11 janvier 2009
La géothermie, la vraie...
Le sous-sol kenyan, prometteur pour la géothermie
Piqué sur Univers-Nature du 07-01-2009
Au cours des trois dernières années, un projet financé par le FME
(Fonds pour l'Environnement Mondial) a permis de tester au Kenya des
techniques sismiques et de forage destinées à favoriser l'exploitation
géothermique des sous-sols. Communiqués le 9 décembre dernier, les
résultats ont surpassé les attentes du PNUE (1) et de la compagnie
d'électricité kenyane KenGen, tous deux impliqués dans le projet. Ils
ont en effet révélé la présence de puits de vapeur capables de générer
environ 4 à 5 MW, l'un d'entre eux présentant même un potentiel
remarquable de 8 MW. D'après les experts, au regard du coût de
fonctionnement peu élevé d'une centrale géothermique, cela pourrait
représenter une économie allant jusqu'à 75 millions de dollars pour le
promoteur d'une installation de 70 MW.
Parmi
les sites prometteurs identifiés, on retrouve sans surprise la ville
kenyane de Naivasha, située à environ une heure de voiture de la
capitale Nairobi. Naivasha a déjà accueilli plusieurs centrales
fonctionnant à la géothermie, dont une de 45 MW « ayant opéré pendant
près d'un quart de siècle » et une autre, entrée en service en 2000,
d'une capacité de 70 MW. Pourtant, les puits actuellement exploités à
Naivasha ne génèrent qu'environ 2 MW chacun. C'est de la volonté
d'optimiser ce potentiel qu'est né le projet soutenu conjointement par
le FEM (2) et le PNUE. En identifiant avec exactitude les sites les
plus prometteurs et en améliorant les techniques de forage et
d'exploitation, celui-ci espère faire de la géothermie une source
d'alimentation énergétique majeure du Kenya ainsi que d'autres pays
jalonnant le Grand Rift africain (3), dotés de capacités similaires.
Selon le directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner, il y aurait « au
moins 4 000 MW d'électricité prêts à être récoltés le long du Rift ».
Considéré comme le pionnier africain en matière de mise en valeur
géothermique, le Kenya ambitionne de produire 1 200 MW grâce à la
géothermie d'ici 2015. A l'heure actuelle, sa demande en électricité
est estimée à environ 1 000 MW et dépend principalement des centrales
hydroélectriques, lesquelles ont pâti ces dernières années de
précipitations déficitaires.
A la faveur d'un financement de près de 18 millions de dollars
approuvé par le FEM, le PNUE et la Banque Mondiale dans le cadre du
programme « Africa Rift Valley Geothermal Development Facility
(ARGeo) » visant à soutenir le développement de la géothermie dans la
vallée du Rift africain, d'autres pays devraient également bénéficier
d'aides. S'étant déjà engagé à combattre les risques liés au forage à
Djibouti, en Erythrée, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, le projet
devrait commencer dès début 2009.
Bien que présentant des risques, aujourd'hui relativement
maîtrisés, relatifs aux activités de forage, la géothermie s'impose
comme une source d'énergie tout à la fois régulière, renouvelable et
occasionnant très peu de rejets. Flexible, la chaleur extraite du
sous-sol à plus ou moins grande profondeur peut être mise à profit pour
le chauffage urbain, pour alimenter certains procédés industriels ou
encore transformée en énergie électrique via un système de turbines.
Nulle surprise donc que les candidats à l'expansion géothermique
affluent, à commencer par les îles Comores, la République Démocratique
du Congo et le Rwanda.
Cécile Cassier







