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20 octobre 2009

Y vont où les déchets ? (suite)

Gaza : Un camp de lente extermination ? Par Silvia Cattori :

http://www.internationalnews.fr/article-gaza-un-camp-de-lente-extermination-par-silvia-cattori-37607108.html

       27 décembre 2009 Marche pour Gaza appel à participation

Un article d'International News  Le 15 octobre 2009                    

English: Gaza : A Death Camp ?
            
Entretiens avec le Docteur Thabet El Masri          

 

            Le site de Silvia Cattori          

 

    Thabet El Masri, Directeur de l'Unité de soins intensifs de l'Hôpital Shifa, un hôpital public de la bande de Gaza, répond ici aux questions de Silvia Cattori concernant la récente augmentation du nombre de bébés nés avec des malformations.
   
    Silvia Cattori : En juin, vous avez commencé à être préoccupé par une augmentation du nombre de bébés nés avec des malformations. Nous serions très intéressés d'avoir votre évaluation médicale et de connaître le résultat de l'étude que vous avez menée au sujet de ce phénomène inquiétant. Pouvez-vous nous dire quel est le rapport des anomalies congénitales prénatales et postnatales constatées dix mois après les attaques sur Gaza, par comparaison avec la même période en 2008, en termes de nombre de cas concernés ?

 

    Thabet El Masri : Oui, j'ai suivi le phénomène continu de bébés nés avec une malformation congénitale. J'ai calculé le nombre de bébés nés avec des malformations congénitales en juillet, août et septembre 2009. J'ai comparé ces trois mois avec les mêmes mois en 2008.  

  

    Voici les chiffres : En juillet 2009, il y a eu à l'Hôpital Shifa 15 cas de ce genre, contre 10 en 2008 ; en août 2009, il y a eu 20 cas, contre 10 en 2008 ; et en septembre 2009, 15 bébés sont nés malformés, contre 11 en 2008. Le nombre moyen de naissances à l'Hôpital Shifa est d'environ 1'100 par mois.  

  

    Silvia Cattori : Lorsque ce rapport est sorti, il a causé beaucoup d'émotion et d'inquiétude. Beaucoup de gens ont immédiatement attribué l'augmentation des malformations congénitales chez les fœtus avortés et nouveau-nés, à l'utilisation par l'armée israélienne d'obus au phosphore blanc. Est-ce justifié ?  

  

    Thabet El Masri : Nous pouvons soupçonner, mais nous ne pouvons pas confirmer, que c'est l'utilisation d'armes chimiques par Israël qui a causé cette augmentation des malformations congénitales.  

  

    Silvia Cattori : Les bébés atteints de malformations congénitales viennent-ils tous des populations habitants dans les camps de réfugiés particulièrement soumises aux bombardements israéliens ? De quelles zones viennent les mères ?  

  

    Thabet El Masri : Les bébés souffrant de malformations congénitales viennent de partout dans la bande de Gaza. Mais la moitié des femmes qui ont donné naissance à des bébés frappés de malformations proviennent du camp de réfugiés de Jabaliya.  

 

    Silvia Cattori : Que pouvez-vous faire dans la présente situation à Gaza pour rassurer les femmes enceintes qui sont maintenant très inquiètes ?  

  

    Thabet El Masri : En fait, rien. Il n'y a rien que nous puissions faire pour garantir que leurs bébés seront normaux. Comment pourrions-nous empêcher la présence de produits chimiques qui peuvent causer des défauts de naissance ?  

  

    Silvia Cattori : Y a-t-il des embryologistes à Gaza qui sont capables de faire des tests génétiques ?  

  

    Thabet El Masri : Nous ne sommes malheureusement pas équipés pour effectuer des tests génétiques pour voir si les anomalies congénitales sont dues seulement à des facteurs génétiques et non pas aux produits chimiques. Au bout du compte, c'est un problème de génétique, mais les produits chimiques pourraient bien être responsables de ces mutations.  

  

    Silvia Cattori : Qu'en est-il des chercheurs internationaux qui ont pris des échantillons en 2006 pour être testés dans des laboratoires européens ? Y a-t-il déjà eu des résultats ?  

  

    Thabet El Masri : Comment pouvons-nous résoudre ce problème ? Si les facteurs chimiques sont responsables, cela est très difficile à prouver. Comment pouvez-vous prouver que les produits chimiques sont à l'origine de ces mutations ? Comment pouvons-nous être sûrs que les Israéliens ont utilisé des substances interdites ?  

  

    Silvia Cattori : Nous comprenons que, en tant que médecin, vous êtes profondément inquiet et que, dans la situation désespérée actuelle, vous avez besoin d'urgence d'une aide internationale ?  

  

    Thabet El Masri : Oui. Je voudrais suggérer quelque chose qui pourrait nous aider, sans épuiser nos ressources financières limitées dans le domaine de la recherche génétique, laquelle nécessite une énorme quantité d'argent. Pour le dire simplement : il serait extrêmement utile de convaincre les Israéliens de ne pas répéter à nouveau la guerre chimique de l'hiver dernier.  

  

    Silvia Cattori : Quels types de pathologies observez-vous chez les nouveau-nés de cet été ? Pouvez-vous nous donner quelques exemples des défauts de naissance constatés ?  

  

    Thabet El Masri : Vous trouvez des problèmes du système nerveux central, hydrocéphalie, anencéphalie et d'autres malformations comme les cardiopathies congénitales et les obstructions du tube digestif. Les problèmes rénaux sont très fréquents. Les malformations visibles sont rares : les problèmes sont généralement internes.  

  

    Maintenant, vous voyez quels sont les problèmes auxquels nous devons faire face. Les mères sont sans défense, nous n'avons pas de réponses pour elles. Elles savent que nous sommes tous seuls dans cette situation. Elles ne peuvent que prier. C'est la seule chose qu'il leur reste.  

  

    Silvia Cattori : Vous n'avez pas de contacts à l'extérieur ?  

  

    Thabet El Masri : Nous n'avons absolument aucun contact à l'extérieur. Je vous ai donné un aperçu du problème principal. Comme je l'ai dit, il y a une probabilité que les produits chimiques pourraient être une des causes de la tendance à la hausse des défauts de naissance, parce que ceux-ci ont augmenté depuis l'assaut de décembre et janvier. Toutefois, cette conclusion est impossible à prouver.  

  

    Silvia Cattori : Nous vous remercions.  

 


    Cet entretien a eu lieu le 12 octobre 2009.
   
    Texte original en anglais : http://www.silviacattori.net/article987.html
  

 

    Traduit de l'anglais par JPH  

  

    www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=CAT20091015&  

  

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24 août 2009

Fascisme "vert" en marche

De+ en + effrayant : un projet pour réduire la population mondiale de 40% et un autre des deux tiers !!!

Sur le site Geopopulation.com, on voit que les projets soi-disant "écologiques" de certaines ONG ont une puanteur suspecte... Il va falloir se promener dans la rue avec une attestation des parents certifiant que votre conception a bien été désirée !!! Sinon Couic !

http://www.geopopulation.com/20090613/reduire-la-population-mondiale-pour-ameliorer-le-climat-selon-sustanaible-population-australia/


Jusqu'où la phobie du réchauffement et du C02 nous mènera-t-elle ? Humanisme bien malade.... Fascisme soi-disant "vert" en marche ! Réagissons !

Bon, j'exagère ! Il faut remplacer le mot Réduire par Limiter, puisqu'il s'agit d'empêcher les naissances "non-désirées" qui formeraient 40% des naissances, selon ces zozos. Ce qu'ils appellent "humainement", ils ne le précisent pas ! S'il s'agit de faire avorter ou de stériliser "humainement", on ne sait. Ou bien s'il s'agit de créer les conditions pour une vie meilleure, une meilleure instruction qui, comme on le sait, génère moins de naissances en général et en particulier de naissances non désirées, c'est différent... Car on constate quasiment toujours une diminution de la natalité en fonction de l'amélioration du niveau de vie, ce qui devrait permettre une stabilisation (?) de la population. Mais qui peut dire quel est la quantité idéale ou "soutenable" de population sur terre ? 10 milliards, 50 milliards, pourquoi pas 100 milliards, après tout ? Les projections des "experts" qui nous assènent quotidiennement des chiffres correspondant aux ressources mises en relation avec l'augmentation de population sont-ils plus fiables que les projections des "experts" du GIEC sur le climat futur de la terre ? J'en doute. Les ressources en nourriture peuvent certainement augmenter considérablement, peut-être même au prix de déforestations partielles et bien gérées, les cultures constituant elles-aussi des "puits de carbone", n'en déplaise aux stressés du C02. Nos régions ont été déforestées au moyen-âge lors des augmentations de population et de l'extension des cultures sans que nous en mourrions. Notre terre peut vivre avec plus de C02 dans l'atmosphère et cette augmentation permettra justement une production végétale améliorée, à plus grande rotation. J'imagine qu'il reste de grands territoires aptes à accueillir nos petits enfants : si les déserts d'Australie ou les immenses plaines de Patagonie sont utilisés à l'agriculture nourricière et non aux cheptels bovins immenses ou aux agro-carburants, on peut parier qu'on pourra nourrir beaucoup de monde, sans parler des ressources marines. Sujet à débattre et solutions à envisager sans malthusianisme. On ne peut accepter de laisser des organisations, soi-disant écologistes, quelles qu'elles soient, prétendre sauver l'humanité en la combattant.

Dans mon effroi, j'ai un peu amalgamé cette info avec celle-ci lue sur le même site qui indique que l'ONG au gentil mignon panda, WWF, qui défend les gentils animaux contre les méchants humains, envisagerait, elle, carrément de réduire la population mondiale des deux tiers ! :
http://www.geopopulation.com/20081106/selon-wwf-il-faut-reduire-de-deux-tiers-la-population-mondiale/

Si cette info est confirmée, on peut effectivement parler de fascisme, voire de nazisme.
Qu'ils commencent par eux-mêmes !

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07 mai 2009

Le CO2 n'est pas un polluant, ne l'oublions pas !

Vin et CO2 font bon ménage !

un article de Terra-Eco

Que vos papilles se rassurent, voilà au moins une chose que le réchauffement climatique ne changera pas ! Une récente étude portugaise vient de démontrer l'absence d'effet notable de concentrations élevées en CO2 sur la qualité des vins.

 

On sait depuis longtemps que l'augmentation de la concentration en CO2 dans l'atmosphère augmente le taux d'assimilation du carbone dans les plantes par photosynthèse. Ce qui a un effet bénéfique sur le taux de croissance et le rendement des cultures. Ce qui est moins connu par contre est l'effet de ces concentrations élevées en CO2 sur la qualité des plantes cultivées, crucial dans le cas d'un produit tel que le vin.

Les scientifiques portugais ont donc suivi pendant deux ans deux parcelles différentes de plants de vigne, cultivées respectivement sous 365 et 500 ppm (parties par million) de CO2. Après récolte, les grains n'ont montré aucune différence statistiquement significative en termes de poids, de couleur ou de matière sèche. Les vins fabriqués à partir de ces mêmes grains n'ont pas montré non plus de différences notables. Les taux de composés volatils (responsables de l'arôme), de polyphénols (connus pour leurs propriétés anti-cancéreuses) et l'activité antioxydante étaient similaires dans les deux cas.

LES SOURCES DE CET ARTICLE :

Journal of Food and Agricultural Chemistry.

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21 janvier 2009

Libérer les Palestiniens...

Libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy              

                                          
Alain Gresh      
                                                                                                      
 

Il manquait encore sa voix dans le débat. Il vient enfin de s’exprimer dans un texte exemplaire paru dans Le Point, « Libérer les Palestiniens du Hamas ». Exemplaire ? oui, car, comme celui d’André Glucksmann, il résume tous les mensonges, toute la mauvaise foi de ceux qui pensent que, au-delà de telle ou telle erreur, la politique d’Israël doit être défendue contre ses ennemis, contre les barbares qui menacent de le submerger. Ce bloc-note mérite donc une analyse de texte détaillée (je mets en gras les citations de BHL).

         
 

              Source:http://blog.mondediplo.net/2009-01-10-Liberer-les-Palestiniens-des-mensonges-de-Bernard

samedi 10 janvier 2009


BHL: « N’étant pas un expert militaire, je m’abstiendrai de juger si les bombardements israéliens sur Gaza auraient pu être mieux ciblés, moins intenses. »

AG: Etrange argument. Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste militaire pour savoir si des actions violent ou non le droit international : un philosophe pourrait faire l’affaire... Car les déclarations confirmant ce viol sont multiples.

BHL: « N’ayant, depuis des décennies, jamais pu me résoudre à distinguer entre bons et mauvais morts ou, comme disait Camus, entre “victimes suspectes” et “bourreaux privilégiés”, je suis évidemment bouleversé, moi aussi, par les images d’enfants palestiniens tués. »

« Cela étant dit, et compte tenu du vent de folie qui semble, une fois de plus, comme toujours quand il s’agit d’Israël, s’emparer de certains médias, je voudrais rappeler quelques faits. »

AG: Bien sûr, personne, ne peut accepter la mort d’un enfant, où qu’il soit, mais admirez le « cela étant dit »... qui laisse supposer que cette mort s’explique par le contexte.

BHL:« 1. Aucun gouvernement au monde, aucun autre pays que cet Israël vilipendé, traîné dans la boue, diabolisé, ne tolérerait de voir des milliers d’obus tomber, pendant des années, sur ses villes : le plus remarquable dans l’affaire, le vrai sujet d’étonnement, ce n’est pas la “brutalité” d’Israël — c’est, à la lettre, sa longue retenue. »

AG: Il suffit de comparer le nombre de morts palestiniens et israéliens (avant les combats actuels) pour mesurer la « longue retenue ». En réalité, les bombardements sur Gaza n’ont jamais cessé, sinon pendant le cessez-le-feu signé le 19 juin 2008. Et que dire de la « longue retenue » des Palestiniens qui vivent sous occupation depuis 40 ans... Car, il faut le rappeler, l’origine de la résistance ce n’est ni le Fatah, ni l’OLP ni le Hamas, mais l’occupation, qui suscite toujours la résistance.

BHL: « 2. Le fait que les Qassam du Hamas et, maintenant, ses missiles Grad aient fait si peu de morts ne prouve pas qu’ils soient artisanaux, inoffensifs, etc., mais que les Israéliens se protègent, qu’ils vivent terrés dans les caves de leurs immeubles, aux abris : une existence de cauchemar, en sursis, au son des sirènes et des explosions — je suis allé à Sdérot, je sais. »

AG: Bernard-Henri Lévy est allé à Sdérot (alors qu’en Géorgie, il a pu écrire des affabulations sur des lieux où il ne s’était jamais rendu), on n’en doute pas. Mais est-il jamais allé à Gaza ? A-t-il vu dans quelles conditions vivent les Palestiniens, depuis des dizaines d’années ? Interviewée par la télévision, une habitante de Gaza, à qui l’on demandait si elle rendait le Hamas responsable de ce qu’elle subissait, répondait en substance : il y avait des bombardements avant l’arrivée du Hamas et il y en aura après ; tout cela n’est que prétexte.

BHL: « 3. Le fait que les obus israéliens fassent, à l’inverse, tant de victimes ne signifie pas, comme le braillaient les manifestants de ce week-end, qu’Israël se livre à un “massacre” délibéré, mais que les dirigeants de Gaza ont choisi l’attitude inverse et exposent leurs populations : vieille tactique du “bouclier humain” qui fait que le Hamas, comme le Hezbollah il y a deux ans, installe ses centres de commandement, ses stocks d’armes, ses bunkers, dans les sous-sols d’immeubles, d’hôpitaux, d’écoles, de mosquées-efficace mais répugnant. »

AG: Ce qui est répugnant, c’est la disproportion des forces. Comme le dit le philosophe (un vrai, celui-là) Michael Walzer, que j’ai déjà cité, « le tir au pigeon n’est pas un combat entre combattants. Lorsque le monde se trouve irrémédiablement divisé entre ceux qui lancent les bombes et ceux qui les reçoivent, la situation devient moralement problématique ».

Quant au fait que les combattants du Hamas se terrent dans les écoles ou les mosquées, il s’agit souvent de pure propagande, comme le prouve l’exemple de l’école de l’Unrwa bombardée par l’armée israélienne. Chaque fois que des observateurs neutres ont pu se rendre sur place, ils ont constaté que les allégations israéliennes étaient mensongères. On comprend que le gouvernement israélien refuse l’entrée du territoire aux journalistes étrangers.

D’autre part, rappelons que Gaza est un tout petit territoire, avec la plus forte densité de population au monde. Où sont censés s’installer les combattants ? Doivent-ils aller au-devant des troupes israéliennes pour servir de cible ? Qui pourrait reprocher aux insurgés parisiens de 1848 ou de 1870 d’avoir construit des barricades dans les rues de la capitale ? Et je rajoute, comme le fait dans un magnifique texte daté du 10 janvier, le militant pacifiste israélien Uri Avnery, « How many divisions? »

BHL:« Il y a soixante-dix ans, durant la seconde guerre mondiale, un crime haineux a été commis dans la ville de Leningrad. Durant plus d’un millier de jours, un gang d’extrémistes appelé "l’armée rouge" a tenu en otage des millions d’habitants de la ville, et provoqué des représailles de la Wehrmacht allemand en se cachant au milieu de la population. Les Allemands n’avaient pas d’autre choix que de bombarder la population et d’imposer un blocus total provoquant la mort de centaines de milliers de personnes. »

« 4. Entre l’attitude des uns et celle des autres il y a, quoi qu’il en soit, une différence capitale et que n’ont pas le droit d’ignorer ceux qui veulent se faire une idée juste, et de la tragédie, et des moyens d’y mettre fin : les Palestiniens tirent sur des villes, autrement dit sur des civils (ce qui, en droit international, s’appelle un “crime de guerre”) ; les Israéliens ciblent des objectifs militaires et font, sans les viser, de terribles dégâts civils (ce qui, dans la langue de la guerre, porte un nom — “dommage collatéral” — qui, même s’il est hideux, renvoie à une vraie dissymétrie stratégique et morale). »

AG: Dissymétrie stratégique ? Incontestablement. Un dirigeant du FLN algérien Larbi Ben M’hidi, arrêté durant la bataille d’Alger en 1957 (puis assassiné), et à qui des journalistes français reprochaient d’avoir posé des bombes dans des cafés, répondait : « Donnez-moi vos Mystère, je vous donnerai mes bombes ». Si placer des bombes dans un café est condamnable, que faut-il dire des bombes larguées d’un avion sur des populations civiles ?

Dissymétrie morale ? Les punitions collectives infligées depuis des années à Gaza sont, selon Richard Falk, envoyé des Nations unies dans les territoires palestiniens, « un crime contre l’humanité ». Que dire alors de ce qui se passe depuis...

Parlant de ses négociations avec le gouvernement sud-africain et de ses demandes d’arrêter la violence, Nelson Mandela écrit : « Je répondais que l’Etat était responsable de la violence et que c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. » (Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Livre de Poche, p. 647)

BHL: « 5. Puisqu’il faut mettre les points sur les i, on rappellera encore un fait dont la presse française s’est étrangement peu fait l’écho et dont je ne connais pourtant aucun précédent, dans aucune autre guerre, de la part d’aucune autre armée : les unités de Tsahal ont, pendant l’offensive aérienne, systématiquement téléphoné (la presse anglo-saxonne parle de 100 000 appels) aux Gazaouis vivant aux abords d’une cible militaire pour les inviter à évacuer les lieux ; que cela ne change rien au désespoir des familles, aux vies brisées, au carnage, c’est évident ; mais que les choses se passent ainsi n’est pas, pour autant, un détail totalement privé de sens. »

AG: Ce que notre « philosophe » oublie, c’est qu’Israël, qui appelle les gens à quitter leur maison, ne les laisse pas vraiment aller ailleurs. Le Haut-commissaire pour les réfugiés remarquait que c’était le seul conflit du monde où on interdisait aux populations civiles de quitter leur territoire. Et ceux qui se réfugient dans des lieux soi-disant sûrs sont victimes des bombardements, comme les 40 civils tués dans une école de l’Unrwa. On peut noter que, selon Chris Gunness, le porte-parole de l’Unrwa, l’armée israélienne a reconnu qu’aucun tir n’était venu de cette école.

Un indice, parmi tant d’autres, du comportement de l’armée israélienne est donné par le CICR, qui fait, en général, preuve d’une grande réserve.

« Dans l’après-midi du 7 janvier, quatre ambulances du Croissant-Rouge palestinien et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont réussi à obtenir pour la première fois l’accès à plusieurs maisons touchées par les bombardements israéliens dans le quartier de Zeitoun, à Gaza. »

« Le CICR avait demandé depuis le 3 janvier que les ambulances puissent accéder à ce quartier en toute sécurité, mais il n’a obtenu l’autorisation des Forces de défense israéliennes que l’après-midi du 7 janvier.Dans une des maisons, l’équipe du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert quatre petits enfants à côté de leurs mères respectives, mortes. Ils étaient trop faibles pour se lever tout seuls. Un homme a également été trouvé en vie, trop faible pour se mettre debout. Au total, au moins 12 corps gisaient sur des matelas. »

« Dans une autre maison, l’équipe de secours du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert 15 survivants de l’attaque, dont plusieurs blessés. Dans une troisième maison, l’équipe a trouvé trois autres corps. Des soldats israéliens occupant un poste militaire à 80 mètres de cette maison ont ordonné à l’équipe de secours de quitter la zone, ce qu’elle a refusé de faire. Plusieurs autres postes des Forces de défense israéliennes se trouvaient à proximité, ainsi que deux tanks. »

« “Cet incident est choquant, a déclaré Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires palestiniens occupés. Les militaires israéliens devaient être au courant de la situation, mais ils n’ont pas porté secours aux blessés. Ils n’ont pas non plus fait en sorte que le CICR ou le Croissant-Rouge palestinien puissent leur venir en aide.” »

(...)

« Le CICR a été informé que davantage de blessés avaient trouvé refuge dans d’autres maisons détruites du quartier. Il demande à l’armée israélienne de lui permettre immédiatement, ainsi qu’aux ambulances du Croissant-Rouge palestinien, d’accéder en toute sécurité à ces maisons et de chercher d’autres blessés. Les autorités israéliennes n’ont toujours pas confirmé au CICR qu’elles lui autoriseraient l’accès. »

« Le CICR estime que dans le cas présent, l’armée israélienne n’a pas respecté son obligation de prendre en charge les blessés et de les évacuer, comme le prescrit le droit international humanitaire. Il juge inacceptable le retard avec lequel l’accès a été donné aux services de secours. »

On pourra aussi regarder le témoignage bouleversant d’un médecin norvégien, Mads Gilbert, pris sous les bombes. Lire aussi le décryptage en français : « C’est une guerre totale contre la population civile palestinienne ».

BHL: « 6. Et quant au fameux blocus intégral, enfin, imposé à un peuple affamé, manquant de tout et précipité dans une crise humanitaire sans précédent (sic), ce n’est, là non plus, factuellement pas exact : les convois humanitaires n’ont jamais cessé de passer, jusqu’au début de l’offensive terrestre, au point de passage Kerem Shalom ; pour la seule journée du 2 janvier, ce sont 90 camions de vivres et de médicaments qui ont pu, selon le New York Times, entrer dans le territoire ; et je n’évoque que pour mémoire (car cela va sans dire-encore que, à lire et écouter certains, cela aille peut-être mieux en le disant...) le fait que les hôpitaux israéliens continuent, à l’heure où j’écris, de recevoir et de soigner, tous les jours, des blessés palestiniens. »

AG: Ce qui est difficile, quand on est philosophe, c’est de se renseigner et de descendre du ciel abstrait des idées pour s’intéresser au concret. Le nombre de camions qu’il indique est absolument dérisoire quand on connaît les besoins de Gaza. Normalement, il transite 500 camions par jour pour nourrir la population ; le blocus israélien ayant commencé dès le 5 novembre (après qu’Israël eut rompu la trêve en intervenant directement à Gaza), il n’est passé que 23 camions au cours du mois de novembre. Et ce blocus s’est intensifié avant les combats : la population était affamée et les hôpitaux sous-équipés. Que quelques dizaines de camions aient pu passer après, grâce à quelques déclarations fortes des Nations unies, ne change pas la situation.

BHL: « Très vite, espérons-le, les combats cesseront. Et très vite, espérons-le aussi, les commentateurs reprendront leurs esprits. Ils découvriront, ce jour-là, qu’Israël a commis bien des erreurs au fil des années (occasions manquées, long déni de la revendication nationale palestinienne, unilatéralisme), mais que les pires ennemis des Palestiniens sont ces dirigeants extrémistes qui n’ont jamais voulu de la paix, jamais voulu d’un Etat et n’ont jamais conçu d’autre état pour leur peuple que celui d’instrument et d’otage (sinistre image de Khaled Mechaal qui, le samedi 27 décembre, alors que se précisait l’imminence de la riposte israélienne tant désirée, ne savait qu’exhorter sa “nation” à “offrir le sang d’autres martyrs” — et ce depuis son confortable exil, sa planque, de Damas...). »

AG: Rappelons, encore une fois, que c’est l’armée israélienne qui, dans la nuit du 4 au 5 novembre, a violé le cessez-le-feu par une incursion qui a provoqué la mort de quatre Palestiniens. Et que, d’autre part, Israël n’a jamais respecté une des clauses de l’accord qui était l’ouverture des points de passage entre Israël et Gaza, contribuant ainsi à affamer la population.

Mais, surtout, qu’est-ce qui empêche la signature de la paix ? Rappelons que, pendant plusieurs années, les dirigeants israéliens ont affirmé que le seul obstacle à un accord était Yasser Arafat. Après sa mort, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) a été élu. Il a été salué en Israël, aux Etats-Unis et en Europe comme un dirigeant modéré. Cela fait quatre ans qu’il est président, cela fait quatre ans qu’il négocie au nom de l’Autorité palestinienne avec le gouvernement israélien. Le Hamas n’était pas partie prenante de ces négociations, et pourtant elles ont échoué, parce qu’Israël refuse l’application des résolutions des Nations unies, le retrait des territoires occupés en 1967. Tous les Etats arabes ont accepté l’initiative de paix du roi Abdallah proposant l’échange de la paix contre les territoires, et Israël a encore refusé...

BHL: « Aujourd’hui, de deux choses l’une. Ou bien les Frères musulmans de Gaza rétablissent la trêve qu’ils ont rompue et, dans la foulée, déclarent caduque une charte fondée sur le pur refus de l’“entité sioniste” : ils rejoindront ce vaste parti du compromis qui ne cesse, Dieu soit loué, de progresser dans la région-et la paix se fera. Ou bien ils s’obstinent à ne voir dans la souffrance des leurs qu’un bon carburant pour leurs passions recuites, leur haine folle, nihiliste, sans mots-et c’est non seulement Israël, mais les Palestiniens, qu’il faudra libérer de la sombre emprise du Hamas. »

AG: Comment faut-il les libérer ? Rappelons que la majorité des Palestiniens a voté pour le Hamas dans des élections libres suscitées par les Etats-Unis et l’Union européenne. Ils ont voté pour protester contre l’incurie de l’OLP et contre l’échec du processus d’Oslo que le Fatah avait prôné. Au nom de « nos valeurs », nous avons refusé le verdict des urnes... Le peuple vote mal, changeons-le. Ou plutôt, imposons-lui une bonne dictature ou une bonne occupation qui le civilisera. C’était le raisonnement des Soviétiques quand ils sont intervenus en Afghanistan en décembre 1979, et que Georges Marchais évoquait « le droit de cuissage ». Faut-il s’étonner que Philippe Val, dans son éditorial de Charlie Hebdo, « Gaza : la colombe, le faucon et le vrai con », évoque cette invasion : « Les Soviétiques eux-mêmes, en 1979, avaient senti le danger (l’islamisme), et, à tort ou à raison (sic), avaient envahi l’Afghanistan. » Voici revenu le temps du colonialisme : nous allons civiliser tous ces indigènes qui acceptent le droit de cuissage, la polygamie, le voile, etc., et les libérer de la sombre emprise des intégristes.

A lire sur le blog de Michel Collon : michelcollon.info/article.php


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19 janvier 2009

Guerre et gaz naturel : ça gaze à Gaza

La guerre et le gaz naturel : l'invasion israélienne et les gisements de Gaza en mer          

par Michel Chossudovsky           Mondialisation.ca, Le 12 janvier 2009                                                                                      

L'invasion militaire de la Bande de Gaza par les Forces israéliennes, est directement liée à la possession et au contrôle de réserves stratégiques de gaz en mer.

Il s'agit d'une guerre de conquête: on a découvert de vastes réserves de gaz au large du littoral de Gaza en 2002.                  

Dans un accord signé en novembre 1999, l'Autorité palestinienne (AP) a garanti des droits de prospection de gaz et de pétrole d'une durée de 25 à British Gas (BG Group)et son partenaire situé à Athène Consolidated Contractors International Company(CCC), une propriété des familles libanaises Sabbagh et Koury.             

Ces droits sur les gisements de gaz en mer sont de 60 % pour British Gas, de 30 % pour Consolidated Contractors, et de 10 % pour le Fonds d'investissement palestinien. (Haaretz, 21 octobre 2007)

L'accord AP-BG-CCC inclut l'exploitation des gisements et la construction d'un gazoduc. (Middle East Economic Digest, 5 janvier 2001)      

pour lire l'article entier, avec cartes, aller sur le blog :

http://antiliberal.over-blog.net/article-26893649.html

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16 janvier 2009

Une lettre à Barack Obama

Monsieur Obama, à propos de vos deux filles,
vous oubliez quelque chose...

Cher Monsieur Obama,

Vous avez déclaré à propos du conflit entre Israël et les Palestiniens : "Si quelqu'un tirait des roquettes sur ma maison où mes deux filles dorment chaque soir, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour faire cesser cela."

Protéger vos enfants ? Comme je vous comprends! Mais, pour être tout à fait correct envers vos filles, ne devriez-vous pas leur raconter l'histoire de cette maison ? Dire que vous l'avez volée à ses propriétaires ? Et aussi le jardin, et tous les champs autour ! Et que vous avez obligé l'ancien propriétaire à aller vivre dans la niche du chien ? Car c'est exactement ce qu'Israël a fait en volant leurs maisons et leurs terres aux Palestiniens, et en les forçant à vivre dans des camps de réfugiés (voir les livres d'historiens israéliens comme Benny Morris).

Dès lors, cher Monsieur Obama, pourriez-vous prétendre vivre dans cette maison tranquillement, comme si de rien n'était ? Alors, juste une question : votre "changement" consistera-t-il à répéter ces vieux mensonges sur la maison, déjà ressassés par tous vos prédécesseurs ?

Recevez, cher Monsieur Obama, mes meilleurs sentiments. Et dites à vos amis que, sur cette terre de Palestine, il y a de la place pour tout le monde. A moins qu'une différence de religion ou de couleur de peau pose un problème à quelqu'un ?

Michel Collon
13 janvier 2009

Retrouvez chaque jour des témoignages, analyses, critiques d'infos sur Gaza à       
www.michelcollon.info

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04 janvier 2009

Uri Avnery, israelien conscient

Israël a manqué un rendez-vous avec l'histoire, par Uri Avnery    

  4 janvier 2009    

« Cette guerre l'écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, il pourra être confronté à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas multiplié par mille. » Avnery retrace la séquence qui a conduit à la guerre de Gaza. Ayant tablé sur la faiblesse d'Abbas, se contentant d'un simulacre de négociation, Israël n'a pas compris que le Hamas l'emporterait contre une Autorité Palestinienne discréditée. Après l'échec du blocus à briser la résistance des gazaouis et à les retourner contre le nouveau pouvoir installé à Gaza, Israël espère aujourd'hui pouvoir liquider le Hamas par le fer et le feu, avec la complicité de l'Egypte qui verrouille la seule issue de cette zone de combat où la population civile est piégée, en une réédition de la stratégie de bombardements massifs utilisée sans succès au Liban. Mais au delà de Gaza, c'est toute une génération Arabe, révoltée par la passivité et la corruption de ses dirigeants qui pourrait se tourner bientôt vers l'Islam politique, apparaissant comme la seule force indemne de compromission.        

par Uri Avnery, Gush Shalom, 3 janvier 2009

Juste après minuit, la chaîne arabe Al Jazeera diffusait un reportage sur les événements à Gaza. Soudain, la caméra s'est dirigée vers le ciel nocturne. L'écran était noir. On ne pouvait rien voir, mais on entendait un bruit : celui des avions, un effrayant, un terrifiant vrombissement.

Il était impossible de ne pas penser à ces dizaines de milliers d'enfants de Gaza qui entendaient ce bruit à ce moment-là, se recroquevillant avec effroi, paralysés par la peur, attendant que tombent les bombes.

« Israël doit se défendre contre les roquettes qui terrorisent nos villes du Sud », déclarait le porte-parole israélien. « Les Palestiniens doivent riposter à l'assassinat de leurs combattants à l'intérieur de la bande de Gaza », affirmait celui du Hamas.

En fait, le cessez-le-feu n'a pas été rompu, car il n'y avait pas de véritable cessez-le-feu. La principale exigence pour tout cessez-le-feu dans la bande de Gaza doit être l'ouverture des points de passages à la frontière. Il ne peut y avoir de vie dans la bande de Gaza sans le passage d'un flux d'approvisionnement. Mais ces passages n'ont pas été ouverts, à l'exception de quelques heures de temps en temps. Le blocus sur terre, sur mer et dans les airs contre un million et demi d'êtres humains est un acte de guerre, tout autant que tout largage de bombes ou tirs de roquettes. Il paralyse la vie dans la bande de Gaza, en détruisant la plupart des possibilités d'emploi, en jetant des centaines de milliers de personnes au bord de la famine, en provoquant l'arrêt du fonctionnement de la plupart des hôpitaux, en perturbant l'approvisionnement en électricité et en eau.

Ceux qui ont décidé de fermer les points de passage - sous quelque prétexte que ce soit - savaient qu'il n'y a pas de véritable cessez-le-feu dans ces conditions.

C'est là le point central. Ensuite, vinrent les petites provocations qui ont été conçues pour provoquer la réaction du Hamas. Après plusieurs mois durant lesquels pratiquement aucune roquette Qassam n'avait été tirée, une unité de l'armée a été envoyée dans la bande de Gaza « afin de détruire un tunnel arrivant près de la barrière frontalière ». D'un point de vue strictement militaire, il aurait été plus judicieux de monter une embuscade de notre côté de la frontière. Mais l'objectif était de trouver un prétexte pour mettre un terme au cessez-le-feu, de telle manière que l'on puisse en attribuer de façon plausible la responsabilité aux Palestiniens. Et en effet, après plusieurs de ces petites opérations dans lesquelles les combattants du Hamas ont été tués, le Hamas a riposté par un tir massif de roquettes. Et voilà - le cessez-le-feu était terminé. Tout le monde a blâmé le Hamas.

Quel était le but recherché ? Tzipi Livni l'a annoncé ouvertement : liquider le pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Les roquettes Qassam ont seulement servi de prétexte.

Liquider le pouvoir du Hamas ? Cela ressemble à un chapitre de « La Marche Folle ». Après tout, ce n'est pas un secret que c'est le gouvernement israélien qui a mis en place le Hamas. Lorsque j'ai interrogé un jour Yaakov Peri, un ancien dirigeant du Shin Bet, à ce sujet, il m'a répondu énigmatiquement : « Nous ne l'avons pas créé, mais nous n'avons pas entravé sa création. »

Pendant des années, les autorités d'occupation ont favorisé ce mouvement islamique dans les territoires occupés. Toutes les autres activités politiques étaient vigoureusement réprimées, mais leurs activités dans les mosquées ont été autorisées. Le calcul était simple et naïf : à l'époque, l'OLP était considérée comme le principal ennemi, Yasser Arafat était le Diable. Le mouvement islamique prêchait contre l'OLP et Arafat, et a donc été considéré comme un allié.

Avec le déclenchement de la première Intifada en 1987, le mouvement islamique s'est officiellement rebaptisé Hamas (les initiales en arabe de « Mouvement de résistance islamique ») et a rejoint la lutte. Même à cette époque, le Shin-Bet n'a pris aucune mesure contre eux pendant près d'un an, tandis que les membres du Fatah étaient exécutés ou emprisonnés en grand nombre. Ce n'est qu'après une année que le cheikh Ahmed Yassine et ses collègues ont également été arrêtés.

Depuis lors, la roue a tourné. Le Hamas est devenu le nouveau Satan, et l'OLP est considérée par beaucoup en Israël comme étant presque une branche de l'organisation sioniste. La conclusion logique pour un gouvernement israélien recherchant la paix aurait été de faire de larges concessions à la direction du Fatah : fin de l'occupation, signature d'un traité de paix, fondement de l'État Palestinien, retrait aux frontières de 1967, une solution raisonnable au problème des réfugiés, et la libération de tous les prisonniers palestiniens. Cela aurait arrêté la montée du Hamas à coup sûr.

Mais la logique a peu d'influence sur la politique. Rien de ce genre ne s'est produit. Au contraire, après l'assassinat d'Arafat [sic], Ariel Sharon a déclaré que Mahmoud Abbas, qui l'avait remplacé, était une « volaille plumée ». On n'a pas autorisé à Abbas d'obtenir le moindre succès politique. Les négociations, sous les auspices américaines, sont devenu une plaisanterie. Le plus authentique chef du Fatah, Marwan Barghouti, a été envoyé en prison à perpétuité. Au lieu d'une libération massive de prisonniers, il n'y a eu que de petits « gestes » insultants.

Abbas a été systématiquement humilié, le Fatah ressemblait à une coquille vide et le Hamas a remporté la victoire lors des élections palestiniennes - les élections les plus démocratiques jamais organisées dans le monde arabe. Israël a boycotté le gouvernement élu. Dans la lutte intestine qui s'en est suivi, le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza.

Et maintenant, après tout cela, le gouvernement israélien a décidé de « liquider le pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza » - par le sang, le feu et les colonnes de fumée.

Le nom officiel de cette guerre est « plomb durci », deux mots provenant d'une comptine enfantine sur un jouet d'Hanukkah.

Il serait plus exact de la nommer « la guerre des élections ».

Dans le passé, aussi, des actions militaires ont été lancées lors de campagnes électorales. Menachem Begin a bombardé le réacteur nucléaire irakien durant la campagne de 1981. Lorsque Shimon Peres a affirmé qu'il s'agissait d'un gadget électoral, Begin a répliqué lors du meeting suivant : « Juifs, croyez-vous que je voudrais envoyer nos braves garçons à leur mort, ou pire, être fait prisonnier par des animaux, afin de gagner une élection ? » Begin a gagné.

Peres n'est pas Begin. Lorsqu'au cours de la campagne électorale de 1996 il a ordonné l'invasion du Liban (opération « Raisins de la colère »), tout le monde était convaincu qu'il l'avait fait afin de gagner des élections. La guerre a été un échec, Peres a perdu les élections et Benyamin Nétanyahou est arrivé au pouvoir.

Barak et Tzipi Livni recourent aujourd'hui à la même vieille ficelle. En 48 heures, selon les sondages, le résultat des votes pour Barak lui assurerait cinq sièges supplémentaires à la Knesset. Soit environ 80 morts Palestiniens pour chaque siège. Mais il est difficile de marcher sur un tas de cadavres. Ce succès pourrait s'évaporer en une minute si la guerre était considérée comme un échec par l'opinion publique israélienne. Par exemple, si les roquettes continuent de frapper Beersheba, ou si l'attaque au sol provoque de lourdes pertes israéliennes.

Le calendrier a également été choisi méticuleusement sous un autre angle. L'attaque a commencé deux jours après Noël, lorsque les dirigeants américains et européens sont en vacances jusqu'au nouvel an. Avec pour calcul : même si quelqu'un voulait essayer de mettre fin à la guerre, nul ne peut renoncer à ses vacances. Cela garantissait de disposer de plusieurs jours à l'abri de pressions.

Une autre raison à présidé au choix du moment : ce sont les derniers jours de George Bush à la Maison Blanche. On pouvait s'attendre à ce que ce sanglant imbécile soutienne la guerre avec enthousiasme, ce qu'il a fait bien sûr. Barack Obama n'est pas encore entré en fonction et a eu à sa disposition un prétexte tout fait lui permettant de garder le silence : « il n'y a qu'un seul président ». Ce silence n'est pas de bon augure pour le mandat du président Obama.

La préoccupation principale a été : ne pas répéter les erreurs de la deuxième guerre du Liban. Cela a été répété sans cesse sur toutes les ondes et durant tous les talk-shows.

Cela ne change rien aux faits : la guerre de la bande de Gaza est une réplique presque identique de la deuxième guerre du Liban.

Le concept stratégique est le même : terroriser la population civile par des attaques aérienne sans relâche, semant la mort et la destruction. Cela ne pose aucun danger pour les pilotes, car les Palestiniens n'ont aucune arme antiaérienne. Le calcul est celui-ci : si toute les infrastructures permettant la vie quotidienne dans la bande de Gaza sont totalement détruites et que l'anarchie totale s'ensuit, la population va se soulever et renversera le régime du Hamas. Mahmoud Abbas reviendrait alors dans la bande de Gaza dans les chars israéliens.

Au Liban, ce calcul n'a pas fonctionné. La population prise sous les bombardements, y compris les chrétiens, s'est ralliée derrière le Hezbollah et Hassan Nasrallah est devenu le héros du monde arabe. Quelque chose de semblable va probablement se produire cette fois-ci également. Les généraux sont des experts en ce qui concerne les armes et la manoeuvre des troupes, mais pas en psychologie des masses.

Il y a quelque temps, j'ai écrit que le blocus de Gaza était une expérience scientifique visant à savoir jusqu'où on peut affamer une population et transformer sa vie en enfer avant qu'elle ne rompe. Cette expérience a été menée avec l'aide généreuse de l'Europe et les États-Unis. Jusqu'à présent, elle n'a pas réussi. Le Hamas s'est renforcé et la portée de la Qassams s'est accrue. La guerre d'aujourd'hui est une continuation de cette expérience par d'autres moyens.

Il est possible que l'armée « n'ait pas d'autre choix » que de re-conquérir la bande de Gaza, car il n'y a pas d'autre moyen d'arrêter les Qassams - sauf à parvenir à un accord avec le Hamas, ce qui est contraire à la politique du gouvernement. Lorsque l'invasion terrestre commencera, tout dépendra de la motivation et des capacités des combattants du Hamas vis-à-vis des soldats israéliens. Personne ne peut savoir ce qui va se passer.

Jour après jour, nuit après nuit, la chaîne en arabe Al Jazeera diffuse des images atroces : des piles de corps mutilés, des parents en larmes à la recherche de leurs proches parmi les dizaines de cadavres étendus sur le sol, une femme tirant sa petite fille de sous les décombres, des médecins sans médicaments tentant de sauver la vie des blessés. (Al Jazeera en langue anglaise, contrairement à son homologue en arabe, a effectué une étonnante volte-face, diffusant seulement des images aseptisées et reprenant la propagande du gouvernement israélien. Il serait intéressant de savoir ce qui s'est passé là-bas.)

Des millions de spectateurs voient ces terribles scènes, image après image, jour après jour. Ces images sont inscrites en leurs esprits pour toujours : horrible Israël, abominable Israël, inhumain Israël. Toute une génération d'ennemis. C'est un prix terrible, que nous allons être obligés de payer longtemps après que les autres résultats de la guerre elle-même auront été oubliés en Israël.

Mais il y a autre chose qui s'inscrit également dans l'esprit de ces millions de spectateurs : l'image de ces régimes arabes, passifs, misérables, corrompus.

Comme le voient les Arabes, un élément ressort au-dessus de tous les autres : le mur de la honte.

Pour le million et demi d'Arabes dans la bande de Gaza qui souffrent terriblement, la seule ouverture sur le monde qui ne soit pas contrôlée par Israël est la frontière avec l'Égypte. C'est seulement par là que peuvent parvenir la nourriture qui permet la vie et les médicaments qui peuvent sauver les blessés. Cette frontière demeure fermée au pire moment d'horreur. L'armée égyptienne a bloqué la seule issue permettant à l'alimentation et aux médicaments d'entrer, alors même que sur les chirurgiens opèrent les blessés sans anesthésie.

D'un bout à l'autre du monde arabe résonnent les paroles de Hassan Nasrallah : Les dirigeants de l'Égypte sont les complices de ce crime, ils collaborent avec l'« ennemi sioniste » en tentant de briser le peuple palestinien. On peut supposer qu'il ne désignait pas uniquement Moubarak, mais aussi tous les autres dirigeants, du roi d'Arabie saoudite au président palestinien. En voyant les manifestations dans le monde arabe et en écoutant les slogans on a l'impression que pour de nombreux Arabes leurs dirigeants sont au mieux pathétiques et misérables, au pire des collaborateurs.

Cela aura des conséquences historiques. Toute une génération de dirigeants arabes, une génération imprégnée de l'idéologie du nationalisme arabe laïque, les successeurs de Gamal Abd-al-Nasser, Hafez al-Assad et Yasser Arafat, pourrait être balayée de la scène. Dans le monde Arabe, la seule alternative viable est celle de l'idéologie fondamentaliste islamique.

Cette guerre l'écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, il pourra être confronté à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas multiplié par mille.

L'autre jour, mon chauffeur de taxi à Tel-Aviv réfléchissait à voix haute : Pourquoi ne pas mobiliser les fils des ministres et des membres de la Knesset, les rassembler en une unité de combat et les envoyer à la tête de la prochaine attaque terrestre sur la bande de Gaza ?

   

Posté par Ecol_Eau à 23:56 - Il n'y a pas que l'écologie dans la vie... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Guerre à Gaza : Michel Warschawski nous écrit de Jérusalem

"CONDAMNER LES «DEUX COTES» : PIRE QUE LES ASSASSINS !" par Michel Warschawski

Barak, Olmert, Livni et Ashkenazi auront un jour à répondre de crimes de guerre
devant une cour de justice, comme d'autres criminels de guerre. En conséquence,
notre devoir est d'informer sur leurs actes et déclarations de façon à nous
assurer qu'ils payeront pour les massacres qu'ils ont ordonnés et commis. Il y
a cependant une seconde catégorie de criminels qui pourraient échapper aux
tribunaux. Ils ne se salissent pas les mains avec le sang des civils, mais
fournissent les justifications intellectuelles et pseudo morales des assassins.
Ils constituent l'unité de propagande du gouvernement et de l'armée des tueurs.
Les écrivains israéliens Amos Oz, et A. B. Yehoshua sont les exemples type de
tels misérables intellectuels, et ce n'est pas la première fois ! A chaque
guerre ils se portent volontaires pour l'effort de guerre israéliens, sans même
avoir été officiellement désignés. Leur première fonction est d'apporter les
justifications à l'offensive israélienne, puis, dans un second temps ils
pleurent leur virginité perdue et accusent l'autre camp de nous avoir obligés à
être brutaux.
La justification fournie par Oz dans Corriera de la Serra, et Yehoshua dans La
Stampa est évidemment la nécessité de réagir aux rockets sur Sderot, comme si
tout commençait avec ces rockets. « J'ai du expliquer aux Italiens écrit
Yehoshua dans Haaretz 30 décembre 2008, pourquoi l'action israélienne était
nécessaire.... »
Yehoshua et Oz ont tous les deux oublié 18 mois de brutal siège israélien
imposé à un million et demi d'êtres humains, les privant de nécessités les plus
élémentaires. Ils ont oublié le boycott israélien et international du
gouvernement palestinien démocratiquement élu. Ils ont oublié la séparation
forcée de Gaza et de la Cisjordanie, séparation faite pour isoler et punir la
population de Gaza de son choix démocratique incorrect.
Après avoir choisi de ré-écrire la chronologie des événements, Oz et Yehoshua
utilisent l'argument de la symétrie : la violence est utilisée des deux côtés
et il y a des victimes innocentes à Gaza comme en Israël. En effet, chaque
civil tué est une victime innocente. La chronologie et le nombre ne sont
cependant pas sans rapport : 3 civils israéliens ont été tués dans le sud
d'Israël, mais seulement après que l'aviation israélienne a commis son massacre
planifié dans le centre de la ville de Gaza, en tuant plus de 300. Cette
position des intellectuels les plus en vue d'Israël sert de justification
morale au soutien que le parti de la gauche sioniste Meretz apporte à
l'agression criminelle du ministre de la défense Barak. Meretz aussi exprimera
en temps voulu son opposition aux meurtres, c'est à dire lorsque la communauté
internationale exprimera sa préoccupation pour les fautes d'Israël. Pour
l'instant cette communauté internationale demeure silencieuse et semble même
heureuse de la contribution israélienne à sa sainte croisade contre la menace
globale islamique.
Afin de montrer sa préoccupation, l'Europe envoie une assistance humanitaire
(symbolique) à la population de Gaza. En entendant le ministre français des
Affaires Etrangères, Bernard Kouchner soutenir l'action israélienne, en même
temps qu'il annonce la décision d'envoyer des produits humanitaires à Gaza, je
n'ai pu m'empêcher de me souvenir des informations sur les délégations de de la
Croix Rouge Internationale qui venaient visiter les camps d'extermination nazi
avec des chocolats et des biscuits. Je sais que ce n'est pas la même chose,
mais personne ne peut contrôler ses associations mentales. Bernard Kouchner a
cependant une circonstance atténuante : les régimes arabes, en particulier
celui d'Hosni Mubarak, soutiennent aussi l'agression israélienne. Et ils vont
aussi envoyer du chocolat et des biscuits aux enfants de Gaza, sauf bien sûr à
ceux qui gisent morts à l'hôpital de Shifa .
Michel Warschawski (le 30/12 à Jérusalem)
Info du http://www.alternativenews.org/

Posté par Ecol_Eau à 22:16 - Il n'y a pas que l'écologie dans la vie... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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