Ondes électromagnétiques
Le Professeur Belpomme et le professeur Montagnier s'unissent pour
alerter la population sur les conséquences dramatiques des ondes sur
notre santé favorisant cancers et leucemies. http://www.artac.info/static.php?op=Accueil.txt&npds=1 Newsletter Appel de Paris n°29 - Février 2009 Intolérance aux champs électromagnétiques : les recherches de l’ARTAC
«Il
y a six mois, je n’avais pas connaissance de ce que de nombreux malades
appellent l’‘‘électrohypersensibilité’’» indique le Pr Dominique
Belpomme, président de l’ARTAC. «Après avoir examiné une quarantaine de
ces personnes, je me suis rendu compte qu’il s’agissait de vrais
malades, comme le sont ceux que je soigne à l’Hôpital Européen Georges
Pompidou». Au nom du principe de précaution, les pouvoirs publics
doivent donc prendre rapidement des mesures sur l’utilisation des
technologies sans fil, principalement les antennes-relais, le wifi et
la téléphonie mobile. Mais au-delà, il faut prendre en charge les
personnes qui souffrent, et prévenir la population des risques qu’elle
encourt, surtout les enfants et les femmes enceintes, car le fœtus est
très vulnérable. L’électrosensibilité est reconnue en Suède et
considérée comme un «handicap».
>
> «En réalité, il faut
distinguer l’intolérance aux champs électromagnétiques de la
sensibilité aux champs électromagnétiques (‘‘électrosensibilité‘‘)», ajoute le Pr Belpomme. «Le
syndrome d’intolérance que nous venons de décrire au plan des symptômes
permet l’établissement d’un diagnostic, tandis que la sensibilité aux
champs électromagnétiques est caractérisée par des paramètres
biologiques, toxicologiques et/ou génétiques expliquant que certains
sujets sont malades et d’autres pas. Le syndrome d’intolérance aux
champs électromagnétiques pourrait concerner un beaucoup plus grand
nombre de nos concitoyens ». C’est pourquoi l’ARTAC mettra donc tout en
œuvre pour défendre ces malades aujourd’hui ignorés par les pouvoirs
publics, mettre au point des méthodes préventives et thérapeutiques, et
tenter de prémunir nos concitoyens contre les graves problèmes de santé
publique qui s’annoncent. Que ceux qui en sont conscients nous
rejoignent.
Le syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques
Sur
la base de 88 dossiers médicaux, l’ARTAC a établi une description du
syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM). Deux
phases sont distinguées: tout d’abord, un stress cellulaire consistant
en céphalées, troubles neurologiques touchant la sensibilité
superficielle et profonde, et troubles de l’attention et de la
concentration; puis vient une période d’état, caractérisée par une
atteinte du système nerveux central qui se manifeste par la survenue
d’une triade symptomatique consistant en insomnie, fatigue et
dépression. Ces symptômes peuvent s’associer à des troubles du
comportement – irritabilité, agressivité, voire tendances suicidaires.
Au niveau du diagnostic, le SICEM se caractérise par plusieurs
critères: l’absence d’une autre pathologie explicative des symptômes,
un échodoppler cérébral pulsé anormal qui témoigne d’une vitalité
nettement diminuée d’un très grand nombre de régions du cerveau et
l’augmentation dans le sang de plusieurs protéines de stress cellulaire
dont la protéine HSP27. En outre, on a pu mettre en évidence chez la
moitié des malades une baisse dans les urines du taux de mélatonine,
appelée aussi ‘‘hormone des décalages horaires‘‘,
car elle assure au plan chronobiologique le bon fonctionnement de notre
horloge interne, qui nous permet de vivre en harmonie avec les rythmes
jour et nuit de notre environnement. Or c’est à peine en quelques mois
que l’ARTAC a pu décrire ce syndrome et surtout en définir les critères
du diagnostic, grâce à une équipe de médecins et de biologistes qu’elle
a constitué.
Le Pr Luc Montagnier, Prix Nobel de Médecine en 2008, rejoint l’ARTAC
Pour
cette description, l’ARTAC a bénéficié de l’expérience du Dr Béatrice
Milbert, médecin généraliste, du Dr Nehmetallah Awaïda, biologiste, du
Dr Philippe Lebar, radiologue, et de Madeleine Madoré, pharmacienne:
des professionnels de santé fidèles au serment d’Hippocrate qui stipule
qu’un médecin doit tout faire pour soulager les souffrances… A partir
de ce noyau dur, l’équipe de recherche constituée et coordonnée par
l’ARTAC au plan international a apporté son soutien scientifique. En
matière de champs électromagnétiques, cette équipe comprend le
physicien Pierre Leruz (Rennes), le Pr Olle Johansson du Karolinska
Institute (Suède) et le Pr Lennart Hardell, épidémiologiste (Suède),
qui travaille en relation étroite avec les chercheurs de l’ARTAC depuis
de nombreuses années. Enfin, le Pr Luc Montagnier, Prix Nobel de
Médecine 2008, a rejoint l’ARTAC en acceptant de présider son Conseil
Scientifique et d’éclairer les travaux de l’association grâce à sa
précieuse collaboration. Ainsi cette équipe a-t-elle mis en place un
protocole de recherche qui permettra de mieux comprendre les mécanismes
biologiques du SICEM. Dans un premier temps, des tests de provocation
vont être effectués: des malades seront soumis à des champs
électromagnétiques afin de mesurer les réponses induites au niveau
cérébral.
L’AFSSET sollicite l’expertise de l’ARTAC
En
2005, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du
travail (AFSSET) avait déjà publié un rapport sur les téléphones
portables qui ne permettait pas d’établir l’existence d’un risque
sanitaire. L’AFSSET doit à nouveau produire un rapport en juillet
prochain, et dans ce cadre, a auditionné le Pr. Belpomme le 28 janvier
dernier. Trois heures d’exposé pendant lesquelles le cancérologue a
insisté sur les dangers potentiels du wifi et des antennes-relais, sur
la nécessité d’établir un diagnostic ferme chez les personnes souffrant
de SICEM et d’assurer un suivi étroit, car ces personnes pourraient
être à risque de maladie d’Alzheimer et peut-être aussi de cancers. Le
Pr Belpomme a aussi donné l’explication des symptômes cérébraux et en
particulier de l’intolérance à la lumière causés par les champs
électromagnétiques : ils seraient dus à l’existence des millions de
magnétosomes, sortes de micro-aimants présents dans le cerveau et ses
enveloppes (les méninges) qui, sous l’effet des champs
électromagnétiques, provoqueraient des réponses biologiques délétères.
Espérons que le nouveau rapport de l’AFSSET sera basé sur des
considérations scientifiques objectives, sans parti pris, et donc
reviendra sur les conclusions de son précédent rapport de 2005.
Un problème de santé publique croissant
Les données scientifiques sont de plus en plus nombreuses sur le sujet. Saluons ici la qualité du rapport Bioinitiative
ayant réuni les meilleurs experts internationaux. L’ARTAC avait déjà
considéré les recherches sur les champs électromagnétiques comme
essentielles grâce à des travaux réalisé en collaboration avec le Pr
Lennart Hardell*. Aujourd’hui, la mobilisation du corps médical
s’intensifie, en particulier depuis l’appel des vingt médecins (dont
des cancérologues), autour du Pr David Servan Schreiber, concernant
l’utilisation des téléphones portables. La Ministre de la Santé a
confirmé qu’elle organisera prochainement un colloque sur les ondes
électromagnétiques. Espérons que les pouvoirs publics tiendront compte
de cette mobilisation du corps médical, en prenant les mesures qui
s’imposent face au développement aveugle de ces technologies en matière
de wifi et d’aménagement du territoire concernant les antennes-relais.
Il ne s’agit pas de tout remettre en question, mais seulement d’imposer
des normes de régulation, respectueuses de la santé de nos concitoyens
et surtout des plus vulnérables de notre société.
*
Belpomme D., Irigaray P., Hardell L., Montagnier L., Epstein S.S.,
Clapp R., Sasco A.J. The multitude and diversity of exogenous
carcinogens. Environ. Research, 105 (2007) 414–429.
Belpomme D., Irigaray P., Hardell L. Electromagnetic fields as cancer-causing agents. Environ. Research, 107 (2008) 289–290.
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