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21 novembre 2008

Sommes-nous tous des terroristes ?

Y aurait-il de dangereux terroristes sur le Plateau de Millevaches ? (c'est près de chez moi, à 2 pas d'Eymoutiers où étaient les rencontres sur la formation en éco-construction et la construction en paille, et pendant ces rencontres qui plus est : y aurait-il un lien ? Philippe Val à France Inter s'est emporté contre ces gens douteux qui chient dans leur compost ! Y aurait-il une relation de cause à effet entre les Toilettes Sèches et le terrorisme anti-ferroviaire ? Serions-nous appelés par nos pratiques excrétoires à devenir de dangereux gangsters, ennemis du genre humain ? On mesurera l'importance du questionnement et on serre déjà les fesses de stupeur ! Affaire (?) à suivre...
-A moins que le fait de ne pas cautionner le nucléaire comme la meilleure source d'énergie électrique en France et ne pas approuver les expulsions massives d'étrangers soient des crimes passibles de prison, et non l'exercice normal des droits démocratiques ? On s'interroge...
Le site
http://soutien11novembre.org créé par le comité de soutien des inculpés de Tarnac n'est déjà plus accessible ce matin.... Que se passe-t-il ?
P.

Tripatouillage sur « l'ultra-gauche », en direct de France Inter
par Olivier Poche
Après les sabotages des lignes TGV, le 8 novembre dernier, neuf personnes, présentées comme
membres d'une « mouvance anarcho-autonome » et « d'ultra-gauche » par la ministre de l'Intérieur
ont été mises en garde à vue. Les médias, par l'odeur alléchés, se sont jetés sur cette affaire, en
relayant en général la version officielle. Dernier épisode de cette chasse aux coups médiatiques sur
un sujet « croustillant », au moins aux yeux de ceux qui le couvrent : l'annonce tonitruante sur
France Inter d'un « scoop » sur cette ultra-gauche qui prend les armes, scoop qui se dégonfle
aussitôt promis, comme doit le reconnaître, à contrecoeur et à mots couverts, le journaliste pris la
main dans le pot de confiture.
Samedi 22 novembre, dans « Eclectik », l'émission de Rébecca Manzonni sur France Inter, Thomas
Chauvineau consacre son « journal de bord » à ceux qu'on présente comme des « militants d'ultragauche
», et qu'il a rencontrés chez eux. Il interroge en particulier « Bertrand », arrêté puis relâché
dans le cadre de l'enquête. Dans le journal de la mi-journée, deux heures plus tard, Denis Astagneau
revient sur ce reportage – et revient avec un « scoop » qui mérite d'être reproduit en intégralité :
Le « scoop » de 13 heures
- Denis Astagneau : Et puis je vous propose un scoop. L'ultra-gauche est-elle en train de s'organiser
en France ? La question se pose après l'arrestation de plusieurs militants ou sympathisants dans le
cadre de l'enquête sur le sabotage des lignes SNCF. Trente ans après Action Directe, ces militants
sont-ils prêts à passer à la clandestinité et à la lutte armée ? Dans ce journal, je vous propose donc
d'écouter ou de réécouter le témoignage d'un ultra-gauchiste que Thomas Chauvineau a rencontré
[...]. Ce militant vit en communauté, et quand on le pousse dans ses retranchements, il n'exclut pas
la lutte armée.
On entend alors un extrait du reportage :
- Voix de « l'ultra-gauchiste » : Evidemment, « révolutionnaire », ça fait sympa, ça fait 68, ça fait LCR,
ça fait Besancenot, c'est sympa. « Terroriste », ça fait assassin, ça fait meurtrier, ça fait des milliers
de morts, ça fait des bombes, ça fait des voitures piégées, etc. Donc si on veut criminaliser les gens,
si on veut les faire passer pour des gens qu'il faut mettre en prison, on va pas les appeler
« révolutionnaires ». On va les appeler « terroristes », et là, je dirais, l'opinion publique sera
évidemment du côté du gouvernement, qui, normal, chasse les méchants terroristes.
- Thomas Chauvineau : Mais vous, vous vous estimez révolutionnaire ?
- Bertrand : Oui... Sûrement pas au sens de la LCR, sûrement pas au sens de mai 68 non plus.
- Thomas Chauvineau : Alors dans quel sens ?
- Bertrand : Une révolution... Une révolution dans le sens où tout doit changer.
- Thomas Chauvineau : Dans la bibliothèque, là y'a un livre d'Auguste Blanqui, qui s'appelle
Maintenant il nous faut des armes, est-ce que ça passe aussi par ça ?
- Bertrand : C'est une hypothèse politique...
Et le journaliste conclut :
- Denis Astagneau : Une hypothèse politique, donc... euh... cet ultra-gauchiste. Propos recueillis pas
Thomas Chauvineau.
On peut, à ce stade, se dire qu'un « scoop » sur « l'organisation » de l'ultra-gauche et son
basculement dans « la lutte armée » qui se réduit finalement au commentaire d'un livre par un de ces
supposés militants, c'est un peu maigre. Mais on peut aussi avoir envie d'en savoir plus. Et l'on n'est
pas déçu quand on écoute l'émission à partir de laquelle on a fabriqué cette (dés)information.
Le reportage original diffusé deux heures plus tôt
Avant le reportage proprement dit, Thomas Chauvineau précise d'abord, à propos de ces jeunes
gens dont « Bertrand » fait partie : « Première surprise : alors qu'on parlait d'une ultra-gauche, eux
ne se revendiquent même pas de gauche ». Voilà pour « l'ultra-gauchiste », qui l'est donc devenu
par la grâce de Denis Astagneau. Mais surtout, on constate que ce dernier a effectué une coupe, et
que la discussion a été tronquée – au bon moment...
Voici donc l'entretien sans la coupe opportune réalisée au treize heures :
http://www.acrimed.org/IMG/mp3/bertrandultagauche.mp3
... et la transcription du passage « oublié » :
- Bertrand : C'est une hypothèse politique...
- Un autre militant : Des armes, ça peut être une arme psychologique, enfin c'est avoir une pensée,
une réflexion, avoir des références, faire des lectures... Les armes... je pense que le raccourci il est
trop simple... Je veux dire... Les armes c'est un flingue qu'on va pointer sur n'importe qui dans la
rue, qu'on va descendre à tout bout de champ... Rien à voir avec ça . Je sais pas, en premier lieu, la
première chose qu'on a à partager, c'est nos idées, quoi, c'est nos réflexions, c'est nos discussions,
c'est évoluer ensemble.
- Une autre : Clairement, on ne prône pas la lutte armée . Justement, quand on faisait... on regarde
les erreurs du passé, on regarde les erreurs de la RAF [1], ou des brigades rouges qui se sont mis en
groupuscule armé, ça non.
- Thomas Chauvineau : C'est pas ce que vous avez envie de faire.
- La même : Non .
Dans la version du « scoop » inventé par Denis Astagneau, le reportage a été coupé pour lui faire
dire à peu près le contraire de ce qu'il disait : ce que l'auditeur n'entendra pas au journal de treize
heures, ce sont ces deux autres prétendus « ultra-gauchistes » – a priori de la même « mouvance »...
– affirmer sans ambiguïté leur rejet de la lutte armée.
Un bidouillage assez grossier pour que le journaliste se fende d'un correctif le soir même. Avec
professionnalisme, et une parfaite mauvaise foi.
Le « correctif » du soir
- Denis Astagneau : Et puis la politique toujours, vous avez peut-être entendu dans le journal de
treize heures l'interview d'un militant de l'ultra-gauche , c'était un extrait d'un reportage de Thomas
Chauvineau pour l'émission Eclectik de Rebecca Manzoni. Dans cette interview ce militant parlait
d'armes, mais il s'agissait vous l'aviez compris d'armes politiques ou psychologiques. Certains
l'ayant mal compris, il convenait de le préciser.
« Vous l'aviez compris ? » Naturellement. On vous « propose un scoop », à propos d'une ultragauche
qui « s'organiserait », et qui « trente ans après Action Directe », est prête à (re)prendre les
armes. Le scoop est le suivant : certains militants de cette mouvance « n'excluent pas la lutte
armée ». Pour preuve, un « ultra-gauchiste » déclare qu'une « révolution » passe aussi par « les
armes » : c'est une « hypothèse politique ». Qui n'en tirerait pas cette conclusion évidente, qu'il
s'agit « d'armes politiques ou psychologiques » ? Si évidente qu'on se demande comment, en effet,
certains ont pu s'y tromper, ou « mal comprendre ».
Qui croyait et croit encore être en droit d'attendre des excuses, ou à tout le moins des explications,
devra se satisfaire de ces pitoyables « précisions » qui mettent sur le compte de « certains » une
prétendue incompréhension... de ce qu'on avait tout fait pour suggérer. Devant tant de rigueur
journalistique, on se contentera de soumettre à Thomas Chauvineau un solide sujet de reportage
pour les semaines à venir : une enquête sur les recettes de fabrication des « scoops », sauce France
Inter.
Olivier Poche
Notes
[1] Fraction Armée Rouge (Rote Armee Fraktion en allemand), aussi connue sous le nom de bande à
Baader.
Publié le 24 novembre 2008
http://www.acrimed.org/article3012.html#

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Des terroristes sur le Plateau de Millevaches ?

 Liberation.fr
19 nov. 6h51

Terrorisme ou tragi-comédie ?

 

par Giorgio Agamben philosophe italien.

 

A l’aube du 11 novembre, 150 policiers, dont la plupart appartenaient aux brigades antiterroristes, ont encerclé un village de 350 habitants sur le plateau de Millevaches avant de pénétrer dans une ferme pour arrêter 9 jeunes gens (qui avaient repris l’épicerie et essayé de ranimer la vie culturelle du village). Quatre jours plus tard, les 9 personnes interpellées ont été déférées devant un juge antiterroriste et «accusées d’association de malfaiteurs à visée terroriste». Les journaux rapportent que le ministre de l’Intérieur et le chef de l’Etat «ont félicité la police et la gendarmerie pour leur diligence». Tout est en ordre en apparence. Mais essayons d’examiner de plus près les faits et de cerner les raisons et les résultats de cette «diligence».

Les raisons d’abord : les jeunes gens qui ont été interpellés «étaient suivis par la police en raison de leur appartenance à l’ultra-gauche et à la mouvance anarcho autonome». Comme le précise l’entourage de la ministre de l’Intérieur, «ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers». Mais il y a plus : certains des interpellés «participaient de façon régulière à des manifestations politiques», et, par exemple, «aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration». Une appartenance politique (c’est le seul sens possible de monstruosités linguistiques comme «mouvance anarcho autonome»), l’exercice actif des libertés politiques, la tenue de discours radicaux suffisent donc pour mettre en marche la Sous direction antiterroriste de la police (Sdat) et la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Or, qui possède un minimum de conscience politique ne peut que partager l’inquiétude de ces jeunes gens face aux dégradations de la démocratie qu’entraînent le fichier Edvige, les dispositifs biométriques et le durcissement de règles sur l’immigration.

Quant aux résultats, on s’attendrait à ce que les enquêteurs aient retrouvé dans la ferme de Millevaches des armes, des explosifs, et des cocktails Molotov. Tant s’en faut. Les policiers de la Sdat sont tombés sur «des documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares». En bon français : un horaire de la SNCF. Mais ils ont aussi séquestré du «matériel d’escalade». En bon français : une échelle, comme celles qu’on trouve dans n’importe quelle maison de campagne.

Il est donc temps d’en venir aux personnes des interpellés et, surtout, au chef présumé de cette bande terroriste, «un leader de 33 ans issu d’un milieu aisé et parisien, vivant grâce aux subsides de ses parents». Il s’agit de Julien Coupat, un jeune philosophe qui a animé naguère, avec quelques-uns de ses amis, Tiqqun, une revue responsable d’analyses politiques sans doute discutables, mais qui compte aujourd’hui encore parmi les plus intelligentes de cette période. J’ai connu Julien Coupat à cette époque et je lui garde, d’un point de vue intellectuel, une estime durable.

Passons donc à l’examen du seul fait concret de toute cette histoire. L’activité des interpellés serait à mettre en liaison avec les actes de malveillance contre la SNCF qui ont causé le 8 novembre le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Ces dispositifs, si l’on en croit les déclarations de la police et des agents de la SNCF eux-mêmes, ne peuvent en aucun cas provoquer des dommages aux personnes : ils peuvent tout au plus, en entravant l’alimentation des pantographes des trains, causer le retard de ces derniers. En Italie, les trains sont très souvent en retard, mais personne n’a encore songé à accuser de terrorisme la société nationale des chemins de fer. Il s’agit de délits mineurs même si personne n’entend les cautionner. Le 13 novembre, un communiqué de la police affirmait avec prudence qu’il y a peut-être «des auteurs des dégradations parmi les gardés a vue, mais qu’il n’est pas possible d’imputer une action à tel ou tel d’entre eux».

La seule conclusion possible de cette ténébreuse affaire est que ceux qui s’engagent activement aujourd’hui contre la façon (discutable au demeurant) dont on gère les problèmes sociaux et économiques sont considérés ipso facto comme des terroristes en puissance, quand bien même aucun acte ne justifierait cette accusation. Il faut avoir le courage de dire avec clarté qu’aujourd’hui, dans de nombreux pays européens (en particulier en France et en Italie), on a introduit des lois et des mesures de police qu’on aurait autrefois jugées barbares et antidémocratiques et qui n’ont rien à envier à celles qui étaient en vigueur en Italie pendant le fascisme. L’une de ces mesures est celle qui autorise la détention en garde à vue pour une durée de quatre-vingt-seize heures d’un groupe de jeunes imprudents peut-être, mais auxquels «il n’est pas possible d’imputer une action». Une autre tout aussi grave est l’adoption de lois qui introduisent des délits d’association dont la formulation est laissée intentionnellement dans le vague et qui permettent de classer comme «à visée» ou «à vocation terroriste» des actes politiques qu’on n’avait jamais considérés jusque-là comme destinés à produire la terreur.

Traduit de l’italien par Martin Rueff.

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20 novembre 2008

Enfin !

       
         PARIS, 17 nov 2008        - ©  2008 Sageret    
      Développement des énergies renouvelables - Le plan d'action    
 
Jean-Louis BORLOO, ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, a présenté aujourd’hui, à l’occasion de la Semaine des Energies Renouvelables, le plan national de développement des énergies renouvelables de la France.

Ce programme vise à atteindre les objectifs fixés par le Grenelle Environnement : il prévoit de porter à au moins 23% la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie à l’horizon 2020. Cette augmentation de la production annuelle d’énergie renouvelable correspondra à 20 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep).

Il comprend 50 mesures opérationnelles, qui concernent l’ensemble des filières : bioénergies, éolien, géothermie, hydroélectricité, solaire, énergies de la mer... Il a pour ambition un changement complet d’échelle : doublement de la production d’énergies renouvelables en 12 ans, multiplication de la production par 2 pour le bois-énergie, par 6 pour la géothermie, par 12 pour les réseaux de chaleur, et un changement d’échelle majeur sur le photovoltaïque : une production multipliée par 400.

Ce plan de développement sera à haute qualité environnementale : « le developpement de chaque source d’énergie doit respecter le paysage, le patrimoine, la qualité de l’air et de l’eau, la biodiversité... » tient à rappeler Jean-Louis Borloo.

Ces mesures trouveront leur traduction dans différents projets de loi : loi de transition environnementale (Grenelle 2), projet de loi de finances...

Ce programme prévoit notamment :

► la mise en place, dès le 1er janvier 2009, d’un « fonds chaleur renouvelable », doté d’un milliard d’euros pour la période 2009-2011, conformément à l’engagement n° 56 du Grenelle Environnement. Il a pour objectif de développer très fortement, à partir de sources renouvelables comme le bois, la géothermie, le solaire... la production de chaleur dans le tertiaire et l’industrie, et améliorer et diversifier les sources de chauffage dans l’habitat collectif.

Le premier appel à projets sera lancé dans les toutes prochaines semaines.

Concernant la fiscalité :

Le crédit d’impôt « développement durable » qui soutient notamment l’acquisition par les particuliers d’équipements d’énergie renouvelable : chauffe-eau solaire, pompe à chaleur, panneaux photovoltaïques... est prorogé jusqu’en 2012. Par ailleurs, les nouveaux outils incitatifs puissants mis en place pour soutenir la rénovation thermique des bâtiments : éco-prêt à taux zéro, exonération de taxes foncières... vont également favoriser le déploiement des énergies renouvelables.

Concernant la biomasse :

Lancement d’un nouvel appel d’offres « Biomasse 3 » au mois de décembre pour la construction de centrales électriques alimentées à partir de biomasse, pour une puissance cumulée de 250 MW (après le succès du dernier appel d’offres qui a permis de retenir 22 projets pour une puissance totale de 300 MW).

Concernant la géothermie :

Multiplier par 6 la production d’énergie issue de la géothermie en 2020, en équipant 2 millions de foyers de pompes à chaleur et en relançant à grande échelle les programmes en Ile-de-France, en Alsace, en Aquitaine, Midi-Pyrénées, et Centre.

Concernant l’éolien :

Pour l’éolien terrestre, Jean-Louis BORLOO a d’une part confirmé le tarif d’achat fixé en 2006 (8,2c€/kWh), et d’autre part annoncé une amélioration de la planification territoriale, de l’encadrement réglementaire et de la concertation locale, afin d’éviter le mitage du territoire et limiter les impacts sur les paysages, le patrimoine et la qualité de vie des riverains. Le développement de l’éolien en mer sera facilité grâce à une simplification des procédures, et la création d’une instance de concertation et de planification par façade maritime avec l’ensemble des parties prenantes

Concernant le solaire :

L’ambition de la France est de jouer un rôle de premier plan au niveau mondial dans la révolution technologique qui s’annonce dans le solaire. Afin de dynamiser très fortement le marché français, d’accélérer la recherche et de bâtir une véritable industrie solaire en France, Jean-Louis BORLOO a annoncé les mesures suivantes :

► lancement (fin 2008) d’un appel d’offres pour la construction d’ici 2011 d’au moins une centrale solaire dans chaque région française, pour une puissance cumulée de 300 MW ;

► mise en place d’un dispositif de soutien tarifaire simplifié et offrant une visibilité de long terme. Création d’un tarif de 45 c€/kWh destiné à faciliter le déploiement de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments professionnels (supermarchés, bâtiments industriels, agricoles de grande taille...) ;

► réduction drastique pour les particuliers des démarches administratives, et suppression de toutes les démarches fiscales lorsque les surfaces des panneaux n’excèdent pas 30 m2 ;

► élargissement à l’ensemble des collectivités territoriales des bénéfices des tarifs d’achat de l’électricité produite à partir de sources renouvelables. Ainsi, les bâtiments publics tels que lycées, collèges, écoles... pourront être équipés de panneaux photovoltaïques ;

► réforme du code de l’urbanisme : le permis de construire ne pourra plus s’opposer à l’installation de systèmes de production d’énergie renouvelable sur les bâtiments, sauf dans des périmètres nécessitant réellement une protection (secteur sauvegardé, site inscrit ou classé...) ;

► Etat exemplaire : le plan de rénovation énergétique des bâtiments de l’Etat comprendra l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toitures. Le ministère de la Défense mène un premier projet ambitieux sur la base d’Istres.

Concernant l’hydroélectricité :

Première source d’électricité renouvelable en France (12% de la production d’électricité), comme l’avait annoncé Jean-Louis BORLOO cet été, le parc existant sera modernisé et optimisé dans une approche de développement durable ; la mise en concurrence des concessions hydroélectriques sera l’occasion de sélectionner les exploitants sur la base de meilleurs critères d’efficacité énergétique et de mesures ambitieuses de restauration de la qualité de l’eau.

Concernant la recherche :

Un effort de recherche sans précédent sera consenti en matière d’énergies renouvelables, grâce à la dotation supplémentaire d’un milliard d’euros pour la recherche dans le domaine du développement durable, dont 400 millions d’euros pour un fonds de soutien aux démonstrateurs industriels. Un appel à projet sera lancé dès 2009 dans le domaine de l’énergie solaire, puis dans le domaine des énergies marines (hydroliennes...).



Pour Jean-Louis BORLOO : « Le plan énergies renouvelables, qui est le « volet énergie » du Grenelle Environnement, marque à la fois un changement de modèle et un changement d’échelle. Il s’agit de passer d’un modèle essentiellement fondé sur le carbone et sur des ressources inégalement réparties sur la planète, à un modèle totalement décarboné, où chaque maison, chaque entreprise et chaque collectivité devient son propre producteur d’énergie. De plus, nous voulons aller jusqu’au bout de notre potentiel en matière d’énergies renouvelables, secteur par secteur, avec à la clef, la création de dizaines de milliers d’emplois locaux. Enfin, ce plan est le plan de transition possible entre deux modèles énergétiques radicalement différents et l’occasion pour notre pays de se situer plus que jamais aux avant-postes de la lutte contre le changement climatique ».

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18 novembre 2008

Risque d'explosion nucléaire en Ardèche !

Risque d'explosion sur la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche)           

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vient d'informer les médias de la mise en demeure qu'elle a adressée le 13 novembre 2008 au directeur de la centrale EDF de Cruas-Meysse.

La CRIIRAD a pris connaissance des documents de l'ASN et publie ci-dessous un premier niveau de réaction. Une analyse en profondeur nécessite plus de temps pour obtenir les documents et informations nécessaires auprès de l'exploitant et des autorités.

Les dysfonctionnements mis en évidence à Cruas-Meysse sont présentés par l'Autorité de Sûreté Nucléaire – autorité en charge du contrôle des installations nucléaires –  comme particulièrement graves.

 

Selon l'ASN, ils concernent en effet un « risque d'explosion » susceptible, en outre, « d'endommager des éléments essentiels au maintien de la sûreté ou de conduire à une rupture du confinement ».  La mise en demeure publiée par l'ASN signale des canalisations mal entretenues, oxydées et corrodées alors qu'elles servent au transport des fluides explosifs, dénonce l'absence de contrôles périodiques permettant de vérifier leur état et d'identifier les défauts d'étanchéité, précise que ces canalisations ne figurent pas sur les plans mis à disposition des services d'incendie (1) ...  Tout ceci en violation d'une réglementation datant de 1999 (2).

 

Dans ces conditions,

 

1. Comment se fait-il que l'ASN ait accordé, en 1999, un délai de 6 ans ( !?) à EDF pour se mettre en conformité avec les prescriptions de cet arrêté ?

 

2. Comment se fait-il qu'à l'issue d'un délai aussi long, l'ASN se soit apparemment contentée d'un courrier d'EDF indiquant qu'à une exception près (mais qui ne concernait pas le risque d'explosion) l'ensemble des actions de mise en conformité étaient réalisées et qu'elle ait encore attendu 2 ans et 7 mois pour effectuer une inspection destinée à vérifier si les déclarations d'EDF étaient étayées et la mise en conformité effective ?

 

3. Comment se fait-il que l'inspection des 25 et 26 septembre n'ait pas donné lieu à injonction, qu'il ait fallu une seconde inspection le 24 octobre, puis encore 3 semaines pour qu'une mise en demeure soit adressée à l'exploitant, soit au total un délai supplémentaire d'un mois et demi ?

 

4. Et comment se fait-il que la mise en demeure du 13 novembre accorde encore à EDF un délai de 3 mois pour se mettre en conformité... avec des prescriptions qui datent de 1999 ?

 

5. Et comment se fait-il que l'obligation de veiller à l'étanchéité de canalisations transportant des matières radioactives, corrosives, inflammables ou explosives ne date que de 1999 ? Est-ce que cette obligation n'existait pas dès la mise en service des 4 réacteurs de Cruas-Meysse en 1984 – 1985 ? Si elle existait, cela veut dire qu'EDF fonctionne depuis plus de 23 ans sans contrôler correctement ce paramètre clef et sans que les autorités de contrôle  ne s'en émeuvent.  Si ce n'est pas le cas et qu'il a fallu attendre 1999, soit 15 ans après le démarrage, pour que ces contrôles basiques mais essentiels soient obligatoires, c'est véritablement scandaleux. On ne sait laquelle de ces 2 options est la plus préoccupante.

 

 

Une fois encore, les constats de terrain laissent entrevoir un fonctionnement du parc électronucléaire français très éloigné des discours publicitaires des exploitants et d'une technologie « high tech » soumise à des contrôles draconiens : des canalisations corrodées, des défauts de surveillance et de signalisation...  on ne peut que s'interroger sur le sens qu'a l'exploitant de ses responsabilités. Comment se fait-il qu'il néglige des contrôles aussi déterminants pour la sûreté de son installation ?

 

De toute évidence, au moins 3 autres centrales nucléaires sont concernées : Le Blayais en Gironde, Civaux dans la Vienne et Golfech en Tarn-et-Garonne. Pour les autres installations nucléaires, on est dans l'expectative : sont-elles absentes de la liste car le risque « explosion » y est correctement géré ... ou parce que leur conformité aux prescriptions de 1999 n'a pas encore été contrôlée ?

 

 

Compte tenu des conséquences majeures d'un accident nucléaire, avant tout sur le plan sanitaire mais également environnemental, agricole, touristique et économique, des dysfonctionnements aussi graves devraient faire l'objet d'une enquête approfondie portant sur la gestion de l'exploitant mais également sur la fiabilité de l'encadrement réglementaire. Il faudrait s'interroger sur la place centrale accordée à l'auto-surveillance, sur les passerelles aménagées entre exploitants d'activités à risques et contrôleurs, sur les arbitrages entre rentabilité et sûreté ... Malheureusement, la loi du 13 juin 2006 a organisé la quasi impunité de l'ASN. Quant à l'exploitant, les délais successifs de mise en conformité en disent long sur la « rigueur » des contrôles auxquels il est soumis. La loi a par ailleurs strictement limité, et depuis longtemps, sa responsabilité en cas d'accident. C'est la population qui en supportera, et sur tous les plans, les conséquences. Elle a donc intérêt à être exigeante et à demander des comptes sur la façon dont les activités nucléaires sont gérées et contrôlées.

 

(1) Des incendies se produisent régulièrement sur les sites nucléaires. Le fait que les services de secours ignorent la localisation de canalisations susceptibles d'exploser et d'aggraver considérablement la situation, laisse présager le pire en cas de problème. Il s'agit pourtant là du B. A. BA de la gestion des sites à risque.

(2) Arrêté du 31 décembre 1999 fixant la réglementation technique générale destinée à prévenir et limiter les nuisances et les risques externes de l'exploitation des installations nucléaires de base.

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Du Cruiser bientôt disponible dans nos assiettes ?

Nouvelle autorisation pour le Cruiser 2009 : Le ministère à la solde de l'agrochimie

Communiqué de presse - 18 nov 2008

Les services du ministère de l'agriculture ont révélé ce matin, lors de la réunion convoquée en urgence, que le ministre a l'intention d'autoriser l'insecticide Cruiser pour la campagne de maïs 2009.


Le protocole de suivi de l'expérimentation de cet insecticide d'enrobage des semences pour l'année 2008 est pourtant constestée, tant sur la méthode que sur les résultats obtenus, par l'ensemble des organisations apicoles, syndicales et environnementales. Sans que la moindre expertise indépendante soit diligentée afin de valider les résultats obtenus, le ministère s'obstine à privilégier le lobbying de la firme Syngenta et de certains maïsiculteurs.


Au lieu de faire évaluer sérieusement l'impact de la matière active du Cruiser (le thiamétoxan), le ministère acte la diffusion et la commercialisation de cet insecticide. En 2008, les semences enrobées au Cruiser représentent une surface semée de 154 000 ha.


Les paysans, directement victimes en tant qu'utilisateurs, les apiculteurs et les consommateurs ne peuvent continuer à être les cobayes de l'agrochimie. La Confédération paysanne exige une autre prise en considération de l'intérêt général et demande d'urgence l'application du principe de précaution, c'est à dire l'interdiction du Cruiser.


Contact :
Jean Sabench : 06 76 62 93 89
Jacques Pasquier : 06 72 44 14 83

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17 novembre 2008

Des toilettes à l'eau de pluie ?

L'eau de pluie dans les toilettes ? Une fausse bonne idée !

 

 La récupération de l'eau de pluie a été ces dernières années un projet porté par beaucoup d'écologistes ou simplement de gens de bonne volonté soucieux de ne plus gaspiller l'eau potable pour la mélanger aux excréments. Conscients que la potabilisation de l'eau représentait une dépense importante pour la société, ils s'étaient rendus compte qu'il était urgent de l'économiser. Dans plusieurs pays notoirement en avance sur la France, la chose est courante et deux réseaux d'eau cohabitent dans les bâtiments, celui d'eau potable et celui d'eau de pluie.

 

     Certains sont allés plus loin et ont entrepris de potabiliser eux-mêmes l'eau de pluie afin de la consommer, grâce à un système de filtration domestique destiné à éliminer les poussières de fumées, les pollens et autres impuretés voire les contaminants qui pouvaient s'y trouver : selon où l'on vit, l'eau de pluie peut être chargée en éléments insalubres qui risqueraient de mettre en cause la santé des buveurs car les pluies acides dues aux concentrations d'industries ne sont pas plus utiles pour notre organisme que les pesticides résiduels additionnés de chlore de nos eaux du robinet. Ainsi la solution au problème de l'approvisionnement des réseaux passerait par une filtration soignée (charbons actifs, osmose inverse, membranes silicones, etc., éventuellement suivis d'un rééquilibrage du PH et dans certains cas d'une « ré-information » spéciale tendant à redonner de nouvelles qualités vitales à cette eau désormais pure) qui rendrait leur utilisateur autonome par rapport à ceux-ci et permettrait même à ceux qui désirent se soustraire aux réseaux d'approvisionnement d'en être totalement indépendants : on voit la corrélation que font certains avec l'utilisation d'épuration individuelle qui ne nécessite plus de raccordement aux réseaux de tout-à-l'égout.

 

 Autant cette utilisation de l'eau de pluie pour la consommation humaine, si elle est menée dans de bonnes conditions sanitaires, de stockage par exemple (à l'abri de l'air et de la lumière, enterré hors chaleur, etc.) peut être une solution efficace, non seulement à la difficulté d'approvisionnement, mais aussi comme régulateur des précipitations et de leurs conséquences en générant des économies financières de surcroît, surtout pour ceux qui ont de grosses consommations, autant cette utilisation de l'eau de pluie dans les toilettes pose un problème majeur : elle implique la pérennisation du système du mélange des eaux vannes avec les eaux grises, c'est-à-dire leur pollution. La difficulté à les épurer à la sortie se trouve être la même que si cette eau provenait du réseau public, ce qui veut dire qu'on s'est arrêté à mi-chemin de trouver une véritable solution qui rompe avec le système actuel gaspillage/pollution.

 

 Il est donc beaucoup plus judicieux d'utiliser des toilettes sans eau ou Toilettes Sèches, que ce soit de type rustique à copeaux ou Toilettes à Litière Bio-maîtrisée, de type plus artisanalo-industriel comme les toilettes nordiques à séparation des urines et stockage interne, ou d'autres types encore expérimentaux ou à inventer, utilisant l'air comprimé par exemple pour évacuer les excréments dans une cuve de stockage extérieure, en ville par exemple. Mais pourquoi l'eau de pluie ? Pour la boire donc, pour les machines à laver, les douches, les bains sans retenue, le jardin, le lavage de la voiture, etc. sans mauvaise conscience. Et peut-être un jour pour remplacer l'essence dans le réservoir de la voiture ?

 

 C'est là que les groupes de pression de distribution de l'eau se sont inquiétés : et si tout le monde s'y mettait ? Quel manque à gagner ! Ainsi est sorti au mois d'août dernier l'arrêté concernant l'utilisation de l'eau de pluie : interdiction formelle de son utilisation pour la consommation humaine et obligation de double réseau identifié et utilisation pour les toilettes uniquement ! Le contraire exactement de ce que la raison impose !

 

 Ainsi, la personne de bonne volonté, n'ayant pas réfléchi au problème plus que ce qu'espère le législateur, se mettra-t-elle en quatre pour récupérer à grands frais l'eau de son toit pour la polluer aussitôt dans ses toilettes et envoyer tout cela sans compter puisque sans compteur dans les stations d'épuration qui ne connaîtront pas la crise, comme dit la chanson, avant d'être rejetée dans la rivière en tuant tout sur son passage, mais avec la bonne conscience en plus en croyant avoir bien mérité de la Planète. La perversité de cette loi est pire en fin de compte dans ses effets que si elle s'était contenté de ne pas exister, car contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, ce n'est pas « déjà ça », ou « mieux que rien », mais c'est pire que tout : qui, ayant dépensé une petite fortune en 2009 ou 2010 en cuve, terrassements, tuyauteries se portera volontaire en 2010 ou 2011 pour passer aux toilettes sèches ? Avoir fait tout cela pour rien ?

 

 

    Ainsi cette loi est la meilleure façon d'empêcher les gens de passer aux toilettes sèches et de diminuer les rejets dans les égouts et les stations d'épuration. Pourtant, si les épurateurs craignent d'être mis au chômage, qu'ils songent que tous les rejets d'eaux grises font déjà une quantité impressionnante de litres d'eaux grasses, de lessives, de shampooings, de petits déchets organiques à épurer, auxquels ajouter des tonnes d'eaux de pluies plus ou moins boueuses ce qui devrait suffire à leur bonheur sans avoir à y rajouter les excréments de toute une population captive ! Ils pourront bientôt utiliser les roselières géantes qui leur plaisent tant en sortie d'égout, ce qui confèrera un aspect champêtre à leurs stations qui pourront ainsi rejeter leurs eaux épurées dans le milieu en toute quiétude. Il faut d'urgence modifier la loi du 29 août (qui est de plus rétroactive !) pour permettre à nos concitoyens de boire librement les eaux de leurs toitures !

Patrick Bousquet de Rouvex, votre serviteur

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15 novembre 2008

Faut-il boire de l'eau ?

Le mal de l’eau : boire ou ne pas boire ?

 par Michel Dogna un article de Soignez-vous.com
 

Qui n’est pas convaincu qu’il faille absolument boire au minimum 1,5 à 2 litres d’eau par jour ? Et cela ne peut être que vrai puisque les médecins le disent. Et moi, je suis consterné lorsque je vois tous ces « boit-sans-soif » obéissants, la bouteille plastique à la main.

Dans les pays très chauds (50 °C à l’ombre), les autochtones en pleine santé ne boivent que quelques petits thés bien chauds dans la journée, et les vieux ne meurent pas de déshydratation ; alors trouvez l’erreur chez nous… Les adeptes de la macrobiotique (parmi lesquels on ne relève aucun gros) boivent très peu, généralement du thé Mu (yang). Tous ceux qui ont suivi une formation en naturopathie savent que l’on nettoie la lymphe de ses colloïdes par un jeûne sec (sans manger ni boire pendant 48 heures), et que l’on restaure ses reins (néphrite) en les mettant au repos par la même méthode.

Comme par hasard, les buveurs d’eau sont très souvent victimes de jambes lourdes, de prise de poids (rétention d’eau), de cellulite, de pesanteur abdominale, de sensation de gonflements, bref, de tout ce qu’on cherche à éviter en suivant les dogmes médico-publicitaires…

Nous avons deux machines à laver : les reins pour le sang et une machine à laver la lymphe qui est l’intestin. Lorsqu’une machine à laver est un peu défaillante, aucun technicien ne vous conseillera de la charger plus. En médecine, la logique c’est : buvez plus !

Il y a un test simple, au-delà de vos sensations de soif, pour savoir si vous buvez assez en fonction de votre activité physique : votre urine doit être jaune paille ; si elle est foncée et peu abondante, voire un peu brûlante, vous ne buvez pas assez ; si elle est comme de l’eau, vous buvez trop ; enfin si vous buvez beaucoup et que vous urinez peu, vous faites de la rétention, alors arrêtez le massacre !

Le Dr Georges Pourtalet, une autorité médicale, conseille lui aussi de ne surtout pas boire beaucoup d’eau. Ouf, je me sens moins seul !

Pour tout savoir, consulter son excellent ouvrage : « Le corps a ses raisons que la médecine ignore » (éditions du Dauphin).




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14 novembre 2008

Nucléaire, non merci !

  La France ou l'irresponsabilité nucléaire ! Y'en a marre !!                                                                                                   

par Yannick Jadot          

      12/11/08 à 18:37   

Anne Lauvergeon, patronne d'Areva, était l'invitée de France Inter ce matin 12 novembre. Elle s'y est montrée brillante comme souvent –surtout quand il n'y a pas de contradiction- prônant la responsabilité, la raison, la transparence, appelant de ses vœux un large débat public, même si dans la réalité elle l'escamote constamment. Une artiste de la communication et de la désinformation...Les dérèglements climatiques et les tensions croissantes sur le marché pétrolier seraient des arguments imparables pour relancer le nucléaire, d'autant plus imparables qu'ils sont assénés à coups de campagnes massives de publicité dans tous les médias. Le nucléaire serait LA solution. Cela justifierait alors aisément que contrairement à la feuille de route énergétique du Grenelle de l'environnement qui mise en priorité sur les économies d'énergie et les renouvelables, le président de la République ait décidé seul, sans que le ministre de l'énergie, la direction d'eDF ou la direction de l'énergie n'en aient été avertis, la construction d'un second réacteur EPR pour 2017. La veille de cette annonce, eDF indiquait qu'elle n'en avait pas besoin !

Dans ce combat nucléaire où les Français sont très isolés, Anne Lauvergeon a donc trouvé un allié de taille avec Nicolas Sarkozy. « Je veux un homme qui a le pouvoir nucléaire » aurait déclaré Carla Bruni avant son mariage avec le président de la République. Sur ce point la lune est de miel : c'est à un véritable sarkothon nucléaire que nous assistons depuis 18 mois. Pas un voyage officiel sans tenter de glisser sur ou sous la table un accord de coopération, une promesse de vente, la perspective de partenariat. Peu importe la réalité des chantiers envisagés ou la rentabilité des contrats, seules comptent la banalisation du nucléaire et la perception de sa renaissance. Tous les arguments sont bons : les changements climatiques, le pouvoir d'achat, la confrontation entre l'Islam et l'Occident... Même s'il est probable que le président Sarkozy ne parviendra pas à inverser la tendance à la réduction du nombre de réacteurs nucléaires en service dans le monde, il n'en reste pas moins que cette diplomatie très volontariste est irresponsable à plusieurs égards.

Trop tard pour lutter contre les changements climatiques. Le nucléaire ne représente que 2% de la consommation finale d'énergie au niveau mondial. Doubler la production nucléaire d'ici 2050 ne réduirait que de 5% nos émissions de gaz à effet de serre. C'est beaucoup trop peu et surtout trop tard alors qu'il faut réduire nos émissions de 30% dès 2020. C'est d'ailleurs Al Gore qui, en tant que vice-président des Etats-Unis, contribua à ce que l'énergie nucléaire soit rejetée comme solution à la crise climatique dans le protocole de Kyoto. En outre, les réserves d'uranium sont estimées à 70 ans environ au rythme de consommation actuelle. L'adoption par tous les pays industriels du modèle français (le nucléaire fournit 80% de l'électricité, soit 16% de nos besoins énergétiques) épuiserait les réserves d'uranium en 10 ans. Tout ceci sans remettre en cause les sources majeures d'émissions de CO2, les transports et le bâtiment, dans lequel d'ailleurs l'usage de l'électricité est une aberration énergétique et sociale ! 

Plusieurs scénarios énergétiques à l'horizon 2050, horizon auquel nous devrons avoir réduit par 4 nos émissions de gaz à effet de serre, démontrent que 50% des réductions peuvent provenir des économies d'énergie. Il serait inconcevable qu'une grande partie des investissements disponibles soient détournés de cet objectif prioritaire, plus facile, plus rapide et beaucoup moins cher à réaliser. En fait, la politique énergétique française menée depuis 30 ans a conduit à une double dépendance, nucléaire et pétrolière. Car le nucléaire nous a pas fait économiser une seule goutte de pétrole : un Français en consomme autant que ses voisins européens.

Trop cher, économiquement et socialement.
Le nucléaire coûte cher, notamment du fait des coûts de construction et des coûts liés à la gestion des déchets et du démantèlement qui reposent sur la collectivité. Cette situation fait de l'industrie nucléaire une industrie unique au monde, la seule, avec l'armement, à ne pas devoir justifier de sa rationalité économique ou d'une quelconque rentabilité. En Grande-Bretagne, le coût du démantèlement des 19 centrales les plus anciennes est finalement assumé par l'Etat, condition à la privatisation de British Energy et à son rachat par eDF . Il s'élèverait déjà à 73 milliards de livres (91 milliards d'euros). L'exemple de la construction de l'EPR en Finlande confirme le dépassement systématique et considérable des délais et des coûts annoncés de construction. Vendu 3,3 milliards d'euros, le chantier de l'EPR en Finlande débuté il y a près de trois ans accuse déjà un retard de 3 ans et un surcoût d'au moins 2,5 milliards d'euros, que les Français paieront, d'une manière ou d'une autre. Les problèmes déjà rencontrés par le chantier de l'EPR à Flamanville laissent présager une situation analogue. Envisageant la construction de 4 EPR en Grande-Bretagne, le patron d'eDF annonçait il y a quelques semaines une facture de 25 à 30 milliards d'euros, soit autour de 7 milliards l'unité ! 

Le choix du nucléaire génère d'autres coûts économiques et notamment le retard pris dans le développement industriel des filières renouvelables. Leader en Europe jusqu'au milieu des années 80, le pari nucléaire a mis la France loin derrière ses partenaires européens en matière d'industrie des renouvelables et l'oblige à importer une grande partie de ses équipements. Entre 2000 et 2007, l'éolien a représenté à lui seul en Europe près de la moitié des nouvelles capacités de production électrique installées, contre 1% pour le nucléaire. Et les marchés des renouvelables progressent à un rythme de 20 à 30% de croissance annuelle. En dépit de son insignifiance au regard de la crise climatique, on comprend l'usage qui est fait de l'argument climatique pour tenter de légitimer son financement public. C'est l'absence de financement public qui a entraîné l'échec du projet de construction d'une centrale en Turquie. Le questionnement d'Obama sur ce point pourrait être la clé de l'arrêt des projets discutés aux Etats-Unis. 

Mauvais pari industriel, le nucléaire est aussi un mauvais pari social. Les filières des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique sont beaucoup plus intensives en emplois que le nucléaire. Ce sont déjà 250 000 emplois, qualifiés et décentralisés, qui ont été créés en Allemagne dans le secteur des énergies renouvelables, alors que l'emploi en France dans le nucléaire stagne autour de 50000. Une étude démontre qu'avec les 3 milliards d'euros prévus pour l'EPR de Flamanville, on aurait pu créer 2,3 fois plus d'électricité et 5 fois plus d'emplois en investissant dans l'éolien. Le « différentiel social et énergétique » est encore plus élevé dans les économies d'énergie. Le Rocky Mountain Institute a évalué qu'un euro investi dans l'efficacité permet d'économiser 7 fois plus d'énergie que ne peut en produire un euro investi dans le nucléaire. L'expérience française de la fin des années 70 début des années 80, avant que le nucléaire résume la politique énergétique française, concluait lui sur un rapport de 1 à 4 (100 milliards de francs pur 39 Mtep économisés contre 500 milliards dans le nucléaire pour produire 56Mtep). En France, un plan d'isolation des bâtiments construits avant 1975 permettrait de réduire par 4 les consommations -et donc les dépenses- de chauffage et créerait 120 000 emplois sur les 20 prochaines années. C'est un engagement que nous avons obtenu dans le Grenelle. Le manque de capacités d'investissements de l'Etat pourrait remettre en cause une telle opportunité.

Poursuivre en France l'investissement sur le nucléaire c'est enfin renforcer notre double dépendance, nucléaire pour l'électricité, pétrolière pour les transports, en supprimant les moyens d'économiser l'énergie. Avec une facture énergétique de 50 milliards d'euros en 2007 (soit environ 2000 euros par ménage), qui risque de s'envoler dans les années à venir, la France doit faire des économies d'énergie sa nouvelle "obsession". 

Le nucléaire est incompatible avec la transparence, la démocratie et la paix. Il n'existe qu'une technologie nucléaire et deux usages, civil et militaire. Les exemples sont malheureusement trop nombreux d'une utilisation militaire du nucléaire civil (Inde, Pakistan, Iran...). La physique a ses lois : le nucléaire civil utilise de l'uranium enrichi et produit du plutonium, les deux ingrédients possibles du nucléaire militaire. L'AIEA le rappelle régulièrement, la distinction entre nucléaire militaire et civil est illusoire. Le « sarkothon nucléaire », de Flamanville à Tripoli, est donc très « proliférant ». Au-delà de l'aberration que représenterait l'investissement dans une filière nucléaire de la part de pays pourvus d'un incroyable potentiel en énergies renouvelables, Sarkozy reste sourd aux avertissements des Nations unies ou de pays comme l'Allemagne sur les risques de prolifération d'une telle diplomatie. On est bien loin de l'engagement du candidat Sarkozy lors de la campagne électorale : « S'agissant [du] développement de projets de nucléaire civil dans le monde, j'y suis favorable avec évidement la nécessité de ne collaborer qu'avec des régimes parfaitement démocratiques et selon des règles strictes d'administration » (courrier du 18 avril 2007 à l'AEPN). 

Les risques intrinsèques au nucléaire demeurent et augmentent, à mesure que se dissémine la technologie. Et malgré quarante ans de promesses, il n'existe toujours aucune solution au problème des déchets, capable de protéger les générations futures contre des risques majeurs de pollution et de prolifération. « Grâce au retraitement, Areva « recycle » 96% des combustibles usés » déclarait encore ce 12 novembre Anne Lauvergeon. Areva retraite certes « contractuellement » les deux tiers des déchets nucléaires produits par les centrales d'EDF. Elle en extrait le 1% de plutonium, soit à peu près 10 tonnes par an, qui viennent accroître les stocks détenus à La Hague (entre 70 et 80 tonnes) ou servent à fabriquer du nouveau combustible, le MOX, un mélange d'oxydes de plutonium et d'uranium. Mais cette industrie du plutonium comporte des risques considérables, et largement ignorés, de prolifération nucléaire : 6 à 10 kilos suffisent pour faire une bombe de type Nagasaki. Pour le reste, les 95% restant d'uranium irradié, rien n'est réutilisée dans nos centrales. EDF a même provisionné dans ses comptes 250 ans de stockage pour cet uranium de retraitement.

« La quatrième génération de réacteurs et la fusion vont apporter les solutions à tous les problèmes de risques, de déchets et d'approvisionnement auxquels le nucléaire est aujourd'hui confronté » nous rétorquerait madame Lauvergeon. Les utopies technologiques, comme les utopies idéologiques, s'affranchissent par définition des contraintes démocratiques, scientifiques et économiques. Mais les enjeux climatiques nous imposent d'agir dans les 10 ans qui viennent. Ceux du pétrole dans les deux ou trois décennies à venir. Les hypothétiques solutions pour la fin du siècle ne peuvent sérieusement guider les arbitrages politiques et financiers actuels.

D'autres scenarii énergétiques existent
, développés par les meilleurs centres de recherche, par Négawatt, par l'agence aérospatiale allemande, en lien avec les grandes ONG internationales, Greenpeace, WWF et les Amis de la Terre. Tous démontrent qu'on peut faire face au défi climatique, sortir de la crise énergétique et donner enfin accès à l'électricité aux deux milliards de personnes qui en sont dépourvues grâce à une révolution énergétique fondée sur les économies d'énergie et les énergies renouvelables. Sans recours au nucléaire. L'avenir énergétique peut donc être propre et pacifique. C'est cet avenir que nous défendrons lors des prochaines élections européennes.

           

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Le nucléaire n'est pas une solution !

Menace climatique, crise énergétique et illusions de la relance du nucléaire

article publié le 31/10/2008

auteur-e(s) : Attac France

    Plusieurs débats ont été menés dans Attac France à propos des choix énergétiques, en CA et lors des universités d’été. L’implication d’Attac dans les campagnes concernant l’urgence climatique et la justice sociale a nécessité un premier texte de cadrage à propos de la relance du nucléaire, présentée comme la solution au changement climatique et à la crise énergétique. Ce texte, limité dans son propos, a été validé par le CA du 11 octobre 2008. Il est une introduction au débat que le CA a décidé de lancer dans l’association pendant l’année qui vient sur le thème des choix énergétiques, avec une première étape lors des Assises de Dijon les 22 et 23 novembre 2008.


   

    Les choix énergétiques ne peuvent être réduits à des choix technologiques, ils sont des choix de société, des choix politiques, des choix géostratégiques. Si, à Attac, des discussions se poursuivent sur la nature des différentes techniques de production d’énergie, et notamment sur le nucléaire, nous avons d’ores et déjà en commun des choix de société. Les options que nous défendons en matière énergétique doivent répondre aux objectifs qui sont traditionnellement les nôtres : un système qui garantisse l’égalité des droits d’accès aux services de l’énergie, la diversification des sources énergétiques et la redistribution des capacités d’accès à l’échelle internationale, la sécurité des salariés et des usagers, la possibilité d’un contrôle démocratique de la production, le souci des générations futures et la nécessité de penser les systèmes économiques dans la biosphère.

    À ces objectifs s’ajoutent aujourd’hui deux contraintes majeures, qui exigent des mesures dans un temps court : la lutte contre le changement climatique, la sécurité et la transition énergétiques liées à l’épuisement des énergies fossiles. Ces deux contraintes se traduisent par une tentative d’accélérer les programmes nucléaires dans le monde. Cette stratégie est une illusion qui retarde la mise en œuvre de vraies politiques d’efficacité et de sobriété énergétiques et de réduction des gaz à effet de serre (GES), qui sont pourtant indispensables et à notre portée (voir annexe). Les reculades du Grenelle de l’environnement à propos de l’efficacité énergétique dans le domaine de la construction et de la rénovation des bâtiments en particulier, tout comme l’abandon par l’Union européenne de toute mesure contraignante pour réaliser l’objectif de réduction de 20 % de la consommation énergétique à l’horizon 2020, témoignent de cette orientation.

La relance du nucléaire et le changement climatique

    Tout nouveau projet de centrale nucléaire est présenté comme un outil de lutte contre l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Or, selon le World Resources Institute, plus des trois quarts des émissions de GES concernent des secteurs qui ne pourront pas être couverts par le nucléaire. De même, selon le groupe de travail 3 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le nucléaire présente à l’horizon 2030 un potentiel de CO2 évité inférieur aux énergies renouvelables. En France, une étude de 1987, menée par le ministère de l’industrie, montre que la majorité des réductions d’émissions obtenues depuis 1970 provient des économies d’énergie et non de la production du nucléaire. Selon le scénario SUNBURN, (établi par B. Dessus de Global Chance et P. Girard du Commissariat à l’énergie atomique, cf. Cahiers de Global Chance, n°21), les énergies renouvelables ont un potentiel de trois à cinq fois plus élevé que le nucléaire en matière de réduction d’émission de CO2. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le scénario envisageant la relance maximale du nucléaire, avec 1400 réacteurs supplémentaires d’ici 2050, ne représenterait, s’il était réalisé, que 6 % de la réduction indispensable des émissions de CO2 à l’horizon 2050. Les économies d’énergie ont le plus fort potentiel et représentent 54 % de cette réduction, suivies par le développement des renouvelables, avec 21 % (source AIE, « Energy technology perspectives 2008, Scenarios and strategies to 2050 »). Enfin, les installations nucléaires sont elles-mêmes particulièrement vulnérables aux changements climatiques (tempêtes, inondations, manque d’eau de refroidissement). Et pourtant, en France, les producteurs électriques continuent à concentrer leurs moyens sur la filière nucléaire, avec le nucléaire de 4ème génération, qui serait opérationnel en 2040, et la fusion, qui pourrait l’être en 2060, selon un scénario qui est loin de faire l’unanimité parmi les scientifiques. Outre donc les incertitudes qui pèsent sur ces filières, ces choix sont en profonde contradiction avec les appels répétés du GIEC plaidant pour des mesures urgentes.

    Enfin, le parc français de réacteurs nucléaires civils produit environ 10 tonnes de plutonium par an, et le parc mondial environ 200 tonnes ; le stock mondial actuel de plutonium « civil » dépasse les 1 000 tonnes (sous forme séparée ou au sein des déchets non traités). Si nous multiplions ces chiffres mondiaux par 4 ou 5 (scénario SUNBURN), outre le legs mortel pour les générations futures, il deviendra impossible de gérer la sûreté de ces stocks. La faiblesse des résultats d’une relance massive du nucléaire en matière de changement climatique ne saurait contrebalancer les risques produits par ces choix, illustrés par la série actuelle d’accidents en Europe, qui menacent les travailleurs du nucléaire et les populations, et par l’éventuelle prolifération du nucléaire civil et militaire.

La relance du nucléaire et la sécurité énergétique et la transition énergétique

    L’énergie nucléaire représente actuellement 2,4 % de la consommation finale d’énergie dans le monde, 5 % pour l’Union européenne et 14 % pour la France. Elle ne contribue qu’à produire de l’électricité, qui ne représente qu’environ 20 % de la consommation d’énergie finale d’un pays développé. Le nucléaire est donc loin d’être apte à assurer la sécurité énergétique comme l’indiquent les chiffres ci-dessus. Il est loin aussi de pouvoir répondre à l’exigence d’égalité d’accès aux services de l’énergie dans le monde.

    Les gisements d’uranium sont eux-mêmes en quantité finie. Pour se prémunir contre le risque de pénurie, il faudrait, selon le scénario SUNBURN (relance maximum du nucléaire à l’horizon 2030), développer des unités de retraitement du combustible pour en extraire le plutonium indispensable à la fabrication du MOX (nouveau combustible à base d’uranium et plutonium), avec des risques accrus de prolifération liés à la gestion de quantités importantes de plutonium.

    Dans la logique actuelle de libéralisation du marché de l’énergie, le coût de production de l’électricité nucléaire apparaît comme compétitif et la production nucléaire rentable par rapport à d’autres sources d’énergie, car les coûts intègrent de manière très insuffisante les coûts de retraitement des déchets, et ceux du démantèlement des centrales. En effet, le coût de retraitement n’est pas totalement intégré, puisque la solution définitive de gestion des déchets à vie longue n’a pas été tranchée à ce jour. De même, les provisions financières qui ont été faites par les électriciens pour le démantèlement des installations nucléaires ont de fortes chances d’être très insuffisantes, car les quelques démantèlements réalisés se sont révélés nettement plus coûteux que prévu. L’AIE évalue à 500 milliards de dollars le démantèlement des installations civiles (centrales et laboratoires de recherche). Enfin, le coût du nucléaire n’intègre pas non plus les dégâts environnementaux et sociaux qu’il occasionne. Prenant appui sur cette apparente compétitivité, la stratégie de développement du nucléaire, via le marché libéralisé de l’énergie, trouve un écho aujourd’hui avec l’annonce de plusieurs projets en Europe et ailleurs. Elle fait office de politique publique et se présente comme la solution essentielle pour assurer la transition énergétique.

    Pourtant, les études convergent pour montrer l’augmentation actuelle importante des coûts d’investissement (30 % à 40 % ces dernières années selon le groupe japonais Hitachi), sans compter le retard pris par de nombreux projets. Présenter donc le nucléaire comme solution à la transition énergétique conduit à sous-estimer l’urgence des mesures à prendre et témoigne de la démission des États pour promouvoir de vraies politiques publiques d’efficacité et de sobriété énergétique, reconnues par toutes les études comme le meilleur instrument de lutte contre le changement climatique et pour le ralentissement de l’épuisement des ressources. Elle conduit également à sous-estimer les efforts de recherche dans le domaine des énergies renouvelables, qui pourraient de surcroît être fortement créatrices d’emploi. En 2005, dans son Livre vert, la Direction générale de l’énergie et des transports de la Commission européenne évaluait à un million d’emplois en Europe la réalisation de seulement 20 % d’économies d’énergie.

    La transition énergétique, conçue également comme outil de justice sociale, suppose des plans massifs d’efficacité et de sobriété, sans lesquels les objectifs de justice et de solidarité internationale, qui sont au fondement de nos valeurs, ne pourraient être atteints : 20 % de la population de la planète consomme 80 % de l’énergie produite. Rappelons pour mémoire que la production nucléaire, outre les risques qu’elle engendre, a mobilisé des sommes énormes pour les pays en développement qui l’ont choisie, pour des résultats finalement hypothétiques : la centrale Angra III au Brésil, aujourd’hui à nouveau programmée, n’a pas été construite pour des raisons financières et environnementales, la centrale Atucha II en Argentine, démarrée en 1980, n’est toujours pas opérationnelle et a déjà coûté plus d’un milliard d’euros. La centrale de Bataan aux Philippines est terminée, mais elle n’a toujours pas démarré ! Pendant ce temps, une part importante de la population de ces pays n’a pas accès aux services de l’énergie. La poursuite du nucléaire légitime le statu quo, la concentration inouïe de richesses et de pouvoirs alors que les inégalités explosent et que la planète est déréglée. De même, l’objectif européen qui fixe à 20 % pour 2020 la proportion des énergies renouvelables dans la consommation énergétique ne pourra être atteint si cette dernière poursuit sa progression. La relance du nucléaire est une fuite en avant et un déni du réel ; elle agit comme un frein essentiel à des mesures qui supposent des transformations des modes de production et de consommation, responsables aujourd’hui de l’empilement des crises (financière, sociale, écologique, alimentaire).

    Si nous voulons combiner des exigences sociales, écologiques et démocratiques, c’est vers des systèmes énergétiques plus décentralisés que nous devons nous tourner dès aujourd’hui. Des systèmes qui raccourcissent les circuits de production et de distribution et assurent l’accès de tous aux services de l’énergie. Des systèmes qui, localement, créent des emplois, en sachant que les « emplois verts » ne sont pas décents en eux-mêmes et ne constituent pas une garantie de justice, comme l’indique un récent communiqué de l’Organisation internationale du travail (OIT) du 24 septembre 2008 : « Emplois verts : Pour un travail décent dans un monde durable, à faibles émissions de carbone ». Des systèmes qui réduisent les inégalités énergétiques dans le monde. Et enfin des systèmes qui ne peuvent s’en remettre aux logiques du marché et qui doivent être démocratiquement choisis et contrôlés. Le débat sur le nucléaire est souvent centré sur la dimension technologique de ce procédé. Les appréciations différenciées et parfois contradictoires de ses effets (déchets, risque d’accident majeur, santé des salariés et des populations) et des « espoirs » de nouveaux sauts technologiques ont expliqué jusqu’à maintenant l’absence de position d’Attac sur « le nucléaire ». Elles ne sauraient justifier son silence sur la gravité des choix actuels à l’échelle du monde, choix guidés par des considérations de rentabilité et de puissance, qui ruinent les valeurs que nous portons et empêchent de concevoir des alternatives qui en concrétiseraient la réalisation.

Annexe
Économies d’énergie

Les économies d’énergie sont un objectif prioritaire. En 2006, la consommation mondiale d’énergie est de 11,6 GTEP (milliards de tonnes équivalent pétrole), essentiellement pétrole, gaz et charbon, dont la combustion est la principale responsable de l’émission de gaz à effet de serre (GES). Pour une même énergie, le gaz émet deux fois moins de GES que le charbon, et le pétrole se situe au milieu.

D’ici à 2050, il faut avoir divisé par 4 la quantité totale de GES et viser un maximum de 12 milliards de tonnes de CO2, pour contenir les risques climatiques. La valeur maximale de GES se traduit par une quantité maximale d’énergie consommée sous forme d’un mélange de pétrole, gaz et charbon. Selon la part de chacune de ces trois ressources dans le mélange, on calcule une consommation mondiale maximale comprise entre 3 et 5 GTEP, à comparer aux 11,6 GTEP d’aujourd’hui. Il est impossible d’imaginer fournir les 7 à 9 GTEP représentant la différence par le recours aux énergies renouvelables d’ici 2050, même si leur part dans la production doit et peut largement se développer. La diminution de la consommation d’énergie est indispensable pour lutter contre le changement climatique. Mais il faut tenir compte des fortes inégalités de consommation existant entre les pays : 1,4 tep/habitant en moyenne mondiale, 4,5 tep/habitant de l’OCDE, contre seulement 0,5 en Inde et bien moins dans les pays en développement.

La maîtrise de l’énergie est possible et efficace, à travers des politiques combinant R&D, réglementations sur la consommation des appareils et isolation des bâtiments neufs et existants, information aux citoyens et aux élus, incitations financières et taxes. Ces politiques doivent intégrer une coopération et le transfert des meilleures technologies aux pays en développement.

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13 novembre 2008

L'énergie éolienne expliquée...

Lettre pour les aveugles à l'usage de ceux qui voient*
ou l’énergie éolienne expliquée à Monsieur Nicolas Sarkozy
Monsieur le Président, vous semblez ne pas apprécier l’esthétisme des éoliennes**. C’est votre droit. Mais
cette appréciation n’étant pas partagée par la très grande majorité de nos concitoyens, il nous semble que la
politique énergétique ne peut être basée sur ce seul critère de « vision » éminemment subjectif, personnel et,
pour le moins, culturel.
Les éoliennes sont visibles, certes, et même de loin. Moins loin souvent que le panache blanc des centrales
thermiques. Avantage ou inconvénient, avec les éoliennes, on voit l'impact associé à la production de
l’électricité que l’on consomme, alors que l’image de l’électricité énergie propre ne correspond pas tout à fait à
la réalité avec des centrales et leurs combustibles aux pollutions souvent lourdes et lointaines.
Avant de disserter sur la laideur ou la beauté des éoliennes, la question est de savoir si celles‐ci sont utiles sur
le plan énergétique, sur le plan économique, sur le plan écologique et si elles sont une solution d’avenir.
Les éoliennes sont‐elles utiles au niveau énergétique ? Oui, car le vent est inépuisable. Et notre pays est béni
des dieux pour ses vents : il n’y a pas de panne de vent entre les régimes climatiques atlantique, continental et
méditerranéen et la France bénéficie du deuxième potentiel énergétique éolien en Europe après le Royaume‐
Uni. C’est aussi une énergie décentralisée : une éolienne d’aujourd’hui, aux pales de quarante mètres de long,
permet de couvrir la consommation électrique domestique de deux mille personnes. De plus, la France a
l’immense atout de posséder des barrages hydroélectriques qui peuvent pallier les sautes de vent.
Les éoliennes sont‐elles utiles au niveau économique ? Oui, l’énergie éolienne c’est de la richesse apportée
dans les campagnes souvent oubliées. C'est des emplois directs et indirects en France pour la fabrication de
composants, pour les études préalables, pour l’implantation des parcs éoliens ou leur maintenance.
Et dans un monde de plus en plus fragile, la production d’électricité décentralisée est nécessaire pour se
protéger des crises, des embargos, des accidents climatiques, …
Les éoliennes sont‐elles utiles au niveau écologique ? Oui, car les éoliennes produisent de l’électricité sobre en
carbone et sans déchets toxiques.
Les éoliennes sont‐elles modernes ? Oui, il y a beaucoup de modernité dans une éolienne. Elle va dompter ce
vent fougueux ou tranquille, grâce à des matériaux de haute technologie, des formes sophistiquées et des
microprocesseurs dans les pales, que ce soit sur terre près des lieux de consommation ou que ce soit en mer
dans d’immenses parcs.
Monsieur le Président, il faut donner sa chance à l’énergie éolienne et aux autres énergies renouvelables. Déjà
celles‐ci, avec le secteur des économies d'énergie, représentent en France 205 000 emplois***, soit autant que
le secteur automobile qui apparaît aujourd’hui comme le colosse aux pieds d'argile.
Planète éolienne, fédération des énergies du vent (association Loi 1901)
Titou de la Tandounio ‐ 81 310 Peyrole
e‐mail : contact@planete‐eolienne.com ‐ Site Web : http://www.planete‐eolienne.fr/
Pourtant, le budget de la Recherche accordée aux énergies renouvelables dans notre pays est ridiculement bas.
Et les barrières administratives et réglementaires sont indignes des qualités de ces énergies renouvelables,
comme le projet de classement des éoliennes en Installation Classée pour la Protection de l’Environnement
(ICPE).
On a su, par des dispositions techniques et administratives, gérer les faiblesses des autres modes de production
électrique (comme la non‐souplesse du fonctionnement des centrales nucléaires). Il n’est pas plus complexe de
gérer la variabilité et la décentralisation des énergies renouvelables.
Monsieur le Président, nous avons besoin d’une vision de l’avenir énergétique qui tourne la page des énergies
traditionnelles, toutes épuisables et rarement réversibles. Nous avons besoin d'une politique énergétique qui
assure la promotion de la sobriété et de l’efficacité énergétique.
Les éoliennes sont le témoignage visuel de cet avenir énergétique. Monsieur le Président, nous vous invitons à
les regarder d'un autre oeil !
‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐‐
* "La lettre pour les aveugles à l'usage de ceux qui voient" a été écrite par Denis Diderot en 1748. Diderot y
interroge un aveugle‐né pour savoir quelle idée éveille en lui la notion de beauté. Il s'avère que "la beauté
pour un aveugle n'est qu'un mot, quand elle est séparée de l'utilité". La lettre est parue en juin 1748 et en juillet
Denis Diderot était emprisonné.
** Votre intervention du mardi 4 novembre 2008 à Vaujours (93).
*** Etude de l'ADEME parue en juillet 2008.
Contact presse : 05.61.81.72.77- contact@planete-eolienne.com
Planète éolienne fédère les associations locales de promotion de l’éolien et se donne notamment pour mission de
proposer des informations objectives pour aider à faire comprendre et accepter les enjeux des parcs éoliens.
Notre site web, http://www.planete-eolienne.fr/, rassemble de nombreuses informations utiles sur l’éolien.

Posté par Ecol_Eau à 22:16 - Energies renouvelables qui peinent à se développer... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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