01 mars 2009
Résidus de médicaments dans l’eau
Un message de Pierre Besse:
Bonjour,
Je ne sais pas si vous l'avez eu, je vous envoie ce texte que m'a
signalé Didier Bourrut.
Un texte de plus sur les résidus médicamenteux, une raison de plus de
refuser le principe de l'assainissement par l'égout (filtres plantés ou
pas).
Pierre
Résidus de médicaments dans l’eau : un risque encore mal connu
http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=4248&idThema=2&idSousThema=10&type=JDE&ctx=259 <http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=4248&idThema=2&idSousThema=10&type=JDE&ctx=259>
26/02/2009
La présence de médicaments à l’état de traces dans l’eau a été mise en évidence par de nombreuses études. Si l’impact écologique est avéré, l’impact sanitaire pour l’homme -encore mal connu- serait indissociable de celui lié à l’exposition à de multiples polluants. Face à ce risque émergent, les mesures réglementaires apparaissent insuffisantes.
par Sabine Casalonga
Aspirine, paracétamol, ou anti-épileptique: ces molécules au bénéfice évident pour l’homme figurent désormais sur la liste des polluants environnementaux. Le sujet est sous le feu des projecteurs depuis la publication du rapport de l’Académie de pharmacie (1) en septembre dernier et le colloque organisé par le ministère chargé de la santé en octobre. «Une prise de conscience politique des effets de la pollution chimique est à l’œuvre», commente Hélène Budzinski, directrice du laboratoire de physico-et toxico-chimie de l'environnement au CNRS. Pourtant la mise au jour des premiers résidus de médicaments dans les effluents de stations d’épuration remonte aux années 70. Mais il faudra attendre les années 2000 et les progrès des méthodes d’analyse pour identifier de plus faibles quantités et des molécules plus variées. Les faits sont de nature à inquiéter: des traces de médicaments ou de leurs dérivés ont été mesurés dans tous les milieux et sur tous les continents. Leur présence est avérée dans les eaux de surface, les eaux souterraines et résiduaires, les boues des stations d’épuration -utilisées en épandage agricole- et même dans l’eau potable! Les concentrations sont faibles, cependant: de quelques nanogrammes par litre (ng/l) à quelques centaines de microgrammes par litre (µg/l).
D’où proviennent ces polluants? Principalement des rejets naturels (excréments et urines) humains et animaux suite à la consommation de médicaments, ou de ceux non utilisés et non recyclés, qui se retrouvent dans les effluents des stations d’épuration. En effet ces stations n’ont pas été conçues pour traiter les médicaments et les éliminent à des taux variant entre 30 et plus de 90% selon les substances. Or, la consommation de médicaments n’a cessé de croître depuis plusieurs décennies dans les pays industrialisés. En France, 4e consommateur mondial, 3.300 molécules sont commercialisées.
Les rejets par les établissements de soin sont particulièrement préoccupants car ils contiennent des anti-cancéreux et des produits radioactifs, des molécules toxiques, peu dégradées et persistantes dans l’environnement. Avec le développement des soins de chimiothérapie à domicile, l’enjeu des anti-cancéreux est énorme, souligne Hélène Budzinski.
Autre source d’inquiétude majeure: la contamination de l’eau potable. Une étude conduite dans le cadre du plan national Santé-environnement (PNSE I) a démontré la présence d’une vingtaine de substances médicamenteuses dans les eaux potables sur 141 sites en France, confirmant les résultats d’études internationales. «Les doses retrouvées (de l’ordre du ng/l) étant largement inférieures à celles utilisées dans le cadre thérapeutique (de l’ordre du mg/l), le risque de toxicité aiguë s’avère nul. En revanche, des incertitudes demeurent quant à l’impact à long terme d’une exposition chronique à de faibles doses», explique Benoît Roig de l’Ecole des mines d’Alès et coordinateur du projet européen Knappe.
De fait, à faibles doses, des substances perturbatrices du système endocrinien -incluant les contraceptifs oraux- peuvent altérer la reproduction et le développement de certains poissons et invertébrés, mais n’auraient pas d’impact direct chez l’homme. «Cependant, un effet significatif dû à l’exposition combinée avec d’autres perturbateurs endocriniens (bisphénol A, phtalates, PCB, pesticides) agissant en synergie, n’est pas à exclure», souligne Eric Vindignan, directeur du Cemagref de Montpellier et ancien responsable du programme national Pnetox (2). «Il ne faut pas isoler la problématique des médicaments de celle des autres polluants», renchérit Hélène Fenet du CNRS de Montpellier. L’impact des antibiotiques sur la prolifération de bactéries résistantes est également suspecté.Face à ces incertitudes, l’Académie de pharmacie prône la surveillance des populations les plus sensibles, comme les enfants ou les femmes enceintes, et incite à développer les travaux de recherche. L’optimisation des techniques de traitement des eaux est également préconisée, mais le coût associé constitue un frein. La réglementation serait également insuffisante. La directive-cadre sur l’eau (3) exige bien une évaluation des impacts écotoxicologiques pour toute nouvelle molécule thérapeutique, mais celle-ci ne constituerait pas un argument suffisant pour interdire la mise sur le marché. En outre, aucun médicament ne figure dans la liste des polluants prioritaires à analyser dans l’eau potable. «Tant que les preuves de toxicité ne seront pas avancées, la réglementation ne pourra pas être modifiée», conclut Benoît Roig. La version provisoire du PNSE II, dont le texte officiel devrait être rendu public en mars, intègre bien la définition d’un plan de gestion des résidus de médicaments dans l’eau (4), mais cela paraît bien léger.
Apporter des réponses aux questions en suspens permettra sans doute de mieux cerner la réalité du risque. Parmi ces interrogations figure celle du devenir des dérivés de médicaments (métabolites) au cours des traitements et dans les eaux, jusqu’à présent rarement étudié; celle de l’impact environnemental de nombreuses molécules telles que les tranquillisants, le Viagra ou les nanotechnologie; et enfin l’évaluation de leur présence dans les sols et les aliments, les apports liés aux éventuels transferts alimentaires à l’homme étant encore inconnus.
/(1) «Médicaments et environnement», Rapport de l’académie nationale de pharmacie (septembre 2008)
(2) Programme national d’écotoxicologie, lancé en avril 1996 par le ministère chargé de l’environnement pour une durée de 5 ans
(3) Directive 2000/60/CE établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l'eau
(4) Dans le JDLE «PNSE II: les principaux volets du projet»/dans le JDLE :
PNSE II: les principaux volets du projet <http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=25899&idThema=5&idSousThema=29&type=JDE&ctx=66>
Médicaments dans l'environnement: enfin une évaluation du risque <http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=27151&idThema=2&idSousThema=10&type=JDE&ctx=66>pour aller plus loin :
Communiqué du ministère de la santé <http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/passerelle.asp?id=4248&ctx=259&op=EXT&idThema=2&page=www%2Esante%2Djeunesse%2Dsports%2Egouv%2Efr%2Factualite%2Dpresse%2Fpresse%2Dsante%2Fcommuniques%2Fresidus%2Dmedicaments%2Deau%2Ehtml%3Fvar%5Frecherche%3Dr%25C3%25A9sidus%2520m%25C3%25A9dicaments>
Rapport de l'Académie de pharmacie <http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/passerelle.asp?id=4248&ctx=259&op=EXT&idThema=2&page=www%2Eacadpharm%2Eorg%2Findex%2Ephp%3FPAGE%3Drapport>
Directive-cadre sur l'eau <http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/passerelle.asp?id=4248&ctx=259&op=EXT&idThema=2&page=europa%2Eeu%2Fscadplus%2Fleg%2Ffr%2Flvb%2Fl28002b%2Ehtm>
*Commentaires :*
28 février 2009 - 16:49
Laurent TURIN *Mr POSOCCO*J'adhère tout à fait à la remarque de Mr POSOCCO. Il serai judicieux de chercher à réduire la consommation de médicaments, de se tourner vers les remèdes de "BONNE FEMME" ou FAMOUS c'est à dire de bonne réputation qui ont fait leurs preuves: ACUPUNCTURE, HYGIENE de VIE, HOMEOPATHIE, HERBORISTERIE, etc……
27 février 2009 - 10:50
Mattheus Oshida *2 remarques*Deux remarques : - à nouveau, les pouvoirs publics ne traitent qu'une partie du problème de la qualité des eaux. La circulaire RSDE est parue au mois de janvier, qui ne vise qu'un type d'émission, les émissions industrielles. Sans me faire l'avocat du diable, je constate qu'on tape à nouveau sur les cibles faciles et qu'on épargne les plus sensibles : les pollutions agricoles et les pollutions urbaines (même si les DTEP peuvent participer volontairement au dispositif, mais on sait à quoi on aboutira au final). - dans ce dossier, l'industrie pharmaceutique et dans une moindre mesure les praticiens sont responsables en grande partie de la situation. Je crois qu'on a tous vu une infirmière ou un médecin prélever une fraction d'une dose de médicament et rejeter au lavabo la partie inutilisée.
26 février 2009 - 17:55
florence lebrun *prendre le prb à la source*SI les sources d'émission sont répertoriées, pourquoi ne pas traiter le problème à la source (hôpitaux, laboratoires...) même si des filières spécifiques sont déjà en place : traitement des effluents par des unités spécifiques avant rejet sur le réseau général. Trouver les failles du sytème et se poser la question sur les émissions diffuses dues aux traitements de ville.
26 février 2009 - 17:08
Marie Christine Ladouce *Aller plus loin*Voici quelques informations concernant la recherche sur ce sujet: Le projet européen KNAPPE (Knowledge and Need Assessment on Pharmaceutical Products in Environmental water), projet coordonné par l'école des Mines d'Alès (www.knappe-eu.org) La faculté ENAC (EPFL à Lausanne) recherche depuis quelques temps une dépollution de ces micro polluant par les plantes au niveau des Step http://enac.epfl.ch Au niveau lémanique, la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) vient de consacrer sa dernière lettre sur ce problème. Si vous avez d'autres renseignements je suis prenante, nous sommes tous cocernés
26 février 2009 - 16:33
Arthur Posocco *revenir à l'origine*Tout cela est bien beau ! Mais ne faut il pas prendre en compte l'origine du problème ? En effet on constate que de plus en plus de médicaments sont consommés d'où, suite logique, les traces résiduaires dans les eaux usées puis de rivière et voire même dans l'eau potable. La question qui se pose instinctivement est : quel traitement peut être efficace pour les supprimer s'il y a une nocivité ? Ne faut-il pas poser la question dans l'autre sens : ne serait-il pas plus judicieux de revoir les traitements médicaux parfois inapropriés afin de réduire la consommation de médicament ?
26 février 2009 - 16:09
Francis Legrand *idéologie, non. Cohérence, oui*si j'ai bien lu l'article, je note que les dépôts endocriniens modifient certains biosystèmes, et peuvent impacter l'homme. Certains invoquent les mêmes arguments pour demander l'interdiction des OGM. Pourquoi pas tenir le même discours pour les contraceptifs ? Question de cohérence, pas d'idéologie (d'ailleurs, l'idéologie ne serait-elle pas du côté de ceux qui ne veulent pas se pencher sur cette question des contraceptifs polluants, de peur de mettre un coin dans certaines idéologies Beauvoiriennes ...). La question des risques de cancer et somme toute annexe.
26 février 2009 - 15:49
Channac-Mongredien Yann *Gare au troll*Au risque de nourrir le troll, je répondrais que si vous aviez bien lu l'article, vous demanderiez aux associations écologistes de prôner l'interdiction des anti-cancéreux et des antibiotiques en priorité, bien avant celle des contraceptifs. A moins bien sur que le vrai argument soit d'ordre idéologique.
26 février 2009 - 15:39
Francis Legrand *les contraceptifs sont polluants ?*la pillule contraceptive est donc foncièrement anti-écologique. Pourquoi les pouvoirs publics ont -ils masqué cette réalité depuis la loi Neuwirtz ? Un scandale en perspective, auquel on pourrait ajouter le fait que le risque de cancer s'accroit avec la durée d'utilisation des pillules contraceptives. Pourquoi les représentants d'associations environnementales ne demandent-ils pas en conséquence l'application du principe de précaution et donc la suppression des contraceptifs polluants et pourquoi ne pronent-ils pas à la place les méthodes de régulation naturelle des naissances : c'est à la fois l'homme et la nature qui sont en jeu.
14 janvier 2009
Le nouveau guide "Des toilettes sèches ... à la maison"
Toilettes du Monde vient de sortir une mise à jour 2009 du guide Des toilettes sèches ... à la maison
Je vous en livre l'introduction afin de vous mettre l'eau à la bouche :
INTRODUCTION
Le tri sélectif des ordures ménagères permet une valorisation des déchets très efficace (le recyclage)
et donc, en parallèle, des économies de ressources naturelles. Ce fonctionnement est rendu possible
grâce à une collecte séparée des différents types de déchets au niveau de chaque foyer. Lorsque ce
principe n’est pas appliqué, que l’on mélange tous les déchets, la valorisation devient nettement
moins bonne : les papiers sont souillés par les restes de nourriture, les déchets organiques sont
pollués par des débris divers, etc. Au final le papier ne peut plus être recyclé en papier mais
seulement en carton, le compost issu des déchets organiques sera de mauvaise qualité et il reste en
bout de chaine un mélange de déchets non valorisables qui finit à l’incinérateur ou dans une
décharge.
Non non, ce petit détour par le domaine des déchets ménagers n’est pas du tout hors sujet. Si
aujourd’hui tout le monde a compris pourquoi la mairie vous demande de ne pas mettre les
épluchures de légumes dans votre poubelle je trie, les gens sont moins convaincus quand on leur
parle de toilettes sèches. C’est pourtant à peu près le même sujet : une toilette sèche est à un
système d’assainissement ce que votre poubelle je trie est à la gestion des ordures ménagères. Et
nous allons parler ici de collecte séparée, de traitement adapté et de valorisation.
Mais si la mairie vous incite à respecter les consignes de tri, elle ne vous demande probablement pas
de vous mettre aux toilettes sèches mais plutôt de raccorder vos WC et le reste de vos eaux usées à
l’égout ou éventuellement de faire installer un assainissement individuel. Cette approche classique de
l’assainissement où tout est mélangé dans les mêmes tuyaux n’est pourtant pas sans conséquences.
Il faut néanmoins reconnaître que les WC et les systèmes d’assainissement conventionnels ont
permis des améliorations non négligeables de l’hygiène, de la santé publique et de la qualité des
cours d’eau par rapport à la situation il y a une centaine d’années. Mais ils reposent sur une logique
de traitement commun des eaux usées et des excréments humains, approche qui montre de plus en
plus ses limites : forte consommation d’eau potable, coût élevé, protection insuffisante de
l’environnement, gaspillage de ressources etc.
Les eaux usées domestiques sont composées de deux parties aux caractéristiques très différentes :
les eaux grises (éviers, lavabos, douches, lave-linge et lave-vaisselle) et les excréments
généralement évacués par un système de chasse d’eau créant ainsi les eaux vannes. Pourquoi alors
ne pas mettre en place une collecte séparée et des traitements adaptés aux caractéristiques de
chacune de ces parties ? C’est ce que proposent les techniques alternatives de l’écoassainissement
qui, nous en sommes convaincus, ne pourront que se développer dans les années à venir, comme
cela se passe aujourd’hui pour le tri des déchets.
L’écoassainissement ne se limite pas aux toilettes sèches. Il existe aujourd’hui tout un panel de
techniques permettant d’équiper n’importe quel type de bâtiment, depuis la ferme isolée jusqu’à
l’immeuble de bureau en centre urbain. Développées dans des projets pilotes en Allemagne, en
Suisse, en Suède et ailleurs en Europe, elles sont encore quasiment inconnues en France. Plusieurs
projets sont détaillés dans les fiches techniques de la GTZ1. L’écoassainissement propose aussi des
techniques très simples et à bas coût, souvent de type toilettes sèches, pouvant être installées dans
les pays en voie de développement.
***
Nous allons nous pencher ici plus spécifiquement sur les toilettes sèches. Vous trouverez dans ce
guide des explications sur les grands principes de l’écoassainissement, une présentation des
différents types de toilettes sèches, des précisions sur la gestion des « sous-produits » des toilettes
sèches, des informations techniques pour installer des toilettes sèches chez vous, une liste de
contacts et de fournisseurs et quelques sources d’informations pour aller plus loin.
Il a été réalisé afin de répondre aux demandes d’informations de plus en plus fréquentes et auxquelles
nous avons parfois du mal à répondre directement par manque de temps. Nous espérons qu’il pourra
vous aider à mieux comprendre le fonctionnement des toilettes sèches et à choisir celle qui vous
conviendra le mieux. Nous vous conseillons de prendre le temps de le lire en entier avant de vous
lancer dans la mise en place d’une toilette sèche. Ne faites pas l’impasse sur les aspects sanitaires
(chapitre 3) et sur la gestion des sous-produits (chapitre 4), deux sujets à ne pas survoler.
N’hésitez pas à nous transmettre vos remarques et vos retours d’expériences à l’adresse
contact@tdm.asso.fr.
***
Bonne lecture,
L’équipe de Toilettes Du Monde
pour lire la suite, connectez-vous au site de Toilettes du Monde (voir en lien ci-contre)
09 décembre 2008
Nouveau blog Rés'Eau
Le Réseau a un nouveau blog
Suite au salon Bâtir Ecologique de la Villette le w.e. de fin novembre où nous nous sommes égosillés (Mima et Gab 3 jours et moi le
dimanche) sur le stand du Réseau National pour l'Assainissement Ecologique pour donner toutes les infos que demandait le nombreux public
très intéressé, il est apparu qu'il manquait un site de référence dédié
uniquement au RNAE, où les gens de toute la France pourraient
trouver l'assoc ou l'entreprise qu'ils cherchent près de chez eux. La
liste des signataires du communiqué était affichée sur le stand et il
fallait chercher dedans le nom qui correspondait à la demande et
c'était peu pratique. On nous a demandé souvent une adresse unique
de référence du Réseau, qui n'existait pas. Plutôt que d'indiquer
désormais les sites perso d'Empreinte ou d'Eau Vivante qui comportent
des listes des autres, ou celui-ci qui les donne en lien, on a décidé avec Mima de faire un blog dédié au
RNAE et à lui seul. Je m'y suis collé dès mon retour : il est
perfectible, car j'ai mis les infos que je trouvais ici ou là et il
demande des corrections qui viendront les jours prochains.
Donc le nom de ce blog est Rés'Eau (en lien ci-contre lui aussi) mais pour le voir à partr d'un moteur de recherche il faut faire :
http://rnaereseau.canalblog.com
(c'est peu lisible, mais c'est RNAERESEAU en minuscules, r n a e
n'étant pas possible tout seul...)
Chaque structure qui le désire pourra en devenir administrateur et ainsi y corriger ou augmenter sa partie et la gérer dans le temps: c'est une solution démocratique qui oblige au respect mutuel et à la solidarité entre les associations et les entreprises. D'autre part, l'adjectif "national" accolé au réseau s'est révélé trop limitant : certains proposent "francophone" à la place, j'aurais aimé qu'on l'appelle directement international mais c'est sans doute anticipé : dans quelques années peut-être ? En attendant d'en changer officiellement le nom, on peut y faire figurer des stuctures de pays limitrophes sans problème.
J'attends vos commentaires. Patrick
17 novembre 2008
Des toilettes à l'eau de pluie ?
L'eau de pluie dans les toilettes ? Une fausse bonne idée !
La récupération de l'eau de
pluie a été ces dernières années un projet porté par beaucoup d'écologistes ou
simplement de gens de bonne volonté soucieux de ne plus gaspiller l'eau potable
pour la mélanger aux excréments. Conscients que la potabilisation de l'eau
représentait une dépense importante pour la société, ils s'étaient rendus
compte qu'il était urgent de l'économiser. Dans plusieurs pays notoirement en
avance sur la France, la chose est courante et deux réseaux d'eau cohabitent
dans les bâtiments, celui d'eau potable et celui d'eau de pluie.
Certains sont allés plus loin et
ont entrepris de potabiliser eux-mêmes l'eau de pluie afin de la consommer, grâce
à un système de filtration domestique destiné à éliminer les poussières de
fumées, les pollens et autres impuretés voire les contaminants qui pouvaient
s'y trouver : selon où l'on vit, l'eau de pluie peut être chargée en
éléments insalubres qui risqueraient de mettre en cause la santé des buveurs
car les pluies acides dues aux concentrations d'industries ne sont pas plus
utiles pour notre organisme que les pesticides résiduels additionnés de chlore
de nos eaux du robinet. Ainsi la solution au problème de l'approvisionnement
des réseaux passerait par une filtration
soignée (charbons actifs, osmose inverse, membranes silicones, etc.,
éventuellement suivis d'un rééquilibrage du PH et dans certains cas d'une
« ré-information » spéciale tendant à redonner de nouvelles qualités
vitales à cette eau désormais pure) qui rendrait leur utilisateur autonome par
rapport à ceux-ci et permettrait même à ceux qui désirent se soustraire aux
réseaux d'approvisionnement d'en être totalement indépendants : on voit la
corrélation que font certains avec l'utilisation d'épuration individuelle qui
ne nécessite plus de raccordement aux réseaux de tout-à-l'égout.
Autant cette utilisation de
l'eau de pluie pour la consommation humaine, si elle est menée dans de bonnes
conditions sanitaires, de stockage par exemple (à l'abri de l'air et de la
lumière, enterré hors chaleur, etc.) peut être une solution efficace, non
seulement à la difficulté d'approvisionnement, mais aussi comme régulateur des
précipitations et de leurs conséquences en générant des économies financières
de surcroît, surtout pour ceux qui ont de grosses consommations, autant cette
utilisation de l'eau de pluie dans les toilettes pose un problème majeur :
elle implique la pérennisation du système du mélange des eaux vannes avec les
eaux grises, c'est-à-dire leur pollution. La difficulté à les épurer à la
sortie se trouve être la même que si cette eau provenait du réseau public, ce
qui veut dire qu'on s'est arrêté à mi-chemin de trouver une véritable solution
qui rompe avec le système actuel gaspillage/pollution.
Il est donc beaucoup plus
judicieux d'utiliser des toilettes sans eau ou Toilettes Sèches, que ce soit de
type rustique à copeaux ou Toilettes à Litière Bio-maîtrisée, de type plus
artisanalo-industriel comme les toilettes nordiques à séparation des urines et
stockage interne, ou d'autres types encore expérimentaux ou à inventer,
utilisant l'air comprimé par exemple pour évacuer les excréments dans une cuve
de stockage extérieure, en ville par exemple. Mais pourquoi l'eau de
pluie ? Pour la boire donc, pour les machines à laver, les douches, les
bains sans retenue, le jardin, le lavage de la voiture, etc. sans mauvaise
conscience. Et peut-être un jour pour remplacer l'essence dans le réservoir de
la voiture ?
C'est là que les groupes de
pression de distribution de l'eau se sont inquiétés : et si tout le monde
s'y mettait ? Quel manque à gagner ! Ainsi est sorti au mois d'août
dernier l'arrêté concernant l'utilisation de l'eau de pluie : interdiction
formelle de son utilisation pour la consommation humaine et obligation de
double réseau identifié et utilisation pour les toilettes uniquement ! Le
contraire exactement de ce que la raison impose !
Ainsi, la personne de bonne
volonté, n'ayant pas réfléchi au problème plus que ce qu'espère le législateur,
se mettra-t-elle en quatre pour récupérer à grands frais l'eau de son toit pour
la polluer aussitôt dans ses toilettes et envoyer tout cela sans compter
puisque sans compteur dans les stations d'épuration qui ne connaîtront pas la
crise, comme dit la chanson, avant d'être rejetée dans la rivière en tuant tout
sur son passage, mais avec la bonne conscience en plus en croyant avoir bien
mérité de la Planète. La perversité de cette loi est pire en fin de compte dans
ses effets que si elle s'était contenté de ne pas exister, car contrairement à
ce qu'on voudrait nous faire croire, ce n'est pas « déjà ça », ou
« mieux que rien », mais c'est pire que tout : qui, ayant
dépensé une petite fortune en 2009 ou 2010 en cuve, terrassements, tuyauteries
se portera volontaire en 2010 ou 2011 pour passer aux toilettes sèches ?
Avoir fait tout cela pour rien ?
Ainsi
cette loi est la meilleure façon d'empêcher les gens de passer aux toilettes
sèches et de diminuer les rejets dans les égouts et les stations d'épuration.
Pourtant, si les épurateurs craignent d'être mis au chômage, qu'ils songent que
tous les rejets d'eaux grises font déjà une quantité impressionnante de litres
d'eaux grasses, de lessives, de shampooings, de petits déchets organiques à
épurer, auxquels ajouter des tonnes d'eaux de pluies plus ou moins boueuses ce qui devrait suffire à leur
bonheur sans avoir à y rajouter les excréments de toute une population
captive ! Ils pourront bientôt utiliser les roselières géantes qui leur plaisent tant en sortie d'égout, ce qui confèrera un aspect champêtre à leurs stations qui pourront ainsi rejeter leurs eaux épurées dans le milieu en toute quiétude. Il faut d'urgence modifier la loi du 29 août (qui est de plus rétroactive !) pour permettre à nos concitoyens de boire librement les eaux de leurs toitures !
Patrick Bousquet de Rouvex, votre serviteur
04 novembre 2008
L'expo itinérante: une question de dignité
Un sujet tabou s’expose à Lyon : Les Toilettes, une question de dignité
Lyon - Paris, le 31 octobre 2008
Du 10 au 12 novembre prochains, une exposition très particulière s’installera au cœur de la ville de Lyon, place Bellecour. Les ONG Triangle Génération Humanitaire et Toilettes du Monde et la Coalition Eau (réseau d’ONG françaises) ont décidé de briser le tabou de l’accès à l’assainissement et de s’adresser aux citoyens ainsi qu’aux collectivités locales pour les alerter et les mobiliser. C’est par une conférence de presse que les organisateurs ont décidé d’inaugurer l’ouverture de cette exposition originale, qui dévoilera les enjeux majeurs et pourtant méconnus du manque d’accès aux toilettes dans le monde. Alors que l’année internationale de l’assainissement déclarée par l’ONU s’achève bientôt, cette exposition vient nous rappeler l’urgence d’agir.
Plus de 2 milliards d’êtres humains subissent quotidiennement les graves conséquences du manque de dispositifs d’assainissement : ils ne disposent tout simplement pas de toilettes ! Et pourtant, la communauté internationale tarde à réagir. A l’occasion de l’année internationale de l’assainissement, des ONG ont décidé de briser le silence et le désintérêt qui entourent cette question fondamentale, en faisant voyager à travers le monde l’exposition Les toilettes, une question de dignité. L’initiative, développée par la German Toilet Organization et soutenue par les Nations Unies (UN Water), a déjà fait parler d’elle dans plusieurs pays du monde. C’est maintenant au tour de la France de prendre le relai.
Les ONG organisatrices entendent contribuer à une meilleure prise de conscience en mettant le doigt sur un des principaux fléaux des pays en développement : 2ème cause de mortalité des enfants de moins de 5 ans, impacts sanitaires lourds causés par les maladies hydriques, entraves économiques, dégradations environnementales, et même, comme le démontre l’exposition, entrave de poids au niveau de l’éducation des enfants, le problème de l’accès aux toilettes devrait tenir une place centrale dans les questions de développement international. Cédric Bréda, de Triangle Génération Humanitaire, précise « A titre d’exemple, des études menées par l’UNICEF ont montré que le taux de scolarisation des filles dans un pays comme le Bengladesh pourrait croître de 11% par la simple installation de dispositifs sanitaires dans les écoles ».
Mais l’évènement ne se limite pas à un exercice de sensibilisation : il incite citoyens, médias et collectivités locales à se mobiliser autour d’actions internationales qui sont à leur portée. Au cœur des leviers proposés par la Coalition Eau, la possibilité pour les citoyens français de s’impliquer activement pour encourager leurs maires à renforcer les actions de coopération décentralisée entre collectivités locales du Nord et du Sud. Pour Pauline Savary, de l’ONG Toilettes du Monde, « Le problème de l’accès à l’assainissement n’est ni une fatalité ni un problème insurmontable : il suffit d’une volonté politique forte au niveau local et d’un soutien international plus conséquent. Les Français se sentent très concernés par la solidarité internationale : voici une occasion de se mobiliser efficacement auprès de nos partenaires du Sud ». Enfin, c’est aussi l’occasion de s’interroger sur une réalité qui ne concerne pas exclusivement les pays en développement : aux portes de la France ou même à l’intérieur de nos frontières, le problème est parfois loin d’être réglé…
L’exposition, qui s’installera sur la place Bellecour à Lyon du 10 au 12 novembre, mettra en scène, sur fond de couleurs atypiques, des silhouettes à taille humaine confrontées très concrètement à l’absence de toilettes. Des murs d’information, des flyers sous forme de coupons de papier hygiénique, des kits d’information plus complets et une équipe prête à expliquer toutes les facettes du problème constituent les ingrédients de cet exercice de sensibilisation-mobilisation. Une conférence de presse ouvrira ces journées, en présence d’élus locaux, le lundi 10 novembre 2008 à 15 heures. Avec cette exposition et les messages qui y sont associés, la Coalition Eau, Triangle Génération Humanitaire et Toilettes du Monde veulent contribuer à la résolution de ce dossier tabou et pourtant majeur.
Contacts Presse
Cédric Breda => cedric.breda@trianglegh.org - 06.30.49.54.25 – Triangle GH / Responsable de la cellule technique Eau – Hygiène - Assainissement
Pauline Savary => pauline.savary@tdm.asso.fr, 04 75 26 29 98 – Toilettes du Monde
Majda Bouchanine => coordination@coalition-eau.org, 01 41 58 50 54 – Coalition Eau, Réseau de 24 ONG pour l’accès à l’eau et à l’assainissement
Pour plus d’informations
Un dossier de presse est à la disposition des journalistes. Téléchargeable sur : http://www.coalition-eau.org/spip.php ?rubrique30
Site de la Coalition Eau : www.coalition-eau.org
Site de TGH : www.trianglegh.org
Site de Toilettes du Monde : www.tdm.asso.fr
Site international coordonné par la German Toilet Organization : www.sanitation-is-dignity.org
IMG/pdf/CP_Expo_Lyon_Nov_2008.pdf (PDF, 55.7 ko)
27 octobre 2008
Les Assises de Lons le Saunier : report de décisions
La lettre du réseau Aquatiris
Le 27 Octobre 2008,
Comme promis, voici les nouvelles des 5èmes Assises nationales de l'Assainissement Non Collectif qui se sont déroulées les 15 et 16 Octobre dernier à Lons Le Saunier dans le Jura.
Cette édition était très attendue, du fait de la présentation décryptée des nouveaux textes réglementaires à venir, et en particulier celui qui abrogera l'arrêté du 6 Mai 1996. Ces nouveaux arrêtés sont encore dans les bureaux européens, reviendront en France début décembre et après modifications éventuelles des Ministères français, devraient normalement sortir pour janvier 2009.
Nous avons été ravis de participer à cet événement, et avons eu le grand plaisir de constater que les Ministères de l'Environnement et de la Santé sont ouverts à l'innovation technique, dont les filtres plantés. Bien entendu cette ouverture ne doit pas laisser la porte ouverte à « tout et n'importe quoi » : toutes les nouvelles filières devront subir un protocole de validation (y compris les microstations). Ce protocole est en cours de rédaction par l'AFSSET (Agence française de sécurité sanitaire du travail et de l'environnement), et sera prêt courant 2009.
L'atelier de présentation des résultats de notre programme de recherche a été très bien accueilli par un public nombreux, composé d'élus, de techniciens Spanc mais aussi de scientifiques. Vous pouvez télécharger ci-dessous la présentation du résumé de nos travaux de recherche, en version imprimable.
En attendant la sortie des nouveaux arrêtés, c'est toujours celui du 6 Mai 1996 qui prévaut. Il faut donc l'accord de votre Maire pour installer une phytoépuration, n'hésitez pas à imprimer notre document pour votre Spanc et/ou votre Maire. Ce que l'on peut attendre pour l'avenir, est un protocole de validation des nouvelles filières accessible aux filières plantées. Pour cela, il faut attendre encore un peu ...
A bientôt pour d'autres nouvelles
Edwige LE DOUARIN / AQUATIRIS
25 octobre 2008
Filtres plantés : une obligation de résultat ?
La technique du filtre planté n'étant aujourd'hui réglementairement
admise que dans l'assainissement collectif, il est assez naturel de
s'appuyer sur l'expérience acquise en collectif pour mettre au point et
évaluer les filtres plantés en individuel. Mais il est à mon sens erroné
de les considérer comme astreints à des "performances" en terme de
qualité de l'eau en sortie de filtre, tant que l'eau épurée n'atteint
pas le milieu hydraulique naturel. Je reviens toujours là-dessus, ça
doit être un peu agaçant, mais jusqu'à maintenant je n'ai pas vu de
démonstration contraire.
Il est très intéressant d'apprendre que les filtres plantés livrent une
eau conforme aux normes s'appliquant aux stations collectives rejetant
en rivière, et pour cette raison ce travail est très utile. Dans le cas
où un particulier est contraint de rejeter au réseau hydrographique, il
peut défendre le choix d'un filtre planté en s'appuyant sur ce résultat.
Cependant il serait bon de savoir si c'est aussi le cas avec
l'ammoniaque et les nitrates, au moins.
Mais dans le cas de quelqu'un qui infiltre l'eau traitée sur sa
parcelle, ces normes n'ont aucun sens. Je crois qu'il est important de
le reconnaître, parce que ça nous ouvre une grande marge de manoeuvre
pour mettre en place des systèmes nettement plus simples que le filtre
planté, et d'autre part ça décharge celui qui a fait un filtre planté de
l'obligation de faire des analyses et de justifier des résultats.
Tant que l'eau traitée est infiltrée sur place, les seules prescriptions
légales sont celles du Règlement Sanitaire Départemental : ne causer ni
nuisances, ni pollution de l'eau, ni risque sanitaire notable. Peu
importe la teneur en MES, DBO et DCO de l'eau en sortie, le sol se
chargera de ça quelle que soit la concentration. Ce qui compte c'est que
ça ne pue pas, et qu'on puisse argumenter que le risque sanitaire est
maîtrisé.
Il est utile de produire des résultats d'analyse au stade où on est
aujourd'hui, de début de discussion avec l'administration, mais par la
suite il faut faire reconnaître le bien-fondé du choix du filtre planté,
et libérer les particuliers qui le choisissent de toute obligation
d'analyses.
Le point le plus délicat à argumenter sera sans doute la question
sanitaire, en particulier le risque lié à la présence des matières
fécales fraîches en surface des premiers bassins. Les analyses en sortie
de filtre ne servent à rien face à cette question, qui se pose aussi
avec les composteurs de toilettes à litières. On pourra toujours
argumenter que les filtres plantés collectifs marchent comme ça depuis
quinze ans, sans poser de problème notoires, et que l'épandage des boues
d'épuration n'a à ce jour donné lieu à aucun recensement d'une
quelconque contamination directe par des pathogènes. D'autre part on
pourra aussi argumenter que si la matière fécale composte correctement
en surface des bassins de filtres plantés, elle compostera tout aussi
bien en surface du sol, dans des systèmes de géoépuration recevant des
eaux vannes. Et à ce moment là, on aura vraiment fait un pas en avant, à
la fois sur le plan technique et sur le plan politique.
Il y a une option politique fondamentale dans l'arrêté de 96, c'est le
choix de définir en haut lieu les seules solutions acceptables, et de
les imposer au particulier. Cette logique débouche aujourd'hui sur une
autre, encore plus grave, qui consiste à imposer l'utilisation de
matériel homologué (impossible de faire soi-même son système), et dans
la foulée à imposer des contrôles de plus en plus fréquents, de plus en
plus tatillons, et de plus en plus coûteux. On le voit bien avec le
contrôle technique automobile, avec les multiples diagnostics demandés
lors de la vente ou de la mise en location d'un logement, avec la
vignette pour les balances commerciales, etc.etc. Certaines de ces
contraintes ont un sens, au moins au départ, mais il est clair que de
plus en plus souvent il s'agit seulement de tondre le mouton un peu plus
ras, au profit d'une boîte privée de préférence, et sans aucun bénéfice
collectif réel.
On peut concevoir que des techniciens en assainissement n'aient pas
envie de mener un combat politique, mais je crois important de signaler
que si nous ne prenons pas un peu de hauteur par rapport à la technique,
si nous nous laissons prendre au culte de la "performance" sans voir
qu'elle n'a parfois aucun intérêt, nous nous laisserons enfermer dans le
meilleur des mondes écologiques.
Pierre Besse
16 octobre 2008
Le retraitement de l'azote des urines coûte cher
Dans
la Newsletter Actu-Environnement du 16/10/2008, on peut découvrir la
vidéo présentant la nouvelle usine d'Achères en Région Parisienne sous
le titre :
Traiter l'azote ammoniacal des eaux usées. L'usine
de nouvelle génération, de grande compacité et technicité située à
l'entrée du site Seine Aval, l'unité de traitement des pollutions
azotées complète les installations existantes pour traiter notamment
l'azote ammoniacal issu de l'urine et jusque-là rejeté tel quel dans la
Seine.
Cela
fait un énorme complexe qui a coûté des milliards, pour enfin dépolluer
l'eau rejetée dans le milieu aquatique depuis des décennies en sortie
de station d'épuration et qui tue tout sur son passage. On nous faisait
croire que les stations d'épuration épuraient !!! Quelle blague !
Maintenant elles vont épurer un peu mieux ! Il était temps. Un jour, quand on arrêtera de mélanger fèces, urines et eau (potable ou de pluie, c'est pareil !), on n'aura plus besoin de dépolluer !!
En attendant, le remède est nécessaire, hélas.
Comme
dit Catherine Reymonet avec amertume : "On nous oblige à pisser dans
l'eau et ensuite on se casse la tête à
faire des machins compliqués et coûteux pour enlever la pisse de l'eau
; faire et défaire, c'est toujours travailler, disait l'autre ; et ça
crée du PIB ; alors, de quoi se plaint-on ?"
Pierre Besse est plus
sévère : "On nous présente une usine consacrée au traitement de l'azote
des eaux usées de la moitié de la population parisienne, à Achères. En
service depuis novembre 2007, et on nous dit que jusque là, l'azote de
cette population n'était pas traité, et rejeté dans la Seine. On nous
dit que le premier objectif est de supprimer l'ammoniac, en le
transformant en nitrate, et que le second est d'éliminer ce nitrate en
le renvoyant dans l'atmosphère (dénitrification).
L'ammoniac est hautement toxique, il tue les poissons à partir de
seulement 2 mg/litre. La STEP d'Auch que nous avons visité il y a deux
ans nous a dit être astreinte à un maximum de 5 mg/litre dans ses
rejets, sans qu'on puisse savoir si elle respecte vraiment cet objectif.
Visiblement, on compte sur le dilution avec l'eau de la rivière pour
abaisser le taux d'ammoniac à moins de 2, mais en été, il n'y a pas
beaucoup d'eau dans le Gers, et cette eau provient elle-même déjà pour
un bonne part (50 %?) de STEP en amont. Alors?
On ne nous dit pas si la nouvelle station d'Achères élimine vraiment
l'ammoniac, par contre on nous dit qu'elle élimine 30% des nitrates. Et
les 70% restants? Mystère.
Cette station occupe 5 ha, c'est 5 ha définitivement perdus pour la
production alimentaire, soit 50 personnes de moins à pouvoir se nourrir
sur Terre, ad vitam eternam. Elle a consommé 900 tonnes de métal rien
que pour les tuyaux, et combien de béton, de plastique, de matériaux
toxiques? Elle a coûté 475 millions d'euros, soit près de 100 € par
habitant, et elle coûte combien pour son entretien? Combien de temps
elle va pouvoir fonctionner? Et après ce temps, qu'est-ce qu'on fait?
On nous dit qu'il reste beaucoup de STEP qui ne sont pas "aux normes".
Si les normes c'est ça, à quoi ça sert de mettre à grand frais toutes
les stations aux normes?
Pour nous consoler, on nous dit qu'on a dépensé 13 millions d'euros pour l'"intégration paysagère" de ce monstre.
C'est vraiment le grand n'importe quoi, pourvu qu'on puisse prétexter le bien public et couler toujours plus de béton, fondre toujours plus de métal, pomper toujours plus de taxes et nourrir toujours plus d'ingénieurs.
L'azote est soluble dans l'eau, c'est bien le problème, mais le problème de l'azote dans l'eau est rigoureusement insoluble. La seule solution c'est de ne pas l'y mettre.
La critique de l'assainissement collectif conventionnel est notre premier devoir, et je devrais dire de l'assainissement collectif tout court, car pour le moment je ne vois pas d'alternative écologique pour le traitement de l'eau des réseaux d'égout, parce que les stations collectives à filtres plantés ne font guère mieux que celle-là, tout en occupant beaucoup plus de place."
Fort de ce constat, on comprend qu'il est plus que temps de
reprendre le problème à zéro, c'est à dire au niveau des toilettes de
tout un chacun.
Que ce soit le salon Pollutec ou l'usine de dénitrification d'Achères,
comme la crise financière mondiale ou l'affamement des populations,
tout cela existe par conséquence des actes des générations de millions
d'humains qui nous ont précédé et par enchaînement des causes et des
effets qui ont abouti où nous en sommes. Il n'y a pas lieu de pavoiser,
mais ça ne sert à rien -sinon à se faire plaisir à bon compte- de le
déplorer encore et encore, si ce n'est pas suivi d'effet, c'est à dire
tant que nous ne nous sommes pas donnés les moyens de changer la
situation ; ce qui ne veut pas dire qu'on y arrivera ! Le problème avec
tous ces gens qui ont très envie de faire des affaires, c'est qu'ils
s'y prennent apparemment bien mieux que ceux qui voudraient changer la
donne... Leur appétit ou leur convoitise est un puissant levier pour
se bouger le cul, rencontrer leurs homologues, traficoter leurs
magouilles et réussir leurs coups ; alors que nous en sommes encore à
récriminer : je le répète, agissons maintenant plutôt que de réagir.
Les analyses sont faites, elles sont justes ; les coupables sont
démasqués et on voit qu'il aurait fallu faire autrement que ce qui a
été fait. Mais le monde est ainsi. Ou bien on se lamente, ou bien on
cherche et on propose des solutions ; les têtes du "monstre" repoussent
comme celles de l'hydre, donc il faut changer de tactique et maintenant
que les millions de tonnes de tuyaux et de bétons sont posés et que
l'on nous a fait les poches, on en hérite et on ne peut pas récuser cet
héritage, hélas ! Bienvenue dans le monde réel !!
J'en reviens à ce que je disais hier: proposons des nouveaux systèmes
de chiottes pour appartements qui n'envoient plus les excréments des
Franciliens et des autres à Achères ou ailleurs, ce qui permettra de
revendre la ferraille des tuyaux au poids (c'est un bon investissement,
car le prix de la ferraille augmente sans cesse !) C'est exactement
comme pour les centrales nucléaires : sans être un spécialiste, on sent
bien que ce n'est pas le top, aussi on développe fissa les ENR, et on
se donne les moyens de se passer de ces putains de centrales avant
qu'elles ne nous pètent au nez. Car tant qu'on n'a pas de solution de
remplacement, les centraliens ont beau jeu de nous dire qu'on ne peut
pas s'en passer et que c'est un risque supportable car inévitable. Et
là aussi, les prophètes de la réduction drastique de la consommation
perdent leur temps car la consommation augmente inexorablement, quoi
qu'ils disent.
On peut constater que la société change essentiellement en fonction des
évolutions technologiques : internet et les portables ont modifié les
communications et les grèves à La Poste n'y pourront rien ! Georges
Marchais a eu beau vomir le Grand Capital, celui-ci ne l'a même pas
regardé, sauf pour en rigoler. Par contre, trente ans après, le Grand
Capital se prend de lui-même les pieds dans le tapis et les libéraux
frissonnent à l'idée que l'Etat rachète les banques en difficulté ! Ce
n'est qu'en allant au bout des processus qu'on peut sortir la tête de
l'eau. Les méga-usines des mines du temps de Zola ou des constructions
de bagnoles du temps du Front Populaire étaient des monstres d'acier
polluantes qui consommaient énormément d'énergie, en particulier
humaine : elles disparaissent les unes après les autres au grand dam
des élus politiques locaux, non du fait des ennemis des montres d'acier
qu'on aurait soudainement écouté, mais parce qu'on a trouvé mieux pour
fabriquer les bidules qu'on consomme aujourd'hui ! Les bagnoles sont
faites en plastique par des robots et les fabricants de portables ont
construit des ateliers new-tech en Chine. Et si un jour les bagnoles
disparaissent, ce sera parce qu'on a trouvé mieux, moins cher,
consommant moins, et non parce qu'on aura écouté les avertissements de
René Dumont ! Donc ce n'est pas en déplorant les usines qui remplissent
aujourd'hui le rôle qu'on attend d'elles pour remédier à une situation
existante, déplorable certes, mais réelle qu'il convient de se
manifester, mais il faut accélérer les évolutions et imaginer le
meilleur et peser de tout son poids pour que les recherches, les
investissements, les décisions des politiques aillent dans le sens qui
nous convient le mieux afin de hâter l'obsolescence de ces machins, et
rendre le terrain à l'agrobiologie communautaire... Méthanisation et
compostage permettront d'y arriver. En tout cas, c'est ce qui me plaît
dans le fait d'exister sur cette planète aujourd'hui, parce que sans
cette envie d'avenir-là, ce serait à désespérer, et la vie est ainsi
faite que celui qui désespère est supplanté par ceux qui vont de
l'avant, même si c'est dans la mauvaise direction. On a notre mot à
dire, disons-le !
Patrick
15 octobre 2008
Tri sélectif et toilettes sèches en ville
Selon le sondage publié cette semaine par La Vie, l'incinération est mise sur le même plan que
le tri sélectif parmi les "bonnes pratiques environnementales" ! Ils n'ont
évidemment pas même entendu parler de la méthanisation... Le bout du
tunnel est encore loin ! La nouvelle civilisation que l'on veut créer n'est pas pour
aujourd'hui, ni même peut-être pour demain ; après-demain, peut-être ?... Quand au tri sélectif, j'ai bien l'impression que ce n'est pas le fait de la grande majorité de la population, sauf si elle y est amenée par la main... Bon, ceci dit, cela dépend sans doute des régions. J'avoue que je ne sais pas
comment ça se passe dans la région de Toulouse par exemple qui semble exemplaire, mais en Corrèze, il y a encore du
boulot : il n'y a pas plusieurs poubelles dans nos campagnes, le SIRTOM
d'ici nous met un ou deux containers (à destination de l'incinérateur) où l'on
peut tout flanquer si on ne prend pas la peine de prendre sa voiture et
d'aller porter les verres ou les papiers et plastiques (qu'on a entassé
où l'on peut) dans les containers ad hoc, souvent situés à plusieurs centaines de mètres ! Ceux qui ont la flemme ou
pas le temps ou pas la place pour entasser mettent à la poubelle et hop
: je suppose que ça doit faire pas mal de monde... Surtout quand on
apprend que les plastiques et les papiers finissent en partie eux aussi
dans l'incinérateur, pour l'aider à brûler !! Ca donne peu d'entrain pour
séparer à la source ! Mais dans les villes comme à Reims où vivent mes
parents, ils distribuent aux gens plusieurs poubelles et les négligents
sont sanctionnés par du scotch rouge collé par les éboueurs sur les
poubelles mal remplies avec amende à la troisième infraction ! Donc là,
le pli est pris peu à peu : la carotte et le bâton, vieille histoire !
En fin de compte, les toilettes sèches et les phyto, c'est un des
éléments du tri sélectif des déchets en général et non une question
connexe ; mais on peut parier que c'est ce tri sélectif-là qui sera le
plus difficile à faire admettre aux "gens" de faire, bien plus que les
papiers et plastiques. Pour en revenir à la discussion sur les TS en
ville, le système dont parle Orszagh me paraît être le plus à creuser :
une évacuation par haute pression d'air, car le stockage, le transport
et la valorisation par les habitants des immeubles eux-mêmes n'est
guère envisageable quand on a connu l'évacuation par eau. Comme le problème principal est l'utilisation de l'eau, on peut penser que
l'air peut jouer ce rôle. Donc il faut envisager d'y consacrer de
l'énergie... électrique j'imagine. Et donc il faut, pour avoir des
matières citadines à composter, et si possible à méthaniser, utiliser
des énergies renouvelables pour actionner ces "chasses d'air" et ainsi
le méthane peut fournir cette énergie: ce seront donc les toilettes
elles-mêmes qui fourniront l'énergie nécessaire à leur évacuation !
Génial, non ? Et il restera de l'énergie pour autre chose en plus, et
on pourra ensuite le valoriser en agriculture. Qu'attend-on ? Au boulot
! La machine est lourde à mettre en marche, n'attendons plus.
Patrick
01 octobre 2008
Un tas de compost émet-il des Gaz à Effet de Serre ?
Pierre Besse : "Concernant les émissions de GES par les composts. Il y a deux types
de gaz à effet de serre susceptibles d'être émis par un tas de compost :
- D'un côté des gaz réduits (comme les chimistes les qualifient), qui ne
peuvent être engendrés que dans des conditions anaérobies ou
quasi-anaérobies; ces gaz ont généralement un très fort pouvoir de
contribution à l'effet de serre, comme le méthane qui est 40 fois plus
puissant de ce point de vue que le gaz carbonique. Ces gaz sont
également malodorants en général. Ils ne peuvent atteindre l'atmosphère
que lors des phases de retournement du compost, pendant quelques jours.
Le reste du temps, même s'ils sont générés dans la masse du tas, ils
sont oxydés en traversant la couche superficielle du compost et
transformés en CO2 et composés inoffensifs.
- De l'autre du CO2, issu de la décomposition des matières par les
animaux et micro-organismes du compost. Ce CO2 est un gaz à effet de
serre, mais en l'occurrence, comme il provient de matière organique
contemporaine, il est innocent de toute contribution à l'effet de serre
artificiel. C'est seulement le CO2 issu des matières organiques
fossiles, et celui résultant de la destruction des milieux naturels que
l'ont peut accuser de contribuer à l'effet de serre artificiel, pas
celui résultant de la respiration des animaux et microbes décomposeurs,
qui n'est qu'une phase indispensable du cycle de la vie.
Dons on ne peut reprocher au compostage que de libérer un peu de gaz
réduits s'il est particulièrement mal géré, c'est à dire s'il est à la
fois trop engorgé et trop souvent retourné. En tout cas il n'est pas
possible de lui reprocher le CO2 résultant de la respiration aérobie."







