'un des herbicides les plus vendus au monde. Et la
marque phare de la firme américaine Monsanto, qui s'est depuis
spécialisée dans la commercialisation de semences OGM résistantes... à
son propre produit. Dans une enquête publiée cette semaine par la revue
scientifique américaine « Chemical Research in Toxicology »,
Gilles-Eric Séralini, professeur de biochimie à l'université de Caen,
affirme avoir « élucidé les mécanismes de la toxicité du produit sur
des cellules humaines ».
« Notre étude montre que l'utilisation, sur des cellules de nouveau-né
fraîchement issues de cordon ombilical, de différentes formulations du
Roundup, diluées à des doses infinitésimales (jusqu'à 100 000 fois),
provoque en quelques heures la mort des cellules », détaille le
chercheur.
La toxicité de la molécule active de l'herbicide, le glyphosate, est
déjà connue, ainsi que les effets nocifs pour la santé que pourrait
provoquer l'exposition à de fortes doses. Mais les travaux du
professeur Séralini montrent que le mélange d'autres substances dans
les différentes formulations du composé « amplifie l'action du principe
actif ».
« C'est un herbicide et il n'a pas été conçu pour autre chose »
« Un de ces produits de transformation peut être encore plus toxique
que le glyphosate lui-même, et ceci est grandement sous-estimé par la
réglementation actuelle », déplore le chercheur. Le Mouvement pour le
droit et le respect des générations futures (MDRGF) s'inquiète aussi «
de la présence de résidus de glyphosate et de ses adjuvants dans les
sojas OGM importés en Europe et servant à l'alimentation animale ». Il
demande donc aux autorités en charge de l'évaluation des pesticides de
« réévaluer les différentes formulations du Roundup en prenant en
compte ces effets multiplicatifs de la toxicité du glyphosate par ses
adjuvants ». « Le Roundup est un herbicide et il n'a pas été conçu pour
autre chose, rétorque une porte-parole de Monsanto. Pourquoi vouloir
détourner son usage normal pour dénigrer systématiquement le produit ?
»
La multinationale a d'ailleurs édité un guide des bonnes pratiques du
désherbage à l'intention de ses usagers, par exemple de ne jamais le
pulvériser « quand il y a du vent, pour éviter toute projection sur
vous-même et sur les plantes voisines que vous souhaitez préserver ». «
Concernant les OGM tolérants au Roundup, reprend sa porte-parole, les
exigences fixées aux industriels en matière de résidus de pesticides
autorisés sont de haut niveau ». La Commission européenne vient
d'ailleurs d'autoriser l'importation dans l'Union européenne d'un
nouveau soja OGM de Monsanto (le MON 89788). Conçu à des fins
alimentaires par la firme américaine, cette espèce de soja est aussi
appelée Roundup Ready 2. L'Autorité européenne de sécurité alimentaire
estime qu'il ne présente « aucun risque pour la santé humaine ou
animale ».
Le Parisien
Meilleurs voeux du MDRGF pour 2009 !!
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Lettre d'information du MDRGF plus d'infos sur notre site
18 décembre 2008
PCB dans les fleuves
PCB dans les fleuves : le comité de pilotage national fait son premier bilan
POLLUTION DE L'EAU - Piqué sur Actu-Environnement.com - 17/12/2008
L'ensemble
des acteurs concernés par la pollution des fleuves aux PCB se sont
réunis aujourd'hui pour faire le point sur la mise en œuvre du plan
d'action du gouvernement. Les analyses se poursuivent mais la
dépollution n'est pas encore au programme.
Dix
mois après sa mise en place, le comité national de pilotage et de suivi
sur les PCB s'est réuni aujourd'hui sous l'égide des ministres de la
santé, de l'agriculture et de l'écologie. En présence des élus, des
établissements publics chargés de l'expertise, des associations, des
représentants des pêcheurs professionnels et amateurs et ceux des
entreprises, l'Etat a fait le point sur l'avancement de son plan
d'action initié en octobre 2007. Le comité a pu vérifier que la mise en œuvre du plan se déroule comme convenu, avec des avancées significatives, ont conclu les ministères.
Meilleure visibilité de l'ampleur de la pollution
Comme prévu, la surveillance des milieux, des aliments et des effets
sanitaires se poursuit. Les Agences de l'eau, l'Office National de
l'Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) et le Ministère de
l'agriculture et de la pêche ont complété les analyses sur les
sédiments, les milieux aquatiques et les poissons mis sur le marché.
L'ensemble des résultats est attendu pour 2009 mais certains se sont
déjà traduits par des interdictions de pêche totales ou partielles dans
certains départements. À l'heure actuelle, plusieurs arrêtés
d'interdictions sont en vigueur : dans le Calvados, la Seine-Maritime
et l'Eure pour le fleuve Seine ; dans l'Ain, le Rhône, l'Isère, la
Loire, l'Ardèche, la Drôme, le Vaucluse, le Gard et les Bouches du
Rhône pour le fleuve Rhône ; dans la Somme et l'Aisne pour le fleuve
Somme ; dans la Drôme pour la rivière Isère et en Savoie et en
Haute-Savoie pour les grands lacs alpins.
Concernant l'imprégnation des populations, une étude pilote a été menée
en 2008 afin de valider le protocole et la méthodologie qui vont être
mis en œuvre dans le cadre d'une étude à plus grande échelle. Réalisée
sur 4 sites présentant différents niveaux de contamination, cette étude
portera sur 900 personnes et démarrera dès le début de l'année 2009.
De leur côté, les DRIRE ont identifié et quantifié les rejets de PCB
liés aux activités industrielles actuelles et continué à rechercher les
sources de contamination historiques. Mais aucun bilan n'a été publié
pour l'instant. Les DRIRE assurent également avoir renforcé le suivi du
plan national de décontamination et d'élimination des appareils
contenant des PCB tout particulièrement avec EDF et la SNCF, les plus
gros détenteurs. Rappelons qu'il reste encore plus de 500.000
transformateurs à traiter d'ici à décembre 2010.
Le WWF ne semble toutefois pas convaincu de l'efficacité de ces mesures pour réduire les rejets de PCB dans le milieu : plusieurs
éléments démontrent au contraire une recrudescence de ces rejets :
dragages sans mesure de précaution, fuite de 4.000 litres de PCB à
Vaulx en Velin suite à des vandalismes sur des sites orphelins non
traités, rejets émanant des stations d'épuration non conformes à la
réglementation européenne, trafics d'huiles industrielles, énumère
l'association. La Fédération France Nature Environnement alerte
également les pouvoirs publics sur la menace croissante que
représentent les actes de vandalisme sur les nombreux transformateurs
encore présents sur les friches industrielles. En effet, pour en
retirer les métaux, des vandales vidangent des litres de pyralène (PCB)
directement sur le sol.
Devant un sujet aussi important qui concerne directement la santé de
nos concitoyens, devant le drame de cette pollution qui dépasse les
clivages politiques, nous sommes en attente de solutions concrètes et
tangibles, explique Serge ORRU, Directeur Général du WWF-France.
Des techniques de dépollution encore au stade de la recherche
Plusieurs travaux de recherche sur les eaux douces et les eaux marines
sont en cours au sein des différents établissements publics et le pôle
de compétitivité Axelera a obtenu un budget de 12 millions d'euros pour
étudier des technologies de dépollution. Il
s'agit aussi bien de favoriser les technologies existantes que de
tester de nouvelles techniques afin au final de définir un outil d'aide
à la décision, explique Pascal Dauthuille, chef du projet. Les
équipes entendent mener des recherches sur cinq technologies de
dépollution : le dragage et le criblage pour identifier la fraction
concernée par la pollution aux PCB, le confinement sur site, les
méthodes d'absorption, le traitement thermique et les approches
biologiques. Ces dernières consistent à mettre au point un réacteur
permettant de développer des bactéries spécifiques mais également de
déterminer comment sélectionner des champignons ou des bactéries dans
le milieu pour activer la dégradation des polluants. L'ensemble des
techniques seront testées sur deux plates-formes expérimentales : une
première sera située à l'Institut National des Sciences Appliquées
(INSA) de Lyon, une seconde pouvant accueillir de gros volumes de
sédiments sera mise en place dans le sud de Lyon.
Ce programme de recherche doit durer trois ans et aboutir à la
définition de 13 nouvelles technologies de traitement et 14 outils et
méthodes pour maîtriser les PCB et autres polluants aquatiques.
F.ROUSSEL







