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13 octobre 2009

Y vont où, les déchets ?

Pour ceux qui ont la télé (ou qui arriveront à la revoir sur le net), l'émission d'Arte à 20 h 45 ce soir :

Déchets, le cauchemar du nucléaire

On est dans les champs. Au loin, on distingue les bâtiments de l'usine nucléaire de la Hague, dans le Cotentin. Les personnages   discutent des mesures de radioactivité effectuées aux alentours. Le responsable des mesures d'Areva parle : "On est dans le bruit de fond de la radioactivité." La journaliste : "Si on   ne parle pas de contamination, on parle de quoi? " Le responsable cherche ses mots, finit par répondre : "Moi, je parle d'absence d'impact, enfin, il y a, euh, bon, enfin, on va la refaire, là, parce que je…"
 
 

    Oui, si on ne parle pas de radioactivité, de danger et de santé à propos des déchets nucléaires, on parle de quoi ? D'une fiction. Selon laquelle les déchets seraient correctement gérés, et selon laquelle l'industrie nucléaire aurait une solution. C'est ce que montre avec pédagogie et retenue le documentaire. Il nous emmène à Hanford, au nord-ouest des Etats-Unis, où depuis soixante ans s'accumulent des déchets liquides issus de la production du plutonium militaire. Qui fuient dans la rivière voisine.  

   

    TRÈS PEU DE RECYCLAGE EN FRANCE  

 

    On va ensuite à Tcheliabinsk, en Russie, où s'est produite en 1957 l'explosion d'une cuve de déchets nucléaires. Quarante ans plus tard, lacs et rivières sont toujours pollués – à des taux "hallucinants", observe un scientifique de la Criirad (Commission de recherche et d'informations indépendantes sur la     radioactivité) que les journalistes ont emmené avec eux.  

 

    A la Hague, l'enquête constate que chaque année, l'usine rejette dans la mer 400m3 de liquides radioactifs. Un traité de 1993 interdit d'immerger les déchets quand ils sont dans des fûts, mais pas quand on les envoie par canalisation… La Hague rejette aussi du krypton par voie aérienne. "Les gens autour de la     Hague respirent en permanence de l'air radioactif", dit Bruno Chareyron, de la Criirad.  

   

    Mais le système français de retraitement ne recycle-t-il pas l'essentiel de ses déchets, comme le dit Jacques-Emmanuel Saulnier, d'Areva ? Pas précisément. Une partie de l'uranium de retraitement français est expédiée à Tomsk, en Russie. Au total, seuls quelques pourcentages des déchets nucléaires français sont recyclés, et non 95 %, comme le dit Areva.  

 

    Le film s'interroge sur le stockage ultime, en profondeur : "Evidemment des produits très dangereux", constate un scientifique de l'Agence nationale des déchets radioactifs. Ils sont censés ne pas ressortir dans la nature avant 200 000 ans. "Ecrire l'avenir impose de faire confiance", conclut     Bernard Bigot, commissaire à l'énergie atomique. Mais peut-on faire confiance aux nucléaristes ? Et leur laisser     l'écriture de l'avenir ?  

   

    Documentaire d'Eric Guéret et Laure Nouhalat. Mardi 13 octobre à 20h45     sur Arte.  

   

   

      Hervé Kempf    

 

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09 octobre 2009

Les déchets nucléaires enterrés doivent pouvoir être déterrés !

Déchets nucléaires : le plus grand centre de stockage d'Europe fête ses 40 ans
Actu-Environnement.com - 07/10/2009

La France excellente en matière de gestion des déchets nucléaires ? L'image du Centre de Stockage de la Manche à l'occasion de ses 40 ans voudrait le laisser croire. Mais c'était sans compter le doute semé par le rapport établi par ACRO et Greenpeace.
(oui, il y a encore à Greenpeace des gens qui ne nous baratinent pas avec le climat et qui s'intéressent aux vrais problèmes ! Incroyable !)

           

Ce mardi 22 septembre, ils étaient près de 200 invités à assister au 40 ème anniversaire du Centre de Stockage [de déchets nucléaires] de la Manche (CSM) organisé par l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra). Parmi eux, le député François-Michel Gonnot, président de l'Andra et sa directrice générale Marie-Claude Dupuis, ainsi que de nombreux élus du canton de Beaumont Hague sur le territoire duquel se trouve le site ouvert en 1969, ainsi que d'autres venus de l'est de la France. Pour l'Andra, cet événement était sans aucun doute l'occasion de montrer le résultat d'une surveillance à long terme après fermeture en 1994 d'un centre de stockage de déchets nucléaires, aux élus de l'Aube, dont le territoire est concerné par les centres de stockage en surface et en subsurface de déchets nucléaires de Faible et Moyenne Activité (FMA) et de Très Faible Activité (TFA), ainsi qu'aux élus de Meuse et de Haute-Marne, concernés eux par le stockage souterrain (à 500 mètres sous terre) de déchets nucléaires de Haute et de Moyenne Activité à Vie Longue (HA-MAVL) qui en est pour l'instant à l'état de « laboratoire ».

Le lendemain de cet événement, en ce même lieu, commençait le premier séminaire international sur la surveillance environnementale des stockages de déchets radioactifs organisé par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) dans le cadre du réseau international DISPONET d'échanges sur le stockage des déchets de faible activité. C'est dire que le CSM, premier centre de stockage de déchets nucléaires français situé sur la presqu'île du Cotentin à quelques kilomètres du centre de retraitement de La Hague exploité par Areva, et plus grand centre de stockage de déchets nucléaires d'Europe, sert d'exemple de l'excellence française dans le domaine de la gestion des déchets nucléaires !

Pourtant, dans un communiqué de presse publié hier, Greenpeace France crie au scandale : ''nappe phréatique contaminée, structure d'entreposage qui s'effondre, déchets de longue vie stockés dans des conditions inadmissibles : le bilan du Centre de stockage de la Manche (CSM), le seul centre de déchets nucléaires « fermé » en France est accablant''. Déchets de longue vie ? Dans l'historique du CSM publié sur le site Internet de l'Andra, il est précisé : « Les déchets stockés dans ce centre sont des déchets solides de faible et moyenne activité ». Ce qui ne dit pas s'ils sont de courte ou de longue durée de vie. Mais le rapport de 58 pages réalisé par le laboratoire indépendant d'analyse de la radioactivité ACRO à la demande de Greenpeace France fait état de la présence au CSM de près de 100 kg de Plutonium venus du centre de Valduc du CEA/Direction des Applications Militaires (DAM), qui eux, relèvent de la catégorie HAVL.

Les téléspectateurs du documentaire de Esther Hoffenberg « Au pays du nucléaire » diffusé sur France 2 le jeudi 17 septembre à 22h50 auront sans doute été frappés par l'intervention en réunion de la Commission de Surveillance du CSM de Christian Kernaonet, ancien directeur d'exploitation du CSM. Véritable lanceur d'alerte plein de culpabilité, il s'efforce de faire valoir la nécessité de reprendre les colis de déchets stockés à même le sol dans la première tranchée creusée à l'ouverture du CSM, comme cela s'est fait pour les tranches 2 et 3. Son combat dure depuis 1994-95, date à laquelle il a été muté et, selon lui mis au placard, tandis que les tranches étaient bétonnées pour être recouvertes, que le stockage s'arrêtait portant à 527.000 m3 le volume de déchets radioactifs stockés sur le site et que le centre fermait pour rentrer dans la phase de surveillance. Et que le centre de l'Aube s'ouvrait, en prenant soin de recouvrir d'un toit les alvéoles de stockage le temps du remplissage, pour éviter l'infiltration de la pluie et la contamination des eaux de ruissellement.
''Le CSM a servi de retour d'expérience pour le centre de l'Aube, déclare David Boiley, président de l'Acro. En ré-ouvrant la partie nord et en reprenant les fûts métalliques qui risquent de rouiller et de contaminer la nappe phréatique, le CSM pourrait servir de retour d'expérience sur la capacité de rendre réversible un stockage de déchets nucléaires, la réversibilité étant une des conditions retenues pour le stockage souterrain de déchets nucléaires HAVL''. Il semble que le projet ne soit pas dans l'air du temps. ''En décembre 2008, l'Andra a transmis à l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) un dossier sur l'intérêt de mettre en place une nouvelle couverture en vue d'assurer de façon passive la sûreté à long terme du stockage'', précise l'ASN dans un communiqué.
En attendant, l'ACRO s'inquiète à propos de la rémanence d'un lanceur d'alerte d'un autre genre : le tritium, l'hydrogène radioactif d'une durée de vie de 12 ans. Cet élément présente la caractéristique d'être très mobile. ''Un fût en métal perd spontanément 1% de tritium, précise David Boiley. Cet élément sert malheureusement d'annonciateur de la fuite d'autres éléments radioactifs à l'avenir''. Selon lui, à l'extérieur du site, au pied d'une maison, l'eau à la source du ruisseau Le Grand Bel qui sert d'abreuvoir aux animaux, présente toujours une contamination de 700 Becquerels par litre, soit bien plus que le seuil d'alerte de l'OMS qui impose une surveillance au-delà de 100 Bq/l. A l'intérieur du site, selon les endroits, les piézomètres du réseau de surveillance des eaux souterraines permettant à l'Andra de réaliser des prélèvements donnent des résultats pouvant aller de plusieurs centaines à plusieurs milliers de becquerels par litre. Des résultats de contamination de la nappe phréatique - qui ne sert pas heureusement à l'alimentation en eau potable - expliqués officiellement non par des fuites, mais par un accident du passé. ''En 2006, après la publication de la première version de notre rapport et au moment de l'adoption de la seconde loi sur la gestion des déchets radioactifs, Greenpeace avait fait une percée sur le site et effectué un prélèvement que nous avions analysé, raconte David Boiley. Nous avions trouvé 20.000 Bq/l, soit deux fois plus que les résultats de l'Andra''.
Un véritable combat se joue face à l'Andra avec, au milieu, l'ASN qui s'efforce d'y voir plus clair notamment sur la réalisation des prélèvements. Sans pour autant soutenir l'idée d'une réouverture du site pour un meilleur confinement, aux regards des résultats de la Commission Turpin instituée par Corinne Lepage au moment de la fermeture du site. Alors l'Acro s'interroge : le CSM, un Centre Sans Mémoire ?

Camille Saïsset

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05 octobre 2009

Alerte ! Les débris de plastique vont nous étouffer !!

Si vous n'êtes pas trop regardants sur la traduction google qui jouxte le texte en anglais, vous verrez qu'il y a des bateaux qui se baladent avec d'autres idées en tête que de chercher -à grands frais- à prouver le réchauffement climatique

Jour 51 de Recherches Océanographiques Algalita de vaisseau de l'expédition: une lettre du capitaine Charles Moore

On June 10, 2009 Captain Charles Moore set off on Algalita's Oceanographic Research Vessel for the first leg of a four month expedition from California to past the Northern Hawaiian Islands to test for plastic marine debris. Le 10 Juin, 2009 Le capitaine Charles Moore Partez sur les recherches océanographiques Algalita du navire pour la première étape d'une expédition de quatre mois, de la Californie au-delà du Nord, Îles hawaïennes pour tester les débris marins en plastique.

Captain Moore discovered the Eastern Pacific Garbage Patch, known as the the Pacific Gyre, and he is continuing his research to help all of us understand that the rapid rise in global plastic production is leading to a rise in plastic pollution and its devastating effects on our oceans and our lives. Captain Moore a découvert le Pacifique Est Garbage Patch, connu sous le tourbillon du Pacifique, et il poursuit ses recherches pour aider à nous comprenons tous que la hausse rapide de la production mondiale est en plastique entraîne une augmentation de la pollution de plastique et ses effets dévastateurs sur nos océans et de nos vies.

The field work has been completed and in his final email from this journey, Captain Moore shares his thoughts with us. Le travail de terrain a été achevé et, dans son dernier courriel de ce voyage, le capitaine Moore partage ses réflexions avec nous.

Thank you Captain Moore and crew for these reports and safe travels home! Thank you Captain Moore et de l'équipage pour ces rapports et Bon voyage à la maison!




July 30, 2009 30 juillet 2009
Day 51 Jour 51

Dear Laurie, Chère Laurie,

Onboard Oceanographic Research Vessel Alguita, the field work has come to an end and we are now just 150 miles from Honolulu. À bord navire océanographique Alguita, le travail de terrain a pris fin et nous sommes maintenant à seulement 150 miles d'Honolulu.

The observations we have made of the plastic soup in the North Pacific Subtropical Gyre are fixed in our memories and the hard work of sample analysis will soon begin in our lab. Les observations que nous avons fait de la soupe en plastique dans la gyre subtropicale du Pacifique Nord sont fixés dans notre mémoire et le dur travail d'analyse des échantillons commencera bientôt dans notre laboratoire.

On this 6,500 mile survey, we collected surface trawls, underwater trawls, fish gut contents, fish tissue and over 300 larger objects netted from deck level by the crew. Sur cette enquête 6,500 mile, nous avons recueilli des chaluts de surface, les chaluts de sous-marins, contenu des intestins de poisson, les tissus des poissons et des objets de plus de 300 grandes déduits à partir du pont par l'équipage.

In a year or so, we will be ready to publish our findings in a scientific journal in order to share the disturbing news that when we measure the qualities of ocean water, in addition to salinity and dissolved oxygen, we now need to stipulate the quantity of plastic it contains, since none of our samples have been plastic free. Dans un an ou deux, nous serons prêts à publier nos résultats dans une revue scientifique afin de partager les nouvelles inquiétantes que, lorsque nous mesurons les qualités de l'eau des océans, en plus de la salinité et oxygène dissous, il nous faut maintenant préciser la quantité de plastique qu'il contient, car aucun de nos échantillons ont été en plastique gratuits.

This insidious invasion of the biosphere by our plastic waste is in some ways more alarming for us humans than global warming. Cette invasion insidieuse de la biosphère par nos déchets plastiques sont à certains égards plus alarmant pour nous les humains que le réchauffement climatique. Our bodies have evolved to handle carbon dioxide, the nemesis of global warming, indeed, we exhale it with every breath. Nos organismes ont évolué pour gérer le dioxyde de carbone, la bête noire de réchauffement de la planète, en effet, nous le expirez à chaque respiration.

Plastic, though present in the biosphere from the nano scale on up, is too stable a molecule for any organism to fully assimilate or biodegrade. Plastique, bien que présent dans la biosphère de l'échelle nano sur place, est une molécule trop stable pour tout organisme d'assimiler totalement ou biodégradables. So we have a situation in which a vector for a suite of devastating chemicals, chemicals implicated in many modern diseases, is now invading the ocean, our bodies and indeed, the entire biosphere. Nous avons donc une situation dans laquelle un vecteur pour une suite de produits chimiques dévastatrices, des produits chimiques impliqués dans de nombreuses maladies modernes, envahit aujourd'hui l'océan, notre corps et de fait, toute la biosphère.

The prognosis for improvement in this situation is grim. Le pronostic pour l'amélioration de cette situation est sombre.Globalization is speeding the dissemination of the consumer culture and the throw away lifestyle. La mondialisation accélère la diffusion de la culture de consommation et de la jeter mode de vie. Because plastic is a moisture and vapor barrier, as well as an insulator and tough outer wrapper, it allows products made on the other side of the world to arrive at distant markets in pristine condition, only to become fast-track trash the moment the product is opened. Parce que le plastique est l'humidité et pare-vapeur, ainsi que d'une cape extérieure, isolant et résistant, il permet aux produits fabriqués à l'autre bout du monde pour arriver à des marchés lointains en parfait état, pour devenir la voie rapide-trash du moment où le produit est ouvert.

Virtually none of this packaging is recovered for reuse or recycling in much of the world. Pratiquement aucune de ces emballages sont récupérés pour être réutilisés ou recyclés dans une grande partie du monde. It seems clear to me that the problem of the plastic plague will not be solved within the current economic and political paradigm. Il me semble évident que le problème de la peste en plastique ne seront pas résolus dans le paradigme économique et politique actuelle. Try to imagine what it would be like to have fewer and better products, which are so valued and cared for that each and every one is placed where it really belongs at the end of its useful life, a useful life that is extended, rather than shortened by innovation. Essayez d'imaginer ce que ce serait comme d'avoir des produits moins nombreux et de meilleure qualité, qui sont si appréciés et pris en charge pour que chacune et chacun est placé là où il appartient vraiment à la fin de sa vie utile, une vie utile est prolongée, plutôt que raccourcie par l'innovation.

A place for everything and everything in its place might be the motto of a zero waste world. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place pourrait être la devise d'un monde sans déchets. The driver for this change will have to be people that have come to see that they are happier when they have learned to do with less, simply because it leaves more time for their individual fulfillment, for themselves. Le pilote de ce changement aura d'être des gens qui sont venus pour voir qu'ils sont plus heureux quand ils ont appris à le faire avec moins, tout simplement car il laisse plus de temps pour leur accomplissement individuel, pour eux-mêmes.




The trajectory of modern industrial civilization is towards an ever more unsustainable outcome. La trajectoire de la civilisation industrielle moderne est vers un résultat toujours plus intenable. In order to drive sales growth, products are designed to fail and have to be replaced with the new and improved model. Afin de pouvoir conduire la croissance des ventes, les produits sont conçus à l'échec et doit être remplacé par le modèle nouveau et amélioré. This is known as planned obsolescence. Ceci est connu que l'obsolescence planifiée. Advertising urges us to "keep up with the Joneses." La publicité nous exhorte à «continuer avec les voisins." This is known as conspicuous consumption, consuming as a competitive sport, the one who dies with the most toys wins. C'est ce qu'on appelle la consommation ostentatoire, à consommer comme un sport de compétition, celui qui meurt avec le plus de victoires jouets. Both these trends spell less free time for the individual and more waste littering the planet. Ces deux tendances sort moins de temps libre pour l'individu et plus de déchets qui jonchent la planète.

"Less is More" is truly change I can believe in. "Less is more" est vraiment changer j'en crois po

Thanks, Merci,
Charlie Charlie

Captain Charles Moore Le capitaine Charles Moore
Oceanographic Research Vessel Alguita Navire océanographique Alguita


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24 juillet 2009

Le CO2 est une richesse, dépensons les fonds publics pour le mettre en stock !

Séquestration carbone : le point sur les projets

La France, comme d’autres pays, s’est engagée dans la course à la séquestration carbone, notamment en soutenant l’expérience de Total à Lacq, dans les Pyrénées Atlantiques. Petit tour d’horizon des projets en cours, alors que les discussions vont toujours bon train sur le bien fondé et les dangers éventuels de ce procédé technique.



Karine Le Loët

Journaliste à Terra eco (Paris).

La séquestration et le stockage de carbone (CSC) part d’une idée simple. Si le dérèglement climatique est dû – entre autres - au relâchement de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, pourquoi ne pas pomper le gaz fautif à la base plutôt que de le relâcher ? En captant par exemple le CO2 directement à la cheminée de l’usine avant d’aller l’enfouir loin sous la terre ou la mer, là où il ne pourra plus s’échapper. Simple oui. Du moins, a priori... Car la technique est plus complexe qu’elle n’en a l’air. Coûteuse, elle demande une consommation de combustibles fossiles accrue (il faut de l’énergie pour capter, transporter et stocker le carbone). Pis, pour les associations de protection de l’environnement, elle détourne les financements des énergies renouvelables, vraie solution à la crise énergétique.

Mais la CSC est surtout loin d’être au point. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC), la technologie ne sera disponible à grande échelle qu’en 2030 et fiable... qu’en 2050. En attendant, la France s’est lancée dans la recherche. A renforts de gros sous. En 2008, suite au Grenelle de l’environnement, le gouvernement a lancé un fonds de recherche de 400 millions d’euros réservé au développement des nouvelles technologies de l’énergie. Au cœur de cette cagnotte, 100 millions d’euros ont été affectés à la CSC.Trois projets sont sur les starting blocks.

- Total à Lacq (Pyrénées Atlantiques)

C’est le premier projet pilote français à tester la chaîne complète du processus CSC. Depuis le captage sur la cheminée d’usine jusqu’au sol de stockage. Autorisation du préfet en poche depuis fin mai, Total devrait mettre en route la machine dans les mois qui viennent. Le projet doit tester la méthode dite d’oxycombustion. En clair, il s’agit de remplacer l’air circulant dans la chaudière par de l’oxygène pur. Au bout du conduit, on obtient alors moins de fumée mais une fumée très concentrée en CO2 et plus facile à capter. Le CO2 est alors acheminé par pipeline. Direction : le puits de Rousse, à 27 kilomètres de là. Le CO2 sera alors injecté à 4 500 mètres en lieu et place du gaz naturel qui occupait autrefois les alvéoles de la roche poreuse. Garantie de sécurité, assure Total, cette roche est située sous 2 000 mètres d’argile et de marne qui ont "déjà résisté à la formation des Pyrénées". Ce projet dans lequel Total a investi 60 millions d’euros, est destiné à capter et à séquestrer 150 000 tonnes de CO2 pendant les deux ans que durera l’expérience. Mais l’objectif ultime du pétrolier est d’acquérir un savoir-faire unique en matière de captage de CO2... et d’exporter cette compétence.

Deux associations, Coteaux de Jurançon Environnement et la Sepanso soutenue par France Nature Environnement, s’opposent à ce "projet inutile, coûteux, et à risques pour les riverains". Elles dénoncent le choix aberrant du puits de Rousse comme lieu de stockage. "Nous sommes sur la faille pyrénéenne, sur une zone sismique, souligne Marie-Laure Lambert, membre du réseau juridique de FNE. On ne sait pas si, à long terme, les failles ne vont pas se rouvrir. S’il y a un accident et une évacuation brutale de gaz, le CO2 peut devenir mortel à partir d’une concentration de 20% dans l’atmosphère. Et c’est un gaz indolore et indétectable. Quelqu’un peut le respirer sans s’en rendre compte." L’association souligne aussi le risque pour les sols, dans cette région viticole. "Par les micro-fissures du sol, il peut y avoir des remontées de CO2 et une acidification des sols." Les associations ont attaqué l’autorisation préfectorale le 13 juillet pour demander l’annulation du projet.

- Veolia Environnement à Claye Souilly (Seine et Marne)

Annoncé en mars 2008, le pilote de captage et de stockage géologique de CO2 est toujours dans les tuyaux. Il doit voir le jour à Claye Souilly, en région parisienne. Là, la branche "Propreté" du groupe s’occupe déjà du stockage de déchets non dangereux. D’une pierre deux coups. Veolia s’attèlera désormais à capter le CO2 issu de la valorisation de ces déchets. En effet, lorsque les déchets se décomposent, ils émettent du biogaz. Chauffé, celui-ci produit de la vapeur qui, en entraînant une turbine, fabrique de l’électricité. Sauf que la combustion du biogaz émet aussi du CO2. Veolia s’est donc promis de le récupérer avant de l’injecter dans un aquifère salin. "A 1 500 ou 2 000 mètres de profondeur dans le cas du bassin parisien, [ils] présentent des caractéristiques optimales pour le retenir", souligne le service de communication de l’entreprise. Actuellement, l’entreprise achève de mesurer la faisabilité (technique, environnement, santé, économique, juridique…) du projet et mène notamment des études géologiques pour s’assurer de l’étanchéité du réservoir. L’entreprise promet de capter et stocker ainsi 200 000 tonnes de CO2 par an et de devenir ainsi le site français le plus important dans le secteur. "Si ce programme est concluant, ses applications seront développées au niveau mondial", souligne Veolia.

Là aussi les riverains se rebiffent. L’association de défense de l’environnement de Claye Souilly et ses Alentours (Adenca) soutenue par France Nature Environnement demande notamment une explication publique et des renseignements sur les risques encourus. "Nous n’avons aucune information, ni de Veolia, ni de la DRIR, ni des élus. C’est une véritable Omerta, souligne Mireille Lopez, présidente d’Adenca. On va servir de cobayes et on n’aura pas notre avis à donner." L’association ne cache pas son inquiétude. "Ça va être le premier projet français dans des aquifères salins. Il y a eu quelques essais fait en Norvège mais dans la mer et pas dans un secteur aussi densément peuplé. La couche dans laquelle le CO2 va être injecté couvre tout le bassin parisien, et c’est un véritable gruyère. On ne sait pas où le CO2 risque de ressortir", s’alarme Mireille Lopez.

- Arcelor Mittal à Florange  (Moselle)

C’est sur le site sidérurgique de Florange, qu’Arcelor Mittal doit accueillir une nouvelle expérimentation sur la technologie de CSC. Annoncée en mars le projet consistera à capter le CO2 émis par un haut fourneau avant de le piéger dans des aquifères salins de Lorraine. Coordonné par ArcelorMittal Research au sein du projet Ulcos (Ultra Low CO2 Steelmaking), il fera suite à un projet pilote mené à Eisenhuttentstadt, en Allemagne, sur un autre site d’ArcelorMittal. Prévu pour 2011, le projet devrait durer jusqu’en 2015. Il visite à réduire de 50% les émissions liées à la sidérurgie. Coût de l’opération ? Environ 400 millions d’euros.

Si l’opposition au projet existe, elle se fait peu entendre. Car un tel projet pourrait garantir la pérennité du site de Florange qui emploient 3 500 travailleurs. Or, selon les syndicats, le site nécessite de lourds investissements pour poursuivre son activité au-delà de 2012. A l’heure actuelle, l’un des hauts fourneaux est déjà à l’arrêt.

Ainsi, c'est l'argent des contribuables (celui qui leur fait déjà défaut !) qui va être injecté pour permettre à ces sociétés de mettre de côté une richesse potentielle qu'est le CO2 -voir ci-dessous- avec lequel ils pourrons fabriquer des médicaments et tout un tas de belles et bonnes choses qui sont en train d'être inventées ! Malins !!

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20 juillet 2009

Formons nos élus !

     
www.cniid.org

Le Cniid organise une formation pour les élus sur la gestion  durable des déchets

   

6-7 novembre 2009 à Paris

   

Une autre gestion des déchets est possible : le Cniid s'associe à l'association "Formation et Citoyenneté" pour organiser une formation sur les outils et méthodes permettant aux collectivités locales de relever les défis d'une gestion durable des déchets et d'aller plus loin que les objectifs du Grenelle de l'environnement.

  • Comment construire une politique locale de prévention des déchets ? Pourquoi y intégrer le développement de la réutilisation ?
  • Pourquoi et comment mettre  en place  une fiscalité incitative pour la collecte des déchets ?
  • Biodéchets : quels outils utiliser compte tenu de la diversité de l'habitat ? Quels sont les pièges du tri mécano-biologique et comment produire un compost de qualité ?
  • Comment diminuer de façon significative le recours à l'enfouissement et l'incinération  ?


Des représentants de collectivités et des consultants spécialisés viendront témoigner d'expériences réussies de politique de prévention et de gestion durable des déchets.

N'hésitez pas à transmettre cette information à vos élus et aux représentants de votre collectivité (élus et services techniques) en charge de l'environnement, des déchets, de la voirie ou de l'Agenda 21.

> Télécharger le programme complet et le bulletin d'inscription (pdf)
> pour tous renseignements : 01 55 78 28 60 - formation2009@cniid.org

> Inscriptions auprès de l'association "Formation et Citoyenneté"
M. Roger Flament
contact@formationcitoyennete.org
  Tel : 01 43 79 09 23
  21 ter, rue Voltaire
75011 Paris

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29 juin 2009

Pack "connerie", suite...

Allemagne :   vive polémique sur la séquestration carbone  

     Berlin prévoit l'adoption d'une loi pour la réglementation du captage et du stockage du CO2 avant fin septembre, c'est-à-dire avant la fin de l'actuelle législature. Or, cette loi donne lieu à un affrontement entre partisans et opposants à ce procédé, qui rappelle les beaux jours de la campagne anti-nucléaire.

     Ce ne sont pas des noms d'oiseaux, mais presque. « Provincial ! » s'écrie Volker Hauff, qui préside le Conseil au développement durable. L'ancien Ministre à la recherche et au développement qui conseille la chancelière Angela Merkel dans les questions de développement durable, entend montrer son profond désaccord envers les scientifiques qui, études à l'appui, demandent l'arrêt immédiat du projet de loi sur la capture et la séquestration carbone (CCS – Carbon Capture Storage).« La République fédérale allemande n'est pas une cour de récréation pour RWE et Vattenfall (entreprises énergétiques) », s'insurge de son coté Hermann Scheer, le charismatique président d'Eurosolar et député social-démocrate au Bundestag.

     De quoi s'agit-il ? Le gouvernement fédéral a voté le 1er avril 2009 une proposition de loi pour la réglementation de la séparation, du transport et du stockage à long terme du CO2. Or, le Comité scientifique pour les questions environnementales (SRU) considère que ce texte ne doit pas être adopté dans la hâte, au vu de ses impacts sociaux et environnementaux. Il   plaide pour une autorisation ciblée des expérimentations du CCS à travers une loi de recherche. Par ailleurs, le SRU déplore que l'Etat assure non seulement le financement de la recherche sur le CCS, mais endosse également la responsabilité des risques et des dommages que les puits de CO2 pourraient entraîner sur la population et l'environnement. De fait, la loi prévoit un transfert de responsabilité des opérateurs vers l'Etat 30 ans après la mise à l'arrêt définitif d'un réservoir, comme c'est d'ailleurs le cas dans d'autres pays.

    Il n'en fallait pas tant aux organisations environnementales pour se mettre sur le pied de guerre. Même si le Ministre de l'environnement, Sigmar Gabriel, s'est précipité pour déclarer que la loi ne saurait être assimilée en aucune façon à un « chèque en blanc » pour l'industrie de l'énergie. Ce que contestent les ONG. « Le parti pris inconditionnel du Ministère de l'économie pour les intérêts de l'industrie de l'énergie a miné tout dialogue raisonnable entre les différents partis », déplore   Karsten Smid de Greenpeace.

« Kohlekraft ?   Nein danke ! »

     La connivence entre le monde politique et l'industrie de l'énergie a toujours figuré sur l'agenda des organisations environnementales (voir article lié). Interrogée sur ses positions, RWE renvoie au Centre d'information sur les centrales à   charbon respectueuses du climat (Informationszentrum klimafreundliches Kohlekraftwerk – IZ Klima). Au centre, on cite une étude publiée par l'agence de conseil Prognos, selon laquelle l'application de la nouvelle technologie permettrait de faire baisser les prix à l'énergie – notoirement élevés en Allemagne – et d'assurer la sécurité énergétique du pays. Des positions   reprises par Volker Hauff.

     Mais ces arguments sont bien sûr remis en cause par les ONG qui font le lien entre « déchets carbone » et déchets radioactifs. Quid de la sécurité pour l'environnement et la population en cas de fuite de CO2 ? Qui porte la responsabilité des puits de carbone ? De fait, l'opinion publique allemande demeure largement réticente dès lors que le sujet « centrale à   charbon », avec ou sans technologie CCS, est abordé. Déjà, plusieurs communes sont parvenues – légalement – à arrêter la construction de nouvelles centrales à charbon dans leurs localités.

     La polémique bat   ainsi son plein en Allemagne. L'industrie de l'énergie, soucieuse de polir son image tout en plaidant la cause du « charbon propre », mène des campagnes publicitaires qui ne disent pas leur nom. L'organisation Lobbycontrol, qui a fait de la transparence politique et industrielle son cheval de bataille, dévoile ainsi qui se cache derrière le centre   d'information IZ-Klima : « Le nom même de centre d'information induit en erreur. Il ne s'agit pas d'un   centre d'information ouvert au public, les bureaux ne sont pas accessibles. Au lieu de cela, cette organisation alimente un site internet, organise des rencontres et publie brochures, études et prospectus sur le bien fondé du CCS ». Cerise sur le gâteau, IZ Klima est soutenu   financièrement par les quatre oligopoles énergétiques qui se partagent le marché allemand – EnBW, E.On, RWE Power et Vattenfall Europe. 

     Les opposants ne sont pas en reste. Eurosolar vient ainsi de publier une carte montrant les tracés des futurs pipelines amenés à transporter du CO2 (des pipelines qui passeraient parfois en pleine zone urbaine). Et ce, dans le but clairement   annoncé de pouvoir organiser suffisamment longtemps à l'avance des mouvements de protestations dans les zones concernées. Un mouvement à suivre.                   

     Claire Stam à Francfort (Allemagne)
     Mis en ligne le : 18/06/2009
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     Décidément, l'adoption la semaine dernière par le Parlement Européen du fameux "paquet Climat-Energie" va nous valoir de "beaux" jours pour empêcher le stockage du CO2 sous notre jardin ! Tous ceux qui seront convaincus d'être des "pollueurs" vont se mettre à nous stocker le bel oxyde dans tous les coins pour pouvoir continuer à en produire !! Ubu est roi (et tout ça alors que les scientifiques nous prédisent un refroidissement du climat pour les 20 ans qui viennent !! : une source parmi d'autres : http://www.france24.com/fr/20080430-rechauffement-climatique-ocean-temperature-revue-nature&navi=SCIENCES)

Patrick

 

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28 juin 2009

Stockage et capture de CO2 : une fausse bonne idée ?

Stockage et capture de CO2 : une fausse bonne idée ?
Un article d'Univers-Nature du
 08-06-2009

    

Soutenu par le groupe Total, le projet de captage et de stockage d'une partie du CO2 issue de la centrale thermique située à proximité du gisement de gaz de Lacq dans les Pyrénées, vient de recevoir l'aval du gouvernement au grand dam des associations de protection de l'environnement. Pour celles-ci, en effet, cette technique présente de nombreuses contre-indications, potentiellement préjudiciables à l'environnement, qui réfutent son bien-fondé.

     Comptant parmi les principales récriminations, le caractère énergivore du captage et stockage de CO2 (CSC) est particulièrement dénoncé. En effet, les opérations de capture, de transport et d'injection souterraine de CO2 nécessitent un apport énergétique important. De plus, outre l'augmentation du coût de l'électricité que cela implique, la CSC est une technologie incertaine dont les industriels, eux-mêmes, admettent qu'elle ne sera pas opérationnelle avant 2030. Et, quand bien même deviendrait-elle fiable, elle n'apporte aucunement de solution viable à grande échelle. De fait, selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), il faudrait créer plus de 6 000 installations de CSC, dotée chacune d'une capacité d'enfouissement d'un million de tonnes de CO2 (120 000 tonnes de C02 pendant deux ans pour le projet précité), pour être en mesure de stocker seulement 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

     Pour pragmatiques que soient les précédents arguments, c'est le concept même qui se révèle pour le moins imparfait. Destinée à « mettre sous le tapis » des résidus jugés indésirables, la technique de la CSC ne résout en rien le problème premier, à avoir l'émission de CO2 à la source. Il serait même présomptueux de parler de solution de moindre mal alors même que, dans le cas qui nous occupe, aucune étude indépendante n'a été financée par Total concernant les risques environnementaux liés à l'enfouissement du CO2. En l'absence de celle-ci, les associations environnementales entendent saisir la justice pour s'opposer à ce projet.

Cécile Cassier

     En avant pour le pack "connerie", alors que le CO2 serait bien mieux dans l'atmosphère pour faire pousser les plantes et nourrir l'humanité ! Mais Total n'est sans doute pas si bête, et il doivent avoir une idée derrière la tête, car le CO2 stocké peut, le jour venu, qui sait, se révéler une vraie richesse !!
Et en attendant, c'est nous qui allons payer la note !!!

Patrick

 

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22 avril 2009

Incinération = destruction de richesses + pollution !

La "valorisation" du gaspillage énergétique : tous les moyens sont bons ! Un article en ligne de la lettre du Cniid du 16 avril 2009

pour lire tous les articles de cette semaine : http://www.cniid.org/espace_mailing/lettre_cniid_toxics_20090416.html       

A l'heure du réchauffement climatique* et de la nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'industrie du déchet communique massivement en se présentant comme un secteur producteur d'« énergie verte ». Les incinérateurs sont désormais auto-proclamés « unités de valorisation énergétique » (sic!) et les décharges « bioréacteurs » (re-sic!). Toute cette sémantique très « développement durable » vise à redorer une industrie obsolète dont les populations ne veulent plus. A la tête de cette campagne de « greenwashing », le SVDU, syndicat des exploitants d'incinérateurs, est prêt à tout pour défendre son business. La reconnaissance par les industriels eux-mêmes de la piètre performance énergétique des incinérateurs français sert de prétexte, non pas à la réduction de l'incinération, mais à de nouveaux investissements massifs pour développer de nouvelles unités, éventuellement con nectées à des réseaux de chaleur. Les citoyens seraient de nouveau pris en otage pour des décennies, après les investissements colossaux consentis pour la mise aux normes des usines depuis le début des années 2000. Récemment, la journée technique «  déchets, climat, énergie » organisée par l''Observatoire Régional des Déchets d'Île-de-France (Ordif) a magistralement illustré cette nouvelle dérive : une belle vitrine publicitaire a ainsi été donnée aux exploitants d'incinérateurs et de décharges alors que l'impact positif sur le climat de la prévention ou des alternatives (tri, recyclage, compostage...) n'a été qu'évoqué. La réduction à la source est une expression taboue pour les industriels : elle est pourtant la meilleure solution   pour réduire notablement les émissions de gaz à effet de serre et économiser nos ressources naturelles. L'intervention d'un élu local fut très révélatrice de la situation actuelle : « Je n'y comprends rien ! On nous demande de réduire le recours à la décharge et à l'incinération et vous nous présentez sans cesse ces procédés comme des alternatives ! ».

 

S'appuyant sur les derniers chiffres d'Eurostat (1), le Cniid a de nouveau pointé du doigt le retard de la France qui ne recycle que 16% de ses déchets (13ème rang européen) et n'en composte que 14% (10ème rang). A l'inverse, elle a massivement recours aux filières d'élimination en enfouissant 34% de ses déchets et en en brûlant 36% (5ème rang). Plus du quart des incinérateurs européens sont implantés en France (130 unités) ! L'incinération est une technologie sous perfusion d'argent public freinant les investissements pour le développement d'autres modes de gestion des déchets et de production énergétique moins polluants. Rappelons qu'en 2001, le Parlement européen (2) s'était opposé à l'introduction de l'incinération parmi les sources d'énergie renouvelable expliquant que « cela est en contradiction non seulement avec les réalités scientifiques mais aussi avec l'image de l'électricité « verte  ». De plus cette approche va à l'encontre des efforts déployés par l'Union en matière de prévention et de recyclage des déchets ». À quand des portes ouvertes dans les incinérateurs et les méga-décharges pour la semaine du gaspillage durable ?

(1) Données disponibles ici

(2) Exposé des motifs du vote en deuxième lecture de la Directive 2001/77/CE

contact : David Dabo

*de plus en plus contesté par certains scientifiques, mais c'est une autre affaire... à suivre. Patrick

 

Posté par Ecol_Eau à 11:44 - Gérons mieux nos déchets - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mars 2009

Réduction de nos déchets à la source

Objet : Conférence: La redevance incitative est une clé essentielle pour réussir cette réduction de nos déchets à la source

Bonjour à tous

Merci à tous ceux qui ont pu se déplacer pour la conférence d' Edith Smeesters sur le compostage individuel le vendredi 20 mars à 18H00 à la CCI de Brive.  Ce fut un succès, plus de 300 personnes ! Très appréciée par l'audience car les questions fusaient de partout .... Excellent rappel des bases et astuces du compostage. Vous pouvez voir photo et résumé intéressant sur le lien ci-dessous du site Brive Mag : http://www.brivemag.fr/?p=3179 

 Une autre conférence approche, encore plus importante que la précédente, toujours sur la gestion de nos déchets. Il s'agit de la « redevance incitative » (je paye pour la quantité de déchets que je mets à ma porte)Quelles méthodes de ramassage des déchets doit-on mettre en place pour fortement inciter les citoyens et les entreprises privées ou publiques à mettre moins de déchets dans leur sac noir (déchets résiduels) ?  Et faire en sorte que leurs factures diminuent plutôt qu'elles n'augmentent constamment.  Le résultat doit être moins de déchets transportés sur nos routes, moins de destruction de ces ressources précieuses que sont nos déchets par le biais de l'incinération ou de l'enfouissement.

La redevance incitative est une clé essentielle pour réussir cette réduction de nos déchets à la source.

Et c'est le thème de cette conférence

Ne la manquez pas !

Deux invités de taille :

Dany Dietmann, vice président de la communauté de communes des Portes d'Alsace et instigateur de la pesée embarquée en France. 

Résultat :

90 kg

de déchets résiduels par habitant et par an comparé à nous qui sommes à 360 kg/hab./an ! 

André Le Bozec chercheur au Cémagref et auteur d'un livre sur la Redevance incitative.

Votre présence sera porteuse d'un message clair en direction des élus : qu'il est temps d'agir concrètement et que vous souhaitez prendre part, rapidement, à cette action citoyenne !

Mardi 7 avril à 20h00 dans la salle Escande à la CCI de Brive

10 avenue Général Leclerc - Brive

Entrée gratuite

Cette conférence est organisée par la Communauté d'Agglomération de Brive 

 

Dany Dietmann a pris son bâton de pèlerin depuis plus de 20 ans, il n'a pas compté les milliers d'heures de route, les heures de préparation, les heures de conférence dont il a été l'animateur ; cela sans aucune rémunération personnelle. Il a toujours répondu présent à travers la France; il nous a accueillis (la CAB*) deux jours chez lui et il nous a fait découvrir sa passion : la préservation de la nature. L'eau est sa première passion ; il a convaincu, un à un, plus de 180 agriculteurs/trices de ne plus planter du maïs dans les plaines inondables afin d'améliorer la qualité de l'eau ; il a transformé des étangs pratiquement stériles en de véritables fourmilières d'une faune et flore très riches et variées qui accueillent aujourd'hui de nombreux migrateurs ; Il est aussi l'instigateur d'une très grande maison de la nature construite à même la forêt pour le plus grand plaisir et découverte du public : du filtre à roseaux, parking éclairé au solaire, potagers d'enfants, de la ruche au miel, l' arboriculture, la découverte de l'alimentation des oiseaux, nichoirs d'insectes, le compostage, à l'accueil de jeunes adultes pour des chantiers/découvertes....etc, etc.. Il s'est également énormément investi dans la gestion de nos déchets ; son livre « Déchets ménagers – le jardin des impostures ». Si de nombreux projets  d'incinérateurs ne se sont pas concrétisés, notamment à Thiviers, Clermont-Ferrand,...c'est en grande partie grâce à lui.

 Dany Dietmann et Paul Connett (chimiste américain + de 40 films sur la gestion des déchets) sont les deux personnes qui m'ont fait comprendre qu'il fallait agir et que nous, les simples citoyens, pouvions faire changer les choses si nous devenions des spécialistes sur un thème sans trop nous éparpiller.

 Le thème de la conférence :

La Redevance Incitative

c'est le catalyseur indispensable pour lancer la locomotive d'une prise de conscience accrue des citoyens.

Notre combat c'est le sien ; nous nous devons d'être présents le 7 avril pour l'accueillir chaleureusement.

En vous remerciant toujours pour votre soutien,

Bernard Longpré

Président de Halte Incin' Corrèze

blongpre@free.fr

*CAB = Communauté d'Agglomération de Brive (15 communes pour une population de 80 000 habitants).
 

Posté par Ecol_Eau à 23:59 - Gérons mieux nos déchets - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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