J'ai reçu ce texte de Christophe Varnier, enseignant à Brive,  qui me dit :

"Au regard de ce qui se passe dans l'education nationale avec la     réforme:
   

- du collège et des secondes cette année
      - des 1ère et terminales dans 1 et 2 ans respectivement
   

   

je te propose de lire le courrier que j'ai adressé à mon chef     d'établissement. Tu peux le publier sur ton site su tu veux "
Ce que je fais volontiers, comme je l'ai fait pour son texte sur les OGM. Le voici tel quel :
   

"Au niveau où le processus de réforme est engagé, j’imagine que vous attendez des professeurs un retour sur la forme de la réforme.

Permettez-moi avant tout de m’exprimer sur le fond, car la question est d’importance.

Nous sommes arrivés à l’ère du développement durable souhaité par tous parce que, se dit-on, nous ne pouvons qu’espérer que nos sociétés et nos économies se développent et qu’elles le fassent de manière durable. Mais l’analyse de ce concept révèle une réalité bien différente.

1) Rappel historique pour comprendre les processus à l’œuvre dans ce nouveau concept qu’est le développement durable

Dès 1968 Le Club de Rome développe ses théories d’épuisement des ressources naturelles. La Conférence de Stockholm décide  de doter l’ONU d’un Programme des Nations Unies pour l’Environnement, dont la présidence est confiée à Maurice Strong. En 1988 le rapport Brundtland inspire le G7 de Toronto où il est décidé de placer le développement durable au cœur des politiques de chaque nation, et de créer le GIEC , dont la mission consiste à étudier la responsabilité humaine dans le changement climatique et de proposer des solutions d’atténuation et d’adaptation. Le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 entérine ces décisions et les Etats signent l’Agenda 21, programme d’actions pour le développement durable du 21ème siècle, qui s’impose alors à eux, et l’ONU met en place la commission du développement durable chargée de suivre sa mise en œuvre au niveau mondial. Parallèlement une certaine « société civile » se constitue, qui ne représente pas l’ensemble des citoyens, mais plutôt des groupements d’intérêts : puissantes ONG et associations en tout genre (WWF, Greenpeace, Les Amis de la Terre, Réseau Action Climat…), agissant en dehors des règles démocratiques classiques. Le pacte de Nicolas Hulot, transmué en Grenelle de l’Environnement, sans consultation du peuple, des députés ou sénateurs, et en présence d'Al Gore, de José Barroso et Nicolas Stern en est l’illustration. Un « document d'orientation préliminaire » sur l'éducation au développement durable, a été rendu par le groupe 22 de travail du Grenelle sur l'éducation au développement durable début janvier 2008. Il propose un cadre sur les questions de la pédagogie, de partenariat, de formation et de financement pour le champ scolaire. L'éducation au développement durable (EDD) y est jugée indispensable pour tous les types d'établissements d'enseignement, à tous les niveaux. Entre temps, le mandant de l’ONU n’a plus rien à voir avec celui que lui confiait la Charte des Nations Unies de 1945. Elle a acquis un pouvoir exorbitant en matière d’expertise. D’une organisation inter-étatique, elle est entrain de devenir une organisation supra-étatique, un organe directif qui tend à limiter la souveraineté des états membres.

 

2) Réchauffement climatique et responsabilité humaine

Dans le domaine scientifique, rappelons que les incertitudes existent, et même qu’elles existent de manière fondamentale. Toute tentative pour les éliminer par voie réglementaire – le GIEC qui déclare « Il n'y a plus de place pour la discussion, le réchauffement est avéré » ou bien tel homme politique qui entend imposer sa vision – sont inacceptables sur le plan scientifique, car cela relève du dogme ou de la religion. L’Académie des Sciences elle-même n’a pas pu trancher en faveur ou non de la responsabilité du CO2 dans le réchauffement car il n’y a pas de consensus entre ses membres. Alors que le climat a 5 milliard d’années, comment vouloir en effet prédire un climat avec 200 ans de mesure (soit 40 milliardième de l’échantillon complet) et autour d’un gaz dont la teneur varie en permanence dans le temps et dans l’espace et qui s’établit autour de 0.03% ?

Le prétendu consensus au sujet du réchauffement et de sa cause anthropique n’existe pas. Des dizaines de milliers de scientifiques réfutent cette thèse (31000 signataires aux USA tel que, McIntyre, Richard Lindzen, Roy Spencer pour les plus célèbres d’entre eux, la totalité de l’Académie des Sciences russe…). En France, je regrette qu’on s’imagine facilement que Claude allègre fasse cavalier seul. On ne saurait ignorer les propos de Vincent Courtillot, directeur de l'Institut de Physique du Globe de Paris, membre de l'Académie des Sciences ainsi que ceux de feu, Marcel Leroux, Professeur émérite de climatologie et directeur du Laboratoire de climatologie, risques et environnement.

Enfin et surtout, le scandale du Climategate, qui jette un doute sur la rigueur des climatologues et des données du réchauffement. Les données piratées sur le site des climatologues britanniques du Climatic Research Unit (CRU) révèlent que l’hypothèse du réchauffement climatique dû à l’homme résulte de trucage des données, voire de fraude généralisée, ainsi que de manœuvres destinées à empêcher la publication d’articles scientifiques non conformes à l’orthodoxie du GIEC et à salir les scientifiques contestataires. Puis des soupçons de conflits d’intérêts portant sur Rajendra Pachauri, président du GIEC font douter de l’objectivité et de l’indépendance du Groupe d’Experts. Idem pour Al Gore avec son film « Une vérité qui dérange » que la justice britannique a condamné pour mensonges et tromperies. La crédibilité du Groupe est tellement entamée que l’ONU s’est résolue à commander une enquête confiée à l’InterAcademy Council .

 

3) Mesures économiques

Je ne m’attarderais pas sur l’aspect spéculatif des droits d’émission de carbone qui pourrait très bien déboucher sur une nouvelle bulle économie verte, à effet aussi néfaste que toutes les autres bulles auparavant - où Al Gore Maurice Strong et Rajendra Pachauri occupent une place de choix au travers de Generation Investment Management et du Chicago Climate Exchange et sa filiale European Climate Exchange – ni sur la déstabilisation des marchés agricoles par la promotion des agro-carburants. Je me limiterais simplement à l’aspect industriel.

La part du CO2 anthropique français dans l’atmosphère est de : 0.0001% Nous voulons révolutionner notre mode de vie et mettre une croix sur le progrès pour 1 millionième de l’atmosphère ! La variation ne serait même pas décelable si l’on cessait toute émission de l’activité humaine française. Pourtant, le Paquet Energie Climat mettra fin à l’attribution gratuite de quotas au profit de la mise aux enchères et obligera au 01/01/2013 à une baisse très significative des émissions pour atteindre en 2020 -20%, voir -30% des émissions de 1990 et en obligeant la mise aux enchères de tous les quotas ! Devant ce risque énorme de surenchère du droit d’émission de carbone, les industriels ont menacé de délocalisation pour rester compétitifs pendant qu’un petit nombre d’entre elles sauront certainement s’adapter à la demande de nouveaux produits, mais pour combien de temps et au grès des subventions publiques, non pérennes par définition (ex : marasme actuel dans le secteur des agro-carburants et des panneaux photovoltaïques). Nos politiques n’attendent que la reprise économique, mais créent des dispositifs anti-croissance, anti-économique favorisant la délocalisation et les importations ! Pire, si l’on s’en tient à l’engagement pris par les pays signataires à Bali en décembre 2007, entre aujourd’hui et 2050, en partant d’une base 100, les 38 pays développés verront baisser leurs émissions de carbone de 53 à 11 (soit -80 %) tandis que les 129 pays en voie de développement verront, avec une hypothèse de croissance de 6%/an, leur émission de carbone passer de 47 à 242. Tandis que les émissions mondiales auront donc augmenté de 152%, la part des pays industrialisés passera à 4% et celle des pays en voie de développement à 96% ! Donc la production des gaz à effet de serre continuera, le CO2 non émis par les pays industrialisés étant produit par les pays en développement et cela provoquera un transfert technologique considérable et une régression énorme de nos entreprises !

Les états Européens seront les plus touchés par le contrôle des esprits et des comportements (contrôle de ce qui sera produit, et de ce qui sera offert à la consommation) et ils seront ceux qui perdront le plus de créativité et qui gâcheront le plus de finances publiques, au nom du refus du progrès scientifique.

La culpabilité écologique est un luxe de pays développé et on voit mal la Chine, l’Inde, et plus généralement les pays émergeants contribuer à la mise en place d’un programme de leur propre politique environnementale. Le monde en développement ignore totalement ces fausses alarmes climatiques, parce que leur priorité est de résorber le plus rapidement possible leur retard économique et industriel. L’Europe, et surtout la France, font chevalier seul, dans un processus qui prévoit des taxes carbone, des paquets énergie climat. Or nous ne sommes qu’une nation de 2nd ordre, bien moins influente que la Chine ou les USA. Nous n’entraînerons donc personne derrière nous alors qu’en adoptant le Paquet énergie climat, l’Union européenne s’inflige un handicape économique de taille et la décroissance et l’appauvrissement pourraient bien en être la rançon.

 

4) Conclusion :

Nous devons bien entendu être soucieux de conserver à notre planète son caractère accueillant aux hommes. Mais pour cela il faut abandonner les idéologies de l’écologisme au profit de l’écologie, fondée sur la connaissance scientifique et la non ignorance des incertitudes. C’est cette connaissance qui doit servir de base à l’éducation de nos jeunes, mais aussi à la formation de leur esprit critique. Sans recul scientifique aucun, et au détriment de l’objectivité et la lucidité qui devraient prévaloir en matière de transmission d’information et de valeurs, l’Education Nationale impose aux professeurs de formater les esprits en leur assenant tous les thèmes à la mode. Je le regrette.

Je vous demande de m’excuser pour ce long exposé auquel vous ne m’aviez pas convié, et qui sort de mes compétences professionnelles. Cependant, je crois qu’il faut que les citoyens aient une vision élargie de toute cette trame pour qu’ils puissent se faire une opinion."

Christophe VARNIER

Le chef d'établissement sera-t-il sensible à ce discours ? Prendra-t-il la peine d'y répondre ? On verra bien.